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Affaire d'audits à la Féguifoot: l’ancien aigrefin Salifou Super V et ses complices épinglés (El Bechir) le 22/11/2017 à 11h03

La malversation financière qui a permis à Salifou Camara Super V de sortir et empocher 1 milliard 247 millions de francs des caisses de l’État, bien après sa chute définitive de la Féguifoot, révèle une chaîne de complicité au ministère du Budget.
Dans une correspondance à entête de la Féguifoot numérotée 0251, datée du 13 mai 2014 et adressée à l’ex-ministre des Sports Domani Doré, dont l’objet mentionné est le « remboursement de la prise en charge des frais liés à la mission d’inspection de la CAF pour la candidature guinéenne à la CAN 2019-2021 », Salifou Camara Super V écrit : « Nous avons été sollicité pour la prise en charge des frais y afférents d’un montant de 639 750 000 FG, 55 068,52 dollars et 73 569 euros, conformément au devis ci-joint. » Et il demande à la ministre de prendre les dispositions pour lui rembourser ces frais (cliquer sur lien 1). L’adjectif ‘’sollicité’’ écrit au masculin singulier indique qu’il se rapporte à lui et non à la Féguifoot.
Cependant, Super V ne joint aucune demande notifiée officielle par laquelle il aurait été sollicité financièrement, il ne précise pas non plus par quel service étatique. Donc aucune pièce probante n’appui sa requête. Un simple devis est joint à sa correspondance. Il n’excipe ainsi d’aucune reconnaissance officielle de créance. Il se contente d’énumérer les montants qui lui sont prétendument dus.
Le 3 juin 2014, un courrier à entête portant la signature et le cachet de la ministre Domani Doré transmet au ministre délégué au Budget, par courrier numéro 0471, la lettre de Super V en disant qu’elle est « relative au remboursement des charges induites par la mission d’inspection de la CAF au titre de la candidature de notre pays pour l’organisation de la CAN 2019 ou 2021 ». La lettre demande au ministre du Budget de prendre des dispositions diligentes en vue de l’examen de la requête. On y lit qu’« un Comité préparatoire du dossier de candidature avait été mis en place, mais ce dernier n’a bénéficié d’aucun concours financier » (cliquer sur lien 2).
Or, le 29 avril 2013, un an avant la mission de la CAF en Guinée dont Super V prétend avoir payé les frais de sa poche, l’ex-Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a déjà pris un arrêté « portant création, attribution et composition du Comité préparatoire de la candidature guinéenne à l’organisation de la coupe d’Afrique des nations de football 2019 de la catégorie des séniors ».
Son article 14 stipule : « La dépense pour le fonctionnement du Comité préparatoire est imputable aux budgets du ministère en charge des Sports des exercices durant lesquels il mènera ses activités. »
L’article 15 : « Le comité préparatoire dispose d’une autonomie de gestion. »
Et l’article 16 : « Les comptes sont tenus conformément au plan comptable national de la République de Guinée. »
Comme on le voit, l’État guinéen a très tôt pris les mesures formelles et pratiques nécessaires à la préparation de la candidature guinéenne à l’important événement continental qu’est la CAN, incluant la mission d’inspection de la CAF attendue en Guinée.
L’État avait donc prévu la dépense nécessaire. Il est trop bien pourvu en ressources financières et trop responsable pour jouer à l’improvisation et à l’amateurisme dans l’offensive de charme qu’il a lancée en vue d’organiser la prestigieuse CAN qui mettra le pays sous les feux de la rampe et lui ouvrira des fenêtres d’opportunités au plan international et dans tous les domaines. Avec un budget annuel de 15 000 milliards, il n’a pas besoin de recourir à une personne physique pour faire face à une dépense aussi dérisoire qu’un milliard.
Un faux dossier, des documents antidatés, des complices au ministère du Budget
Une enquête aux différentes sources révèle le caractère faux de tous les documents formant le dossier qui a permis la sortie d’argent au Budget.
La lettre numéro 0251 du 13 mai 2014 de la Féguifoot à madame l’ex-ministre des Sports, signée par Salifou Camara Super V, est antidatée. Elle a été rédigée à dessein en 2017, après la cinglante défaite de Super V à l’élection du nouveau comité exécutif de la Féguifoot. Celui-ci ne reconnaît pas la créance évoquée par son ancien président, d’abord démis par la FIFA et ensuite battu au dernier congrès électif. Donc son remboursement en cette année 2017 par le ministère du Budget est illégal. C’est une malversation financière pure et simple, les cadres qui ont traité le dossier au ministère le savaient.
La lettre numéro 0471 du 3 juin 2014 adressée à l’ex-ministre délégué au Budget, Mohamed Diaré, et attribuée à l’ex-ministre des Sports, madame Keïta Domani Doré, est un faux. La ministre n’a jamais soutenu en 2014 la démarche financière de Super V, elle n’a pas demandé à son homologue du Budget de faire procéder au remboursement d’une quelconque créance due à Super V par le Comité préparatoire mis en place par l’ex-Premier ministre Mohamed Saïd Fofana suivant son arrêté du 29 avril 2013.
La lettre numéro 0331 du 25 avril 2017 de l’ex-ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, Siaka Barry, évoquée par la section SER du ministère du Budget dans sa demande de mise en place de crédits en faveur de Super V adressée par note numéro 0536 à l’actuel ministre du Budget est un faux. Par conséquent, la section SER de la division de DEPR de la direction nationale du Budget est une comparse dans le montage du faux dossier et la sortie d’argent subséquente (cliquer sur lien 3).
Les fiches de traitement de dossiers numéro 1057/DNB du 26 avril 2017 et numéro 1281/DNB du 22 mai 2017 établies au secrétariat central de la direction nationale du Budget pour la mise en place de crédits en faveur de Super V sont illégales ; elles ont été établies sur la base d’un faux dossier et engagent la responsabilité de ceux qui les ont faites.
Il en est de même de la fiche de circulation du courrier numéro 44MB/CAB/SC du 25 avril 2017 ayant trait à la mise en place de ces crédit (cliquer sur lien 4, 5 et 6 ).
Par ailleurs, tout concussionnaire sait qu’en audit comptable les chiffres ronds sont douteux. Super V le sait certainement et ne les arrondit donc pas afin que le devis paraisse vraisemblable. Mais franchement, comment expliquer la ridicule décimale dans le montant en dollars ? On a beau se triturer les méninges, on ne voit pas qu’est-ce qui peut coûter 52 cents (0,52 dollar) en Guinée dans un paiement en dollars. Pis encore, quelle addition de dépenses en dollars a pu donner cette invraisemblable somme ? Mais passons.
Une chose est sûre, si la créance était vraie, Super V, comme tout haut cadre en pareille situation, se serait fait rembourser sans tarder. En tout cas, il n’aurait pas attendu trois ans.
Au demeurant, une énième malversation financière a été commise au détriment du contribuable grâce à un montage financier fallacieux et des complicités internes au ministère du Budget. La sortie d’argent faite par Super V et ses acolytes à l’intérieur du ministère est une spoliation pure et simple de l’État et révèle une pratique ancrée dans la gestion des deniers publics. L’homme est coutumier du fait. L’occasion faisant le larron et le recyclage des factures étant monnaie courante dans l’administration guinéenne, il est même probable qu’un ou plusieurs remboursements des mêmes faux débours afférents à la mission d’inspection de la CAF aient été effectués par le passé avec le même procédé de faux et usage de faux. Faussaire un jour, faussaire toujours !
Avec ce faux dossier, on a une idée de la manière dont l’argent du contribuable est siphonné à tire-larigot par des cadres véreux qui portent cravate, roulent carrosse et gitent dans des villas huppées sous des airs de respectabilité, alors qu’ils appartiennent à cette engeance à laquelle on doit imputer la misère sociale lancinante et le retard économique incurable de la Guinée.
Cette nouvelle malversation financière interpelle les ministres en charge des Finances et du Budget ainsi que l’inspection générale des Finances, qui n’ont rien à y voir. Qu’attendent-ils pour démanteler le réseau concussionnaire tapi dans leur département et plus nuisible au pays que la fiesta, la bamboula, le choléra et Ébola réunis ?
Ah oui, j’oubliais, la machine à attraper des voleurs fonctionne dans tous les pays, mais en Guinée elle est toujours volée. Avant même son installation.
El Béchir


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