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Guinée: ''Tout porte à croire que c’est l’ordre que les farces du désordre reçoivent avant de débarquer sur l’Axe...'', Suley Thiâ’nguel le 05/03/2018 à 11h39

Tout porte à croire que c’est l’ordre que les farces du désordre reçoivent avant de débarquer sur l’Axe. Cette consigne est respectée à la lettre au point qu’à ce jour on dénombre quatre-vingt-dix victimes. C’est à croire que chaque petit caporal qui veut faire ses armes et apprendre à tirer est parachuté dans nos quartiers.

Nos policiers et gendarmes ont fait de nos rues une zone où s’étendent des pelotons d’exécution. Dans l’indifférence générale. Dans l’impunité totale. Dans l’arbitraire banal. De façon machinale, des tueries sont aussi brutales que sifflent les balles.

Ces criminels bardés de leur permis de tuer écument nos maisons, à la chasse du gibier humain qui ne plus à quel abri se fier. La peur au ventre, même quand les habitants se barricadent, les munitions transpercent les portes pour perforer les âmes. Face aux balles qui défient, des mains nues qui dévient. Quand les balles atteignent des cibles dénudées, les résistances rebondies sur des protections bien sanglées.

Ces cinglés de l’intifada à qui il ne reste plus que des mains et de gravillons, s’écroulent sur l’asphalte ensanglanté. Quatre-vingt-dix fois, les corps se sont écroulés. Cent moins dix fois, les âmes ont été fauchées. Neuf fois dix, les familles ont pleuré.

Et pendant que les farces du désordre se désaltèrent du sang des innocents, le pouvoir ricane de la criminelle besogne dont il est l’instigateur, l’ordonnateur, le signataire. En sanguinaire autoritaire, c’est par des pétarades de kalachnikovs que l’Etat répond à nos légitimes colères.

Perçu comme un « ghetto contestataire », l’Axe ne mérite apparemment, finalement pas la protection de nos cerbères. Ceux qui veillent sur nos vies ont retourné leurs armes contre nos vies. Ils ont oublié le serment qui nous lie.

Ce lundi 5 mars 2018, Boubacar  Sidy Diallo sera inhumé. Une nouvelle victime à inscrire au tableau macabre d’un Etat criminel. Une victime de plus de la barbarie d’une police aux doigts excités sur des gâchettes nerveuses.

Pourtant, Boubacar Sidy était sorti juste pour acheter un sachet d’eau. Pour se rafraîchir la gorge asséchée par la chaleur des crépitements des AK 47. Juste de l’eau. On lui a dit que le sachet coûtait une balle. Que le prix n’est pas à discuter. Que le prix c’est le prix. Qu’il prie ou qu’il crie. Que la marchandise est non modifiable et non remboursable.

Puisque l’eau était si chère, on lui a proposé un troc : la balle contre le sachet d’eau. Avant qu’il n’ait eu le temps de décliner l’offre, ils lui ont posé la marchandise non pas dans les mains, mais dans l’épaule. Un robinet de sang coule de la chair de l’innocence. Voilà l’eau, le liquide frais qu’on lui a vendu. Sans son consentement. Sans son assentiment. Juste pour le plaisir du sang qui gicle et du corps qui s’affale.

Terrible sort que celui d’habiter par ici. Un simple sachet d’eau peut vous expédier de l’autre côté de la rive. Rivé sur notre avenir, face à un pouvoir vampire, on n’a pas d’autre choix que de tenir. Nous tenons par la force des injustices et des humiliations.

Plus les injustices sont grandes, plus les contestations grondent. Pas de compromissions. Pas d’abdication. Pas de renonciation. Chaque corps enterré, chaque blessure infligée, chaque condamnation orientée, chaque détention injustifiée, chaque exil forcé, toutes ces injustices ne font renforcer nos muscles afin que la bataille continue à être menée.

On nous tuera. On nous blessera. On nous emprisonnera. On nous exilera. Toutes ces douleurs seront motrices de notre détermination pour faire face à nos tortionnaires pour leur dire, bien en face, qu’on ne reculera pas. Ce n’est pas un pouvoir aux relents de dictature qui nous fera fléchir. Même en s’achetant un mercenaire flanqué d’une plume corrompue qui joue les larbins de seconde zone. Un journaleux qui a troqué la noblesse du métier de journaliste au profit de la bassesse du propagandiste.

On les voit d’ici, ces désinformateurs portant au dos les semeurs de douleurs et de peurs qui se baladent. On les voit arriver dans nos quartiers espérant nous porter l’estocade. Il en faut plus pour que par ici ils paradent. Il faut qu’ils le comprennent bien les chers camarades. Tous ceux qui habitent sur cet Axe se souviendront de leurs violences.

Comme Boubacar Sidy et les quatre-vingt-neuf autres jeunes arrachés à l’affection de leurs familles, nous nous inclinons devant leurs âmes et rappelons aux auteurs et commanditaires de ces crimes, qu’ils répondront devant le tribunal de l’Histoire. Parce qu’ils ne pourront pas tuer tout le peuple de Guinée. Il restera toujours quelques compatriotes épris de justice qui feront ce qu’il faut pour que ces criminels répondent de leurs crimes.

Souleymane Thiâ’nguel BAH
Secrétaire national chargé de l’information et de la communication
Coordonnateur de la Cellule de communication de l’UFDG


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