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Le fondateur de Wikileaks Julian Assange, arrêté ce jeudi 11 avril par la police britannique à l’ambassade d’Equateur à Londres

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AFP
ASSANGE – Le fondateur de Wikileaks Julian Assange, arrêté ce jeudi 11 avril par la police britannique à l’ambassade d’Equateur à Londres, est passé en quelques années du statut de héraut de l’information libre à celui d’hôte indésirable.

C’est dans ce bâtiment diplomatique d’un quartier chic de la capitale britannique que l’Australien aux cheveux argentés avait trouvé asile le 19 juin 2012, déguisé en coursier, pour échapper à un mandat d’arrêt pour des accusations de viol et d’agression sexuelle en Suède qu’il a toujours rejetées, défendant la théorie d’un complot.

La justice suédoise a fini par classer l’affaire, mais Julian Assange, 47 ans, refusait de sortir, craignant d’être arrêté par les autorités britanniques puis extradé et jugé aux États-Unis pour la diffusion en 2010 de plus de 700.000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines.

“Ingérences dans les affaires intérieures de l’Équateur”

En accordant sa protection au fondateur de WikiLeaks, l’Equateur, alors présidé par Rafael Correa, une figure de la gauche sud-américaine, avait trouvé une occasion en or de narguer Washington. Mais tout a changé en 2017, avec l’arrivée au pouvoir de Lenin Moreno, pour qui la présence de Julian Assange constitue un “problème”.

Le chef de l’Etat équatorien a accusé l’Australien de “violations répétées” des règles régissant son hébergement. Depuis octobre, Quito appliquait un protocole régissant notamment ses visites et ses communications dans l’ambassade, en réaction à ce qu’il considérait comme de constantes ingérences d’Assange dans les affaires intérieures de l’Equateur et d’autres pays.

Trump “adore Wikileaks”
Le changement de ligne de Quito coïncide aussi avec le déclin de la popularité du “cyber-warrior”. Son image s’est particulièrement brouillée avec la diffusion par sa plateforme, en 2016, à un moment-clé de la campagne présidentielle américaine, de milliers de courriels piratés provenant du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate.

Ces révélations suscitent alors des éloges appuyés du candidat Donald Trump. “J’adore WikiLeaks”, affirme-t-il au cours d’un meeting. D’après la CIA, ces documents ont été obtenus par WikiLeaks auprès d’agents russes, ce que nie la plateforme.

Wikileaks “met les sources en danger”
Lorsqu’il a lancé WikiLeaks dans le but de “libérer la presse” et de “démasquer les secrets et abus d’État”, il est devenu, selon un de ses biographes, “l’homme le plus dangereux du monde”.

Il s’est fait connaître du grand public en 2010 avec la publication des centaines de milliers de documents américains. Un coup d’éclat qui a valu à cet homme grand et mince au teint diaphane d’être présenté comme un champion de la liberté d’informer.

Mais en même temps que sa notoriété grandit, les critiques s’accumulent. En 2011, les cinq journaux (dont The New York Times, The Guardian et Le Monde) associés à WikiLeaks condamnent la méthode de la plateforme, qui rend publics des télégrammes du département d’Etat américain non expurgés. Ils estiment que les documents sont susceptibles de “mettre certaines sources en danger”. La critique sera également formulée par le lanceur d’alertes Edward Snowden.

Chargé de rédiger l’autobiographie de Julian Assange, Andrew O’Hagan finit par jeter l’éponge avec ce verdict définitif : “L’homme qui se targue de dévoiler les secrets de ce monde ne supporte pas les siens”.

Depuis, seul un noyau dur – et quelques célébrités comme l’acteur américain Martin Sheen et l’actrice Pamela Anderson – lui est resté fidèle.