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Présidentielle au Cameroun : le Conseil constitutionnel proclame la victoire de Paul Biya !

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Présidentielle au Cameroun : le Conseil constitutionnel proclame la victoire de Paul Biya !

Le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé, ce 27 octobre, les résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre. Paul Biya l’emporte officiellement avec 53,66 % des suffrages, devant Issa Tchiroma Bakary, qui a d’ores et déjà contesté ces chiffres.

Paul Biya, président du Cameroun et candidat à la présidence pour le Mouvement démocratique populaire camerounais (MDPC), vote dans un bureau de vote à Yaoundé, le 12 octobre 2025.
Paul Biya, président du Cameroun et candidat à la présidence pour le Mouvement démocratique populaire camerounais (MDPC), vote dans un bureau de vote à Yaoundé, le 12 octobre 2025. © Daniel BELOUMOU OLOMO

Cette fois, c’est fait. Le Conseil constitutionnel a officiellement proclamé la victoire de Paul Biya lors de la présidentielle au Cameroun. Selon la haute juridiction, le président sortant l’a emporté avec 53,66 % des voix. Il devance donc, selon ces chiffres, l’ancien ministre et opposant Issa Tchiroma Bakary, crédité de 35,19 % des suffrages exprimés. Le taux de participation s’établit, quant à lui, à 57,76 %.

Selon le Conseil constitutionnel, Cabral Libii a recueilli 3,41 % des voix, Bello Bouba Maïgari 2,45 %, Tomaïno Ndam Njoya 1,66 % et Joshua Osih 1,21 % – les autres candidats ne sont pas parvenus à franchir la barre des 1 % de suffrages obtenus.

Cette annonce était très attendue, même si elle ne surprend guère. Depuis le scrutin du 12 octobre, le camp de Paul Biya et celui d’Issa Tchiroma Bakary, son ancien ministre de la Communication, s’affrontent. L’opposant conteste en effet le décompte officiel des voix et met en avant ses propres résultats. Issa Tchiroma Bakary s’estime vainqueur avec environ 55 % des suffrages.

Entre Biya et Tchiroma Bakary, un bras de fer qui se poursuit

La proclamation du Conseil constitutionnel, dernier arbitre en matière électorale, marque l’ultime étape du processus officiel mais ne mettra pas fin au bras de fer. Des manifestations sont encore attendues dans plusieurs grandes villes du pays, notamment dans l’Ouest, à Douala, ou dans le Septentrion, en particulier à Garoua, capitale régionale du Nord et fief de l’opposant.

Quelques instants après la proclamation des résultats, Issa Bakary Tchiroma a d’ailleurs affirmé, sur ses réseaux sociaux, que les forces de l’ordre avaient ouvert le feu devant son domicile. « Urgent : actuellement à mon domicile de Garoua, ils tirent sur des civils qui campent devant chez moi. L’assaut est lancé », écrivait-il à la mi-journée.

A lire : Présidentielle au Cameroun : entre Biya et Tchiroma Bakary, les forces de l’ordre et l’armée peuvent-elles faire pencher la balance ?
Les forces de l’ordre ont été particulièrement sollicitées pour contenir une éventuelle contestation populaire, sur laquelle mise l’opposant pour faire plier Paul Biya. Ce dernier, conscient des risques de débordement, a tenté de trouver une solution politique de sortie de crise en proposant à son adversaire d’intégrer son prochain gouvernement au poste de Premier ministre. Mais l’intéressé a refusé.

L’ancien ministre, qui continue d’affirmer n’avoir qu’un objectif – faire respecter sa « vérité des urnes » et sa victoire – a préféré faire travailler ses équipes sur une stratégie de mobilisation sur plusieurs plans, de la rue aux tribunaux. Il espère ainsi éviter de subir le même destin que John Fru Ndi et Maurice Kamto, autoproclamés présidents élus en 1992 et en 2018, mais qui ne sont jamais parvenus à exercer le pouvoir.

Avec jeuneafrique