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Hydrocarbures : l’Afrique va-t-elle profiter de la hausse des cours ? le 15/06/2018 à 19h22

La remontée du brut est une aubaine pour les États producteurs. Leurs revenus vont augmenter, et les projets des majors être relancés. Mais les questions sur la capacité de ces pays à diversifier leurs économies et à améliorer leur gouvernance demeurent.

Alors que le prix du baril de Brent a augmenté de plus de 30 dollars (25,8 euros) en à peine un an, atteignant les 78 dollars le 25 mai, les pays producteurs africains, grands (Nigeria, Angola, Libye et Algérie) comme petits (Guinée équatoriale, Congo, Gabon et Tchad), se frottent déjà les mains.
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La violente chute des cours subie entre la mi-2014 et 2016 – un effondrement de plus de 75 % – ne leur semble désormais plus qu’un mauvais souvenir. Les dernières projections des analystes leur dessinent à présent un horizon dégagé où le baril de Brent s’échangerait autour de 80 dollars.

    Les facteurs qui orientent les cours à la hausse surpassent aujourd’hui clairement ceux qui les poussent à la baisse

« Les facteurs qui orientent les cours à la hausse surpassent aujourd’hui clairement ceux qui les poussent à la baisse », note Francis Perrin, chercheur associé à l’OCP Policy Center (Rabat) et spécialiste du secteur sur le continent.

« Depuis la crise de 2008, la consommation mondiale de pétrole est en légère croissance, de 1,6 % en 2017, portée par la demande des pays émergents. Quant à la production, elle a été affectée par la politique de quotas de l’Opep et de la Russie mise en place à la fin de 2016, mais aussi par les problèmes socio-économiques du Venezuela, ainsi que les craintes autour de nouvelles sanctions contre l’Iran. Et ce, même si l’extraction de pétrole de schiste nord-américaine continue d’augmenter », poursuit le chercheur.
Recettes publiques

Certes, les prédictions des analystes sont constamment désavouées, et la seule certitude absolue en matière pétrolière est celle d’une volatilité qui perdure. Mais le niveau des prix atteint aujourd’hui change la donne pour chacun des acteurs du secteur extractif sur le continent : États producteurs, compagnies et consommateurs.

Du côté des gouvernements des pays producteurs, on se réjouit aussi évidemment des cours élevés qui, à production constante, font monter mécaniquement les recettes publiques. Mais certains analystes financiers craignent que cette conjoncture favorable ne sape les timides efforts entrepris pour diversifier des économies extrêmement dépendantes du pétrole et assainir leurs situations financières. C’est notamment le cas de l’Afrique centrale et du Nigeria.

JA

« Le Gabon comme le Congo ont vu leur notation financière se dégrader ces trois dernières années, avec une dette qui n’a cessé de progresser, dépassant allègrement les 60 % du PIB, du fait de la chute des cours de 2014 à 2016, mais aussi de la mauvaise gestion des deniers publics. La bonne conjoncture ne va pas les encourager à la bonne gouvernance », craint Aurélien Mali, analyste chez Moody’s chargé de l’Afrique subsaharienne.

Le Tchad et le Congo se sont mis imprudemment dans les mains de géants du négoce, tels que Glencore et Trafigura, pour obtenir en 2015 et en 2016, quand les cours étaient au plus bas, des financements gagés sur leur production future.
Le bon élève angolais

Il y a un risque que les revenus supplémentaires générés par la hausse des cours viennent d’abord servir au remboursement de ces emprunts plutôt qu’à étoffer les budgets de ces États.

« Du fait de la manne pétrolière apportée par les cours élevés, le Nigeria a quant à lui déjà faibli dans son offensive pour collecter des recettes fiscales non pétrolières et rapatrier les budgets non dépensés d’établissements publics décentralisés, représentant 3 à 4 % de son PIB », note aussi Aurélien Mali, qui craint que la hausse des cours, couplée à l’approche de l’élection présidentielle, ne sonne le glas de la rigueur à Abuja.

L’Angola, seul bon élève repéré par l’analyste, semble malgré la hausse poursuivre ses efforts de diversification, en particulier vers l’agriculture et les services, et d’apurement de sa dette. Dans le même temps, Sonangol, piloté depuis sept mois par Carlos Saturnino, repense aussi sa stratégie en se recentrant sur ses activités traditionnelles.
Jeunearfique


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