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La chronique de Mamadou Dian Baldé: «La femme de César doit pas être soupçonnée » le 01/04/2018 à 21h41

La chronique de Mamadou Dian Baldé: «La femme de César doit pas être
soupçonnée »

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou
Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, au traitement
judiciaire réservé aux assassinats de militants de l’opposition en
marge des manifestations de rue, dont le nombre a atteint la barre des
94 morts. Une tragédie  qui n’a pas l’air d’émouvoir le gouvernement,
qui va jusqu’à rejeter la responsabilité des tueries sur l’opposition,
par des tours de passe-passe dignes d’un mauvais prestidigitateur.
Le départ de Mamady Kaba de la présidence de l’Inidh, est  également
perçu aux yeux de notre chroniqueur comme la fin pour cette
institution des droits humains, qui par la témérité de son président,
n’était pas logée à la même enseigne que les autres institutions
républicaines.
Cette chronique est servie tous les dimanches sur City fm, en
avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».

Talibé Barry: Mamadou Dian Baldé, la chronique d'aujourd'hui
s'intitule  « la femme de César ne doit pas être soupçonnée », une
expression dont la signification tranche plutôt avec le comportement
des autorités dans la gestion de ce dossier sensible qui concerne ces
94 morts. De quoi tout cela retourne, Mamadou Dian?

Mamadou Dian Baldé :  Face à la levée de boucliers provoquée par la
mort de 94 manifestants, en marge des actions de désobéissance civile
organisées  par l'opposition depuis 2011, le gouvernement guinéen n'a
pas trouvé mieux que de se défausser sur l'opposition, en accusant
celle-ci d'armer des individus, dont la mission consisterait à semer
la mort dans ses propres rangs.
Le  mensonge, il est hallucinant. Il faut vraiment se tournebouler
l'esprit pour faire une telle avanie aux victimes de la répression
policière, dont la liste s'allonge au fil des jours, dans notre pays.
Il faut aussi déplorer le fait que l'opposition républicaine n'ait
décidé de prendre la mesure de la situation relative à ces
assassinats, qu'elle qualifie de '' ciblés '', que quand on s'est
rapproché de la  barre des 100 morts. Cellou Dalein Diallo et ses
pairs ayant passé leur temps plutôt, à mener des combats
d'arrière-garde contre des moulins à vent.
Il aura fallu que les familles des victimes ameutent l'opinion sur
cette tragédie, pour que les lignes bougent.
Comme on a pu finalement le constater, la pression exercée par les ''
Amazones '' de l'opposition, auxquelles se sont greffées certaines
femmes issues de la société civile, a mis le pouvoir dans une mauvaise
posture. Car ces dames réclament dorénavant qu'il n'y ait plus de
mort, en marge des manifestations organisées dans la cité. Elles
exigent dans la même foulée que lumière soit faite sur ces 94
assassinats commis depuis 2011, sans qu'aucune action ne soit intentée
contre les auteurs de ces drames.
Et comme à son habitude, le gouvernement cherche à se raccrocher aux
branches, en allumant un contrefeu. La parade consiste à faire porter
le chapeau des tueries au principal parti de l'opposition, qu'est
l'UFDG. Ce parti comme pris d'un excès de délire obsidional, aurait
donc selon la mouvance, armé des «caïds» de l'Axe Hamdallaye Bambeto -
Cosa, pour tuer ses propres militants. Ce qui serait un véritable
hara-kiri politique, si cela s'avérait être le cas.
Heureusement que le bon sens a voulu que l'opinion, dans sa majorité
mette le doigt sur l'absurdité, dans cette salade du gouvernement.
Bien des gens déplorent en effet, que le pouvoir exécutif, au lieu
«d'assurer la sécurité intérieure et le maintien d'ordre public avec
des forces de police et de gendarmerie», l'une de ses fonctions
régaliennes, prenne des raccourcis aussi risqués, qui ne feront
qu'affecter davantage le tissu social, très fragilisé. En garantissant
ainsi l'impunité aux auteurs de ces tueries.
Je dirai que la ficelle est trop grosse. Et cela n'honore pas le
gouvernement, qui doit faire face à ses obligations. Au lieu de
vouloir dissimuler la poussière sous les tapis.
Sous d'autres cieux, même la mort d'un seul citoyen suite à une bavure
policière, peut entraîner immédiatement la démission des autorités
compétentes, dont le premier flic du pays. Me Kabèlè lui, ne s'en
offusque point. Soit dit en passant.
C'est dire que ces 94 assassinats qui sont perçus ici comme une
«banalité», ferait  un gros scandale ailleurs, dans un pays normal.
Si seulement l'acte héroïque de Arnaud Beltrame, officier de
gendarmerie, mort dans une attaque terroriste, le 24 mars, après ''
s'être volontairement substitué à une otage '', pouvait inspirer nos
forces de sécurité.
Dans cette même lancée,  vous jetez un pavé dans la marre du ministre
de la Communications,  M. Rachid N'Diaye, que vous dites être « en
roue libre », suite à sa sortie sur TV5
Pour éviter les fourches caudines de l'opinion, le gouvernement tente
de faire feu de tout bois. Ainsi, après avoir mis la machine
judiciaire en branle, contre les '' bras armés '' de l'opposition
républicaine, dont Boubacar Diallo dit '' Grenade '', est présenté
comme étant le personnage emblématique, le pouvoir s'est lancé dans
une campagne médiatique, qui a démarré par cette interview accordée
par Rachid N'Diaye, ministre de la Communication, à TV5. Dans ce jeu
de rôle, le ministère accuse à son tour l'opposition d'utiliser des ''
groupuscules armés ''. Il s'agit selon lui '' d'un contexte nouveau
qui s'apparente à une volonté de déstabilisation du pouvoir et de
l'État ''.
Des propos qui ont entraîné un emballement de la toile, comme il
fallait s'y attendre. Cela ne surprend guère de la part de ce « séide
» du régime, missionné à Paris pour les besoins de la cause.
Le chef de l'opposition avait d'ailleurs éventé cette manœuvre sur les
antennes de nos confrères de la radio espace, lundi, en révélant que
Rachid N'diaye et le directeur national adjoint du budget, un certain
Thierno Madjou, avait été dépêchés à Paris, pour aller charger
l'opposition auprès de l'Elysée.
Le recours à Thierno Madjou, neveu du défunt Professeur Thierno
Madjou Sow, ancien président de l'Ogdh serait dû au fait que celui-ci
est un énarque, issu de la même promotion que le président Emmanuel
Macron. C'est ce même cadre, qui dit-on, aurait facilité la rencontre
entre Alpha Condé et son homologue français, en novembre dernier.
Le professeur  Sow doit se retourner dans sa tombe.
Les allégations proférées par le ministre de la Communication sont
d'une extrême gravité, d'autant qu'elles confirment la volonté du
gouvernement de ne pas faire la lumière sur les crimes commis, depuis
qu'Alpha Condé est aux affaires.

Vous qualifiez également les échanges musclés  entre opposants et
cadres de la mouvance présidentielle « d’ambiance de cour de
récréation », expliquez-nous ça ?
Les passes d'arme entre les opposants et certains caciques du régime,
par presse interposée, ressemble à une ambiance de cour de récréation.
C’est le moins qu’on puisse écrire.
Amadou Damaro Camara, président du groupe parlementaire
Rpg-Arc-en-ciel à l'assemblée nationale, dans ses épanchements dans
les médias, ces derniers temps, n'est pas du tout tendre avec Cellou
Dalein Diallo, qu'il accuse de vouloir déstabiliser le régime. Il en
veut pour preuve ces manifestations de rue, à n'en plus finir, dont le
pouvoir redoute beaucoup. Dans la même dynamique, Albert Damantang
Camara, porte-parole du gouvernement, lui, a saisi la justice d'une
plainte contre le député de l'Ufdg, Ousmane Gaoual Diallo. Le ministre
voudrait sans doute  ''laver son honneur, souillé'', pense-t-il, par
le député, qui l'a inscrit en bonne place, sur une liste de cadres du
parti au pouvoir, que l’honorable Gaoual Diallo accuse d'être les
maîtres à penser du système Condé. Ceux qui inspireraient '' la haine
'' à la base du parti, pour la pousser à la violence.
Ousmane Gaoual, qui est soupçonné aussi de nourrir des velléités, dans
le cadre de ‘’menées-subversives’’, se dit prêt à répondre devant les
juridictions compétentes, en cas de besoin. Il a fait savoir cela, à
travers une note adressée au garde des sceaux.
Dans ce bras de fer, le député a décidé de porter le fer contre la
mouvance qui l'accable, en portant plainte contre dix propagandistes
du pouvoir, appelés abusivement '' communicants ''. La justice a donc
du pain sur la planche, après que la société civile lui ait secoué les
prunes, dans le cadre d'une saisine contre ceux qui se servent de la
toile comme outil de propagande, au service de leur parti respectif.
Et dont le job consiste à couvrir de tombereaux d'injures, tous ceux
qui portent la critique à l'encontre de leurs chapelles politiques.

Pour finir, vous en arrivez au triste constat que « l'avenir de
l'Inidh est en  pointillé », avec le départ de son président Dr Mamady
Kaba réputé pour son outrecuidance
Je dirai que le moment est venu pour le palais de faire sa fête au
président de l'Inidh, Dr Mamady Kaba, ce président d'institution, qui
n'a jamais voulu rentrer dans le rang. En faisant prévaloir
jalousement son indépendance et sa probité morale, en faveur de
l'équité et de la justice pour tous les Guinéens. Cette '' rébellion
'' de celui qui, aux yeux du Prince, paraissait fumer la moquette, a
valu à Mamady Kaba toutes '' les misères '' du monde durant son
mandat. Sans moyens logistiques, l'Inidh a été tenue de squatter les
anciens locaux du département de la Culture et du patrimoine
historique.
La présidence de la République, qu'on dit prompte à distribuer des
voitures à tour de bras, n'a jamais pourtant doté l'Inidh d'engins
roulants. Quant à la subvention accordée à cette structure, juste 2
milliards de GNF par an. Un os à ronger, comparé à ce que les autres
institutions républicaines reçoivent. Dr Mamady Kaba part tout de même
la tête haute, car il a réussi à redorer le blason de cette
institution '' mal née ''. C'est aujourd'hui l'une des rares
personnalités qui fait l'unanimité au sein de l'opinion.
Son seul regret est de n'avoir pas été entendu par les autorités
compétentes, en faveur d'une refonte de l'Inidh. En vue de la rendre
conforme au principe de Paris.

Opposition et société civile sont unanimes à dire que l'avenir de
l'Inidh est dorénavant en pointillé, avec le départ de Mamady Kaba.
Après avoir serré la vis à Kaba durant son mandat, le pouvoir lui,
peut se frotter les mains. Car le prochain président sera quelqu'un
qui va filer doux.
Candidats à vos marques, donc...


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