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Climat : au sommet spécial de l’ONU, les initiatives des pays membres restent encore timides

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Alors que les représentants du monde étaient présents pour l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, les dirigeants de quelque 120 pays se sont succédé mercredi 24 septembre à la tribune des Nations unies lors d’un sommet spécial sur le climat. Ils ont présenté leurs engagements pour les 10 prochaines années contre la crise climatique. Les attentes étaient fortes, alors que le monde subit déjà des catastrophes climatiques à répétition. Les leaders ont montré qu’ils restent mobilisés, mais les actions de la communauté internationale restent bien insuffisantes.
Parmi les plus gros pollueurs présents à ce sommet spécial sur le climat, la Chine s’est montrée prudente comme à son habitude. L’Union européenne, elle, est arrivée en position de faiblesse, sans plan bien défini et inquiète sur ses ambitions réelles, alors que les États-Unis du climatosceptique Donald Trump font marche arrière.
C’était le numéro deux chinois qui était annoncé, et c’est finalement Xi Jinping lui-même qui s’est exprimé dans un message vidéo, en contre-pied au discours climatosceptique et pro-pétrole de Donald Trump la veille. « La transition verte et bas-carbone est la tendance de notre époque. Bien qu’un certain pays agisse contre elle, la communauté internationale doit maintenir le cap », a déclaré le président chinois.
« D’un point de vue scientifique, c’est insuffisant »
Il annonce que la Chine réduira ses émissions de gaz à effet de serre de 7 % à 10 % d’ici à 10 ans, en misant notamment sur l’énergie solaire et éolienne. Mais ce n’est pas assez face à la crise climatique, il faudrait faire trois fois plus, selon les experts.
L’objectif de la Chine est loin de correspondre à celui fixé dans l’accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, voire +2°C. On va donc toujours vers plus d’impacts climatiques catastrophiques. Donc, d’un point de vue scientifique, c’est insuffisant. En même temps, la bonne nouvelle, c’est que la Chine a toujours dépassé les objectifs qu’elle s’était fixé. Il est donc très probable que la Chine réduira ses émissions au-delà de ce qu’elle vient d’annoncer.
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Pour Kate Logan, responsable de diplomatie climatique à l’Asia Society Policy Institute, «objectif de la Chine est loin de correspondre à celui fixé dans l’accord de Paris»
Jeanne Richard
Mais cela reste mieux que les vagues promesses européennes. Les 27 n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un objectif commun. À New York, ils se sont surtout employés à rassurer. « Je peux vous assurer que l’Union européenne maintiendra le cap sur ses ambitions climatiques. Nos émissions ont déjà baissé de près de 40 % depuis 1990, affirme Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Mon message, c’est que le monde peut compter sur l’Union européenne pour continuer à être leader en matière de climat. »
Un discours qui peine toutefois à convaincre et, finalement, si plusieurs engagements ont été pris ce mercredi 24 septembre, les promesses sont loin d’être suffisantes et aucun véritable champion du climat ne se dégage.
«La science doit continuer d’être le cœur de nos constats et de nos politiques», déclare Emmanuel Macron
Le président français Emmanuel Macron a pris la parole ce mercredi dans le cadre de l’évènement de haut niveau sur le climat, organisé dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Le président français a affirmé que les Européens seraient au rendez-vous de la COP30 à Belém et a pris le contre-pied de ceux qui, comme Donald Trump, remettent en cause la réalité du changement climatique.
« La science doit continuer d’être le cœur de nos constats et de nos politiques. Il se peut que parfois, on entend d’émerger des discours qui laisseraient s’installer l’idée que les questions climatiques ou de biodiversité seraient en quelque sorte des affaires d’opinion, que la science ne serait pas si claire. Je crois quand même que la science est assez claire. En tout cas, les scientifiques dûment accrédités, reconnus par leurs pairs, ne laissent pas planer beaucoup de doutes, a déclaré le chef de l’État. Et donc, continuons de baser nos décisions sur la science et défendons la science libre, ouverte, pour fonder ses décisions. C’est pourquoi, dans cet esprit, à Paris en décembre prochain, nous rassemblerons les 800 scientifiques du GIEC pour continuer de défendre cet agenda qui est celui qui a permis aux Nations unies de prendre les bonnes décisions. »
Mardi, le président américain avait lancé à la tribune de l’Assemblée générale que le changement climatique était « la plus grande arnaque jamais menée contre le monde ».
Rfi