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Sortie de l'armée zimbabwéenne: Un avertissement sans frais pour Mugabe le 15/11/2017 à 11h30

La guerre de succession fait rage au Zimbabwe. Le dernier développement de cette querelle successorale, est la sortie du chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, qui dénonce l'éviction du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa, la semaine dernière, suite à un bras de fer avec l'épouse du chef de l'Etat, Grace Mugabe. Le patron de l'armée zimbabwéenne, entouré de nombreux autres hauts gradés a, au cours de cette déclaration faite, réclamé la fin de ce qu'il a qualifié de « purge » au sein du parti présidentiel, prévenant que l'armée pourrait intervenir. L'on pourrait de prime abord se réjouir que le président Robert Mugabe qui a célébré depuis le 21 février dernier ses 93 ans d'existence, ait trouvé un contradicteur. En effet, soutenu par les vétérans de la guerre d'indépendance et surfant sur sa légitimité historique, Robert Mugabe mène son peuple  à la baguette, après avoir réussi, à force de répressions, à museler toute l'opposition. Et, non satisfait de ses 36 ans de règne sans partage, son projet clairement affiché,  en ces instants où du fait de l'âge, il sent sa fin prochaine,  est de régler sa succession au sommet de l'Etat par une dévolution conjugale du pouvoir.
L'armée zimbabwéenne est fortement politisée
On ne le sait que trop bien, les limogeages successifs au sein de la ZANU PF sont destinés à frayer un chemin aux ambitions présidentielles de la Première dame qui, il y a quelques mois, a clamé haut et fort qu'elle gérait déjà les affaires de l'Etat aux côtés de son époux. En rompant donc le silence, c'est un véritable coup de semonce que la Grande muette zimbabwéenne donne à la famille Mugabe, face aux monstrueuses dérives dont elle se rend coupable dans un Etat moderne. Et la menace est à prendre au sérieux par le clan Mugabe, d'autant plus qu'elle est symptomatique des dissensions au sein du parti au pouvoir. Cela dit, l'on peut tout de même s'offusquer de cette immixtion de l'armée dans le jeu politique. Le rôle régalien d'une armée républicaine n'est pas de servir d'arbitre dans les débats politiques au sein d'un parti, fut-il celui du chef de l'Etat. En agissant de la sorte, la hiérarchie militaire ne fait que confirmer ce que l'on ne savait que trop : l'armée zimbabwéenne est fortement politisée. Inféodée au parti au pouvoir pour des raisons historiques, elle constitue la base essentielle du parti au pouvoir dont les premiers militants sont par ailleurs les vétérans de la guerre d'indépendance. L'on comprend d'ailleurs  pourquoi elle a toujours servi de bras de répression des mouvements de contestation au régime de Mugabe, héros de l'indépendance et père de la Nation. Mais, faut-il plaindre le vieux Bob qui, manifestement, risque de ne pas constituer l'exception à la règle établie par l'histoire et qui veut que les monstres finissent toujours par dévorer leurs géniteurs ? En effet, tout laisse  croire qu'en s'accrochant à son rêve de dévolution conjugale du pouvoir avec établissement sur le trône d'une dynastie des Mugabe, il risque d'être déposé tout simplement à la Habib Bourguiba. Et a priori, cette situation constitue en soi une bonne nouvelle pour tous ceux qui rêvent de l'alternance politique au Zimbabwe. Du reste, les schismes actuels au sein du parti au pouvoir sont à saluer, en ce sens que la fin des longs règnes a souvent été précipitée par l'implosion du parti au pouvoir, comme il a été donné à voir au Burkina Faso avec le Congrès pour la démocratie et le progrès, la formation politique de l'ex-dictateur Blaise Compaoré, chassé par l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.
Nous sommes au pays de Robert Mugabe où tout peut surprendre
Il appartient donc à la classe politique zimbabwéenne, notamment l'opposition, qui a montré de par le passé ses capacités de mobilisation et qui peut compter sur le sentiment de lassitude du peuple en proie aux affres de la morosité économique et sur l'apparent divorce entre l'armée et le pouvoir, de s'organiser pour secouer le vieux cocotier voire le déraciner. En tout état de cause, Grace Mugabe dont l'ambition affichée est de remplacer son époux sur le trône au Zimbabwe, doit avoir du mouron à se faire. Si sa seule candidature pose problème, elle peut déjà bien se douter des difficultés qu'elle aura à se faire élire et même à gérer le pouvoir d'Etat, si malgré tout elle parvenait à ses fins. L'on imagine aisément qu'elle aura fort à faire. Mais, nous sommes au pays de Robert Mugabe où tout peut surprendre. Et c'est en cela même qu'il faut se méfier de cette sortie du chef des armées qui peut être tout simplement un piège destiné à encourager d'éventuels contestataires encore tapis dans l'ombre par peur des purges, à sortir de leur réserve pour se faire mater.
Lebanco
 


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