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Jewel Howard-Taylor : une femme aussi controversée que puissante à la vice-présidence du Liberia le 30/12/2017 à 12h32

Alors que George Weah a été largement élu président du Liberia, c’est l’ancienne femme de Charles Taylor qui accède à la vice-présidence. Une alliance stratégique mais qui interroge.

C’est un nom associé aux heures les plus sombres de l’histoire du Liberia. Avec l’élection de George Weah, un « Taylor » revient à une des plus hautes fonctions de l’État. Ou plus exactement une Taylor : à 54 ans, l’ancienne épouse de Charles Taylor va devenir la prochaine vice-présidente du pays. Une femme d’influence qui a joué un rôle majeur dans la victoire de l’ancien footballeur.

L’une des photos les plus célèbres de cette fine politique montre Jewel Howard-Taylor tout de blanc vêtue, aux côtés de Charles Taylor. Voile dans les cheveux, collier de perles autour du cou, elle célèbre son mariage. Le cliché date de 1997, son époux s’apprête à prendre la tête du pays, après huit ans passés à mener une guerre sanglante.
Marquée par le passé trouble de Charles Taylor

Charles et Jewel se sont rencontrés dans les années 1980. Il dirige alors l’Agence des services généraux, elle est encore étudiante à l’université de Monrovia. Mais très vite, ils sont séparés. Accusé de détournement de fonds par le régime de Samuel Doe, Charles Taylor s’exile en 1984 aux États-Unis. Jewel Howard traverse à son tour l’Atlantique quelques mois plus tard, mais son compagnon a déjà fui de la prison de haute sécurité de Boston, après une rocambolesque évasion. La jeune femme décide néanmoins de rester aux États-Unis, où pendant une dizaine d’années elle étudie la finance. Au Liberia, Charles Taylor a alors pris la tête du Front national patriotique du Liberia (NPFL), dont les troupes commettent les pires atrocités pendant la guerre.

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Un passé qui jette aujourd’hui le trouble sur Jewel Howard-Taylor et que la future vice-présidente tente de faire oublier. « Pendant la crise, je n’étais pas dans le pays. J’étais loin, je faisais mes études. Je n’étais pas là, alors comment peut-on dire que j’étais impliquée dans la guerre ? », a-t-elle ainsi déclaré sur la chaîne de télévision Al-Jazeera pendant la campagne présidentielle. Jewel Howard-Taylor ne rentre au Liberia qu’en 1996, après les accords de paix d’Abuja. Mais un an plus tard, alors que Charles Taylor accède à la présidence du pays, elle ne reste pas en coulisse. La première dame occupe plusieurs fonctions officielles, elle devient notamment gouverneur adjointe de la banque centrale du pays et joue un rôle de conseillère auprès de son mari.
Début de sa propre carrière politique

En 2006, elle divorce de Charles Taylor et assure prendre ses distances avec l’ancien président. Pourtant, elle ne reconnaîtra jamais les crimes commis par son mari. « Je ne vois toujours pas comment il pourrait être tenu responsable de ces exactions, commises par différents groupes armés », avait-elle ainsi déclaré, en 2012, au moment de la condamnation de Charles Taylor à 50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Sierra-Leone.

Jewel Howard-Taylor lance alors sa propre carrière politique. Élue sénatrice en 2006 dans le comté de Bong, le troisième plus peuplé du pays, sous les couleurs du parti national patriotique (NPP), elle devient peu à peu un personnage incontournable. En 2012, elle manque ainsi d’une seule voix la présidence de la Chambre haute. La même année, elle porte une loi controversée criminalisant l’homosexualité. Le texte prévoit que les comportements homosexuels soient passibles de la peine capitale. Il ne sera finalement pas adopté.
Le ticket gagnant : s’allier à George Weah

Figure de premier plan de la vie politique libérienne, elle se prend alors à rêver du palais présidentiel. Finalement, elle décide de s’allier à George Weah pour l’élection de 2017 en prétendant au poste de vice-président. Un ticket gagnant. Jewel Johnson-Sirleaf a notamment permis à l’ancien footballeur de s’assurer les votes des anciens partisans de Charles Taylor et du comté de Bong, où il a recueilli 70% des voix, selon les résultats provisoires publiés par la commission électorale le 28 décembre.

Pendant la campagne, Jewel Howard-Taylor a joué un rôle majeur. Dans l’entre-deux-tours, alors que des craintes émergeaient face au report de sept semaines du second tour, elle s’était notamment entretenue avec de nombreuses délégations étrangères et des diplomates. Certaines sources estiment désormais que cette femme pourrait être le cerveau de la présidence Weah.
Jeune Afrique


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