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Guinée : la guerre contre les plastiques à usage unique peine à décoller

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Conakry– Malgré un décret présidentiel interdisant depuis septembre 2024 les plastiques à usage unique, les rues de la capitale guinéenne restent envahies par des déchets plastiques. Un an après cette mesure, le constat est amer : les sachets, bouteilles et sacs continuent de polluer l’environnement, mettant en lumière une application défaillante de la loi.
Aliou Diallo, expert environnemental, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, l’heure n’est plus aux discours mais à l’action. « Partout dans le monde, les plastiques envahissent les espaces publics. En Guinée, il n’existe pas de mécanisme efficace pour leur gestion », déplore-t-il. Il insiste sur la nécessité d’appliquer rigoureusement le décret, qui prévoit pourtant des sanctions sévères : fermeture d’activités, saisie de produits, amendes.
Selon Diallo, l’État doit intensifier les contrôles, mais les citoyens ont aussi leur part de responsabilité. Il appelle à une prise de conscience collective : « Les déchets plastiques ne disparaissent pas. Ils reviennent dans notre quotidien, dans notre alimentation, notre eau. Il faut changer nos habitudes. »
Pour sortir de cette impasse, l’expert propose une stratégie claire : Réduction, Réutilisation, Recyclage. « Le recyclage est essentiel. Il faut encourager les initiatives locales et nationales pour transformer les déchets en ressources », affirme-t-il.
Au-delà de la pollution visuelle, les plastiques représentent un danger pour la santé humaine. Les microplastiques et substances toxiques qu’ils libèrent peuvent provoquer des maladies graves : cancers, troubles hormonaux, pathologies cardiovasculaires et neurologiques.
La Guinée n’est pas seule dans cette lutte. Depuis le 5 août, 170 pays sont réunis à Genève pour finaliser un traité mondial contre la pollution plastique. Ce sommet, qui fait suite à l’échec des négociations de Busan en 2024, pourrait déboucher sur le premier accord international de réduction du plastique.
Pour Aliou Diallo, il n’y a pas d’alternative : « L’application stricte de la loi est la seule voie. Sans cela, nous continuerons à subir les conséquences de notre inaction. » La Guinée est à la croisée des chemins. Reste à savoir si elle choisira la voie du changement ou celle de la résignation.
Mamadou Bobo Bah