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''Si les autorités reconnaissent la légitimité de la grève et qu’on nous appelle, nous irons...'', A. Soumah le 04/12/2017 à 14h00

Au micro de notre confrère du site ''Africaguinee'', Aboubacar Soumah a répondu aux accusations portées contre lui par certains de ses camarades syndicalistes...
Certains de vos collègues syndicalistes membres du SLECG vous accusent d’avoir été corrompus par l’opposition. Que répondez-vous ?

Je ne suis pas un homme de ce genre. J’ai laissé assez de privilèges pour me battre dans le syndicalisme. Je ne suis pas quelqu’un qui peut se laisser manipuler par les politiques. Le syndicalisme ne peut rimer avec la politique. Quand on est syndicaliste, on reste comme tel. En aucun cas je ne peux me laisser manipuler par un politicien à plus forte raison prendre quelque choses avec lui. Je n’ai reçu aucun franc de qui que ce soit d’un parti politique. Ce sont des informations erronées, fallacieuses. C’est un montage du Pouvoir qui s’est servi de ces jeunes pour inventer des choses contre moi afin de salir notre mouvement. Vous savez, les guinéens sont très forts en désinformation.

Il n’y a aucun contact entre un leader politique de quelque bord que ce soit et moi. Depuis toujours je suis comme ça. Je n’ai aucune appartenance politique. Mon parti c’est le syndicat. Je n’ai rien reçu de qui que ce soit. Ce sont des accusations erronées.

Envisageriez-vous une plainte contre vos accusateurs ?

C’est aux gens d’analyser. Ceux qui croient en eux sont libres. Chacun est libre de prendre une position et d’apprécier. Mais moi je reste serein, ça ne m’ébranle pas. Parce que je n’ai pas touché un franc avec quelqu’un. Mais chacun peut interpréter à sa manière, ça n’engage que lui. Je continue à lancer un appel, conformément aux recommandations de la base, la grève continue. Parce qu’on n’est pas encore satisfaits, on n’a pas encore ouvert les négociations pour qu’on puisse décider de quoi que ce soit. Malgré le communiqué qu’ils ont fait hier, la grève est suivie ce matin, elle continue partout tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

Cette division ne va t-elle pas fragiliser votre mouvement ?

Il n’y a pas de friction dans notre mouvement. Ce sont quelques trois personnes qui ont été manipulées pour saper notre mouvement. Donc trois départs ne nous ébranlent pas, ne nous effraient pas. Ce sont des gens achetés par le Pouvoir, ils sont au service du ministre Ibrahima Kalil Konaté. Mais ça ne nous dérange pas. Nous maintenons notre position, la grève continue.

Êtes-vous au courant de ce qui se passe ce matin à Conakry ?

On m’a informé qu’à Matam les élèves sont sortis et sont en train de barrer la route. A Kamsar aussi c’est pareil.

Jusqu’où êtes-vous prêts à aller M Soumah ?

Nous avons revendiqué nos droits qui sont légitimes. Nous ne voulons aller nulle part sinon la satisfaction de ces besoins. Si nos revendications sont satisfaites, que cherchons-nous d’autres ? Rien !

Pourquoi ne donnez-vous pas une chance à la médiation entamée par les leaders religieux ?

Nous n’avons pas refusé. Les religieux nous ont demandé de suspendre la grève ne serait-ce qu’un mois ou deux pour leur permettre de venir vers le gouvernement afin d’ouvrir les négociations. Nous leur avons dit de nous laisser aller informer notre base. En matière syndicale, ce n’est pas l’exécutif qui prend la décision, mais la base. Alors, nous avons programmé l’assemblée générale le vendredi, malheureusement le lieu été investi par les forces de l’ordre. On n’a pas pu faire cette assemblée. Donc, tant que cette assemblée ne se tient pas, on ne peut pas donner  l’avale aux religieux de la suspension de la grève. Ce n’est pas possible. Il faut qu’obligatoirement que l’Assemblée ait lieu.

Voulez-vous dire que la balle est dans le camp du pouvoir ?

Exactement ! S’ils reconnaissent la légitimité de la grève et qu’ils  nous appellent, nous sommes prêts à venir négocier. Mais on ne nous appelle pas, nous restons dans notre position. La grève continue.
Propos recueillis par  africaguine
 


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