Home ActualitĂ©s đƒđąđ«đžđœđ­đžđźđ« 𝐝𝐞 đœđšđŠđ©đšđ đ§đž, đ„đš đœđšđźđ«đŹđž Ă  â€œđ„â€™đšđŹđŹđźđ«đšđ§đœđž-𝐯𝐱𝐞” ? (đđšđ« 𝐓𝐱𝐛𝐹𝐼 đŠđšđŠđšđ«đš)

đƒđąđ«đžđœđ­đžđźđ« 𝐝𝐞 đœđšđŠđ©đšđ đ§đž, đ„đš đœđšđźđ«đŹđž Ă  â€œđ„â€™đšđŹđŹđźđ«đšđ§đœđž-𝐯𝐱𝐞” ? (đđšđ« 𝐓𝐱𝐛𝐹𝐼 đŠđšđŠđšđ«đš)

0
SHARE

« Je suis nĂ© avant vous pour pouvoir annoncer les merveilles de votre rĂšgne », est une vieille formule qui illustre parfaitement que la dĂ©magogie ne date pas d’aujourd’hui. Elle traverse le temps et les gĂ©nĂ©rations. Les ancĂȘtres avaient cependant plus d’esprit et d’imagination que leurs descendants actuels, qui font dans le plagiat ou tombent dans la paresse intellectuelle. Ces derniers ne rĂ©flĂ©chissent pas avant de parler et, lorsqu’ils s’expriment, ne sont ni pertinents ni convaincants. Le plus souvent d’ailleurs, ils se font autant de torts Ă  eux-mĂȘmes qu’ils nuisent Ă  la cause qu’ils prĂ©tendent dĂ©fendre. Un vĂ©ritable effet boomerang.

Dans le contexte prĂ©sent, les dĂ©rives verbales et les dĂ©rapages politiques sont inspirĂ©s et exacerbĂ©s par les luttes de positionnement et d’influence, l’aviditĂ© sous toutes ses formes, et les querelles byzantines.
Au demeurant, l’élection prĂ©sidentielle prĂ©vue le 28 dĂ©cembre prochain s’annonce plus comme une bataille interne dans les arcanes et les allĂ©es du pouvoir qu’une compĂ©tition Ă©lectorale empreinte d’un quelconque suspense. Il n’y aura pas de combat face Ă  des adversaires de taille venant d’autres horizons, faute de combattants et d’inclusivitĂ©. La dĂ©mocratie en restera sur sa faim.
Tout porte Ă  croire que la direction de campagne sera plus Ăąprement disputĂ©e que le fauteuil prĂ©sidentiel n’est exposĂ© aux appĂ©tits. Il est vrai que les jeux ne sont pas ouverts partout, et qu’à dĂ©faut de se mesurer lors de l’élection prĂ©sidentielle au “candidat naturel”, certains ont choisi de se dĂ©chirer autour des secondes places pour demeurer autour de la table, tandis que d’autres prĂ©fĂšrent prendre leur mal en patience.

Diriger la campagne d’un homme dĂ©jĂ  Ă  la tĂȘte de l’État est, pour beaucoup, une assurance-vie dans un avenir qui semble plutĂŽt incertain pour la plupart des dĂ©cideurs actuels, quand d’autres considĂšrent que c’est du pain bĂ©ni pour renflouer les poches. D’oĂč la bataille rangĂ©e Ă  laquelle on assiste aujourd’hui pour un rĂŽle honorifique perçu, Ă  tort ou Ă  raison, comme une consĂ©cration personnelle. Le chef du gouvernement, quelques-uns de ses ministres et d’autres membres de l’entourage du chef de l’État rivalisent d’ardeur et de zĂšle pour ĂȘtre l’heureux Ă©lu. Tous semblent ignorer que le choix d’un directeur de campagne relĂšve de la seule volontĂ© du candidat et n’est en rien une fin en soi. Parfois d’ailleurs, c’est un piĂšge, voire un cadeau empoisonnĂ©, car c’est bien souvent source de conflits et de rivalitĂ©s dans son camp, ainsi qu’une vulnĂ©rabilitĂ© certaine aux yeux de l’opinion publique.
Le directeur de campagne peut ĂȘtre le plus visible dans l’ombre du candidat, mais il n’est pas nĂ©cessairement le plus influent, encore moins un « primus inter pares » incontestable. Il arrive mĂȘme qu’en cas de victoire, il ne soit ni le premier, ni le mieux servi. Sans compter qu’en certaines corconstances, conduire une campagne peut porter malheur en ouvrant la boĂźte de Pandore.
En attendant la fumĂ©e blanche, ceux qui aspirent Ă  piloter la campagne du futur candidat du pouvoir ne prĂ©sentent pas les meilleurs profils. Bien au contraire, ils cumulent davantage de handicaps que d’atouts.

DES PRÉTENDANTS PEU QUALIFIÉS ?

Un petit tour d’horizon peu reluisant et non exhaustif…
Un homme qui, Ă  peine entrĂ© dans ses fonctions, est dĂ©jĂ  usĂ© et figure parmi les personnalitĂ©s les plus impopulaires du pays n’a pas vocation Ă  mobiliser et sĂ©duire un Ă©lectorat loin d’ĂȘtre acquis, attentif Ă  la moralitĂ© et Ă  la rĂ©putation de chacun. On ne peut avoir dĂ©fendu une cause au prix de la vie de nombreux de ses concitoyens et de leur intĂ©gritĂ© physique et morale, puis faire volte-face en toute tranquillitĂ©. On ne peut se renier, se dĂ©juger, se contredire sans prĂ©cautions ni tact, et s’attendre Ă  ĂȘtre encore Ă©coutĂ©, respectĂ© et suivi par une opinion qui se sent flouĂ©e. On ne peut dĂ©fendre une chose et son contraire et rester audible et crĂ©dible. Et quand on s’est disqualifiĂ© soi-mĂȘme aux yeux du monde, on ne peut ĂȘtre un atout pour un quelconque candidat ni lui servir de joker.

Cet autre s’est montrĂ© clivant et a creusĂ© seul sa tombe politique. Chaque fois qu’il a eu Ă  s’exprimer, il a provoquĂ© un scandale ou dĂ©clenchĂ© une virulente polĂ©mique. Il n’a pas rĂ©ussi le tour de force de s’imposer auprĂšs des siens, et peine Ă  sĂ©duire un Ă©lectorat qui se refuse Ă  lui malgrĂ© ses circonvolutions idĂ©ologiques et toute l’énergie dĂ©ployĂ©e. Un berger sans troupeau n’a pas de poids pour rallier quelqu’un Ă  une cause ou peser dans une Ă©lection.

Un des postulants croit qu’il suffit de dĂ©tenir le cordon de la bourse pour se rĂ©vĂ©ler un gĂ©nie politique ou s’imposer comme un levier potentiel d’une campagne dans un contexte de crise politique latente. Ce n’est pas en se trĂ©moussant frĂ©nĂ©tiquement devant les camĂ©ras, applaudissant Ă  tout rompre sur un air de niaiserie dans une bamboula politique, que l’on se taille un manteau de leader ni que l’on devient un « entrepreneur » cĂŽtĂ© Ă  la bourse Ă©lectorale.
D’autres encore voudraient jouer simplement de leur proximitĂ© avec le candidat pour rafler la mise.

Dans un passĂ© rĂ©cent, le hasard a jouĂ© un rĂŽle clĂ© et dĂ©cidĂ© de nombreuses trajectoires : on a pratiquement procĂ©dĂ© par un tirage au sort. Mais Ă  ce stade d’évolution du rĂ©gime, dans une phase aussi cruciale de l’histoire politique du pays, les cooptations par affinitĂ© ou les choix de complaisance peuvent ĂȘtre suicidaires.
Chacun continue de se croire Ă©ligible Ă  tous les postes, apte Ă  accomplir toutes les missions, mais il faudrait comprendre qu’aujourd’hui rien ne se fait et ne se dĂ©cide Ă  la seule discrĂ©tion du chef. Le diktat populaire a succĂ©dĂ© au fait du Prince Ă  une Ă©poque de toutes les rĂ©volutions et de dĂ©fiance envers les institutions et ceux qui sont censĂ©s les incarner.
La perception de l’opinion et ses attentes sont dĂ©sormais les vĂ©ritables critĂšres et repĂšres pour tous les gouvernants. Sinon, c’est la censure populaire et le dĂ©saveu politique qui se traduisent aussi bien par les dĂ©faites Ă©lectorales que la chienlit.
Alors, le capitaine perd le contrĂŽle du gouvernail, seul au milieu de la tempĂȘte, dans la solitude du pouvoir face aux vents contraires. Les rats auront dĂ©jĂ  quittĂ© le navire qu’ils ont contribuĂ© Ă  couler par leur boulimie, leur folie de grandeur, leurs conflits d’intĂ©rĂȘts et leurs jeux de pouvoir absurdes.
Chez nous, les rĂ©gimes changent, mais les pratiques restent les mĂȘmes, et les mƓurs politiques n’évoluent guĂšre.
La malĂ©diction de l’éternel recommencement.
Tibou Kamara