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‘’Vous avez craché sur le cimetière de Bambeto’’, Soulay Thiâ’nguel à Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla le 29/05/2018 à 15h35

Dans Luc, chapitre 23, verset 34, Jésus de Nazareth implore : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Ces paroles de pardon, il les prononce après sa condamnation et sa crucifixion.

Pendant qu’il est cloué sur la croix avant l’élévation, il supplie le Seigneur d’absoudre les péchés de ceux qui sont déjà truffés de damnations. Il demande l’absolution afin que Dieu les mette à l’abri de sa sanction, de sa punition. Alors, je me fais écho à ma manière de cette parole de compréhension pour ceux qui ont décidé de pisser sur leur population.

Peuple, ne leur pardonne pas, car ils savent ce qu’ils font. Du haut de leur vulgaire prétention, ils nous aspergent de leur putride défécation. Du haut de leur insolente ambition, ils nous arrosent de leurs vomis en putréfaction. On a attendu ce gouverne-et-ment de dépravation, on n’a pas été déçu en arrivant à destination. L’insolence dans sa plus basse expression. L’inconstance urinant dans le plateau de nos sacrifices pendant que nous devisons. Elles n’ont pas résisté trop longtemps les tentations.

Le Diable des égoïstes ambitions a encore une fois eu raison de notre rêve de libération. La délivrance ne sera pas une fois de plus à cette occasion. On peut encore continuer à ouvrir notre gueule tapie d’infections, notre langue lacérée de toutes sortes d’altérations, pour autant à notre égard ils ne souffriront jamais d’une quelconque attention.

Vers les cieux ils monteront, ils s’élèveront. Dans la boue, nous tombons, nous nous enfonçons, léchons, suçons, lapons la merde qui suinte de leurs détestations. Ils insultent le sang des martyrs de nos lentes et tardives révolutions. Les âmes de ces corps sont saisies de terribles convulsions, pendant que la terre prise de suffocations, ouvrent un cratère de laves larvées d’interrogations. Pourquoi ? Pourquoi tant de dédain pour nos scarifications, incisions qui racontent nos quêtes dont on pleure encore la satisfaction.

Trente-trois énergumènes portés au pinacle afin qu’ils fouettent les rêves que nous nourrissons. Nous les allaitons de nos sanctifications. Nous leur livrons nos panthéons et les aidons à nous toiser de leurs égos en lévitation. Trente-trois céphalopodes venus sucer le sang de leurs ventouses nos utopies d’évolution. Mais attention, petit à petit, notre patience arrive à expiration. Un jour la révolte frémissant à l’horizon, ils feront l’amer constat de leur dévaluation.

Mouctar Diallo, Aboubacar Sylla, que vous est-il arrivé les garçons ? Comment avez-vous échangé l’or de vos convictions contre le toc des vulgaires négociations? Comment avez-pu injurier la mémoire de tous ces gamins qui vous ont suivi aveuglement au cœur de l’enfer des manifestations ? Comment avez-vous pu danser sur les cadavres de près d’une centaine d’âmes en gestation ? Comment est-elle arrivée cette négation chers cons-frères de l’opposition ?

Comment avez-vous pu cracher sur ce fameux pompon « intérêt supérieur de la Nation » que vous agitiez au pic de vos discours emplis de galvanisantes sensations ? Où les avez-vous égarées ces positives tensions, pour les troquer contre une poignée de pognons ? Quand est-ce qu’elles ont été entachées vos estimations d’une Guinée débarrassée de la corruption, de la division, de la communautarisation ? Vous savez ?

Ces paroles qui firent les poings serrés, dressés, levés pour muscler l’espoir de tous ces jeunes gonflés de détermination. Vous avez craché sur le cimetière de Bambéto sans vous poser de questions. Vous avez arrosé de votre arrogance les tombes de vos regrettés compagnons. Vous avez… Qu’avez-vous fait déjà chers frères des pleureuses libations, des sourdes lamentations, des inaudibles incantations ? Qu’avez-vous déjà fait ?

Vous êtes désormais de ceux qui chanteront que la politique n’est pas une religion. De ceux qui danseront que c’est une question d’intérêts en compétition. De ceux qui pilleront nos espoirs sans se demander de quoi nous chialons. De ceux qui pileront la petite once d’espérance pour laquelle nous résistons. De ceux qui se stimuleront de démagogie pour que le Prince se rappelle de leurs zélés suçons. Que nous avez-vous pas lâché au midi de nos peines en liquéfaction ? À l’aurore pâle de vos tristes décisions qui empestent de fétides transpirations ? Ces rigoles d’afflictions qui creusent dans nos écorces écorchées d’interminables démangeaisons, qui n’espèrent pas de cicatrisations.

Hé Don Casse-casse, qu’est-ce que c’est que ce ministère de l’information ? Ainsi donc le communisme a laissé traîner dans nos bras ses haillons ? Renouerait-on avec la propagande révolutionnaire qui dévissa hier toute volonté de contestations ? Silence, le Responsable Suprême de la Démolition est de retour à la maison. Comme pour dire que le fameux Sékoutréisme né des hémoglobines non encore sèches de Boiro le félon, est de con teint et de bon ton.

Le ministère de l’information revient avec tout ce qu’il traîne de pollutions. Et ce n’est peut-être pas un hasard que son patron soit un rejeton qui téta la révolution populaire au biberon. Un fils Somparé qui dandinera de démagogues circonlocutions est au chevet du peuple pour lui inoculer son virus de prostration, de prosternation, de soumission. Au revoir à la rébellion et à la protestation. Bye bye à la transgression.

Du haut de la montagne d’un État mû par la passion de la possession, de la domination, on nous endormira le cerveau par de hauts de parleurs qui crachent la subordination, parce qu’on voudra châtrer toute envie d’insubordination. Adieu à la communication. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, au fond, elle n’y fera que de la figuration. Cette vertueuse relation qui met en chœur l’ivresse de l’échange, de la confrontation, de la concertation, que chacun soit libre dans son expression et que rien ne halète d’imposition.

Cependant, tout le monde n’acceptera pas cet ordre de sujétion. L’insoumission est pour certains plus que de la simple suggestion. Pour eux, ils rêvent toujours de foutre un coup de pilon dans le fion des petits chefaillons qui nous criblent de déviations.

En tout cas, moi, je suis et je resterai l’impénitent troufion, l’impertinent trublion canasson qui refuse l’oxer des godillots de la Nation, bégayant de fades élucubrations, émanations d’un FAD pour qui même avant sa naissance nous improvisâmes une pitoyable oraison. Je jure par tous les dieux de la séduction, ou devrais-je dire de la sédition, puisque pour de vrai ils ont dû fermer et dégager, de là où momentanément mes bagages sont posés, j’ouvre ma gueule et j’emmerde !

Soulay Thiâ’nguel 

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