
Entré en vigueur mardi 24 juin, le cessez-le-feu entre l’Iran et Israël annoncé par le président américain Donald Trump, semble être respecté. Les deux pays ont revendiqué la victoire. Mais l’accalmie est fragile pour les populations civiles qui paient le prix de douze jours de bombardements quotidiens.
Hier mardi, jour de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu décrété par Donald Trump, Iran et Israël ont revendiqué la victoire. Le Premier ministre israélien a salué une « victoire historique » contre Téhéran et son programme nucléaire, même si un document confidentiel américain publié par des médias a semé le doute sur l’efficacité des frappes des États-Unis contre les installations atomiques iraniennes.
« Nous avons anéanti le projet nucléaire iranien. Et si quelqu’un en Iran essaie de (le) reconstruire, nous agirons avec la même détermination, avec la même intensité, pour faire échouer toute tentative », a promis Benyamin Netanyahu, répétant que « l’Iran n’aura jamais l’arme atomique ».
À Téhéran, la nuit a été calme et il n’y a pas d’information sur d’éventuelles violations en province depuis la nuit dernière. Les responsables iraniens crient victoire en affirmant que c’est l’Iran qui a imposé le cessez-le-feu à Israël, mais aussi aux États-Unis, rapporte notre correspondant dans la capitale, Siavosh Ghazi. Le président iranien a laissé entendre que le pays était prêt à reprendre les discussions avec les États-Unis sur le programme nucléaire iranien. L’Iran est « prêt à résoudre les différends (…) à la table des négociations » avec les États-Unis, a promis, mardi 24 juin, Massoud Pezeshkian, répétant que si son pays ne cherche pas à acquérir la bombe atomique, il fera toujours « valoir ses droits légitimes » à disposer d’un programme nucléaire civil.
Le ministre des Affaires étrangères a précisé qu’il n’était pas question de renoncer au programme d’enrichissement d’uranium, alors que l’envoyé spécial américain Steve Witkoff a redit qu’il n’était pas question que l’Iran puisse continuer ce programme. Ce qui montre qu’en cas de reprise des discussions, de nombreuses questions, notamment sur les stocks d’uranium enrichi de Téhéran, devront être réglées. Israël a clairement annoncé qu’en cas de reprise du programme nucléaire par Téhéran, il y aura de nouveau des frappes contre l’Iran.
Téhéran a aussi annoncé la pendaison de trois personnes pour espionnage. Ces personnes sont accusées d’avoir introduit dans le pays des équipements qui ont servi à mener des opérations terroristes, notamment pour tuer une personnalité du pouvoir iranien. Au total, cinq personnes ont été pendues depuis le début des frappes israéliennes pour espionnage au profit d’Israël. De son côté, l’agence Fars proche des conservateurs, a annoncé l’arrestation de 700 personnes depuis 12 jours, pour liens avec les services de renseignements israéliens. Elles sont accusées d’avoir mené des opérations à l’aide de drones kamikaze, des petits objets volants ou encore d’avoir envoyé des vidéos des sites militaires sensibles à l’armée israélienne. Ce chiffre ne comprend pas ceux qui ont été arrêtés à Téhéran, et devrait donc augmenter dans les prochains jours.
En Israël, la vie reprend doucement son cours
Plus de 24h après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les populations civiles qui ont souffert des bombardements, tentent de retrouver un semblant de quotidien. À Jérusalem, les rues commencent à se remplir à nouveau, rapporte notre envoyé spécial à Jérusalem, Nicolas Rocca. La fin de l’état d’urgence et des restrictions sur les rassemblements, les ouvertures d’écoles et les commerces non essentiels sont entrées en vigueur ce mercredi matin. Les aéroports de Tel-Aviv et Haifa vont reprendre pleinement leurs opérations. Mais la levée des restrictions ne concerne pas les régions frontalières de la bande de Gaza.
Plus de 600 Iraniens sont morts selon les autorités, nettement moins en Israël où les populations bénéficient d’abris. Vingt-huit personnes ont été tuées, dont quatre mardi à Beer Sheva, lors du dernier impact avant le cessez-le-feu. Cette ville située dans le sud d’Israël et entourée d’importantes installations militaires, a été particulièrement ciblée par l’Iran et de nombreuses personnes se retrouvent sans maison.
On n’avait pas peur des alertes, mais quand vous recevez un missile sur votre maison… Ça change ce que vous ressentez et cela fait grandir la peur.
Rfi







