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Plusieurs migrants Guinéens, Camerounais Nigerians retrouvés morts de froid et de faim dans le nord du Maroc début décembre dernier !

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Début décembre, 12 migrants – originaires de Guinée Conakry, du Cameroun et du Nigeria – ont été retrouvés morts de froid et de faim dans le nord du Maroc près de la zone frontalière avec l’Algérie.

Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV).

Les corps de 12 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été découverts entre les 6 et 12 décembre dans le nord du Maroc, à proximité de la frontière avec l’Algérie, plusieurs étant morts « de froid et de faim », ont indiqué lundi 15 décembre deux associations locales à InfoMigrants et à l’AFP.

Le 6 décembre, l’Association d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV), basée à Oujda, ville proche de la frontière algérienne, s’est rendue dans la province de Jerada après avoir reçu des informations faisant état de victimes, a aussi expliqué à l’AFP son président, Hassan Ammari.

« Le délégué provincial du ministère de la Santé à Jerada nous a confirmé la présence de six corps », a-t-il dit. Le 12 décembre, lors d’une nouvelle visite de l’association dans la région, « six autres corps ont été découverts », a-t-il indiqué. Un décompte de 12 corps confirmé à InfoMigrants par l’Association marocaine des droits humains (AMDH).

Les dépouilles ont été retrouvées à différents endroits, de Touissit à Ras Asfour, près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc, précise Hassan Ammari à InfoMigrants. Les victimes seraient originaires de Guinée Conakry, du Cameroun et du Nigeria, selon l’AMSV.

Ras Asfour et Tissouit se trouvent proches de la frontière algérienne. Crédit : Google maps
Ras Asfour et Tissouit se trouvent proches de la frontière algérienne. Crédit : Google maps

Selon des responsables hospitaliers, les victimes seraient mortes principalement « de froid, mais aussi de faim ». D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il pourrait s’agir de personnes ayant récemment franchi la frontière algérienne pour entrer sur le sol marocain. Mais il est aussi possible que ces personnes aient essayé de quitter le Maroc pour entrer en Algérie.

« Augmentation des décès »
« D’année en année, nous constatons l’augmentation des décès dans cette région », a déploré Hassan Ammari, soulignant que les températures peuvent descendre jusqu’à -5°C entre la mi-novembre et la fin janvier et que de nombreux migrants ne disposent que de vêtements légers.

Parmi les personnes décédées figurent notamment une femme et un jeune homme de 20 ans originaires de Guinée-Conakry, ainsi qu’une Nigériane née en 1996 et un Camerounais né en 1999. Six des victimes ont été enterrés au cimetière de Jerada, au Maroc, selon des informations postées sur X par l’AMDH.

Les morts ne sont pas rares dans cette zone. En décembre 2022, sept migrants subsahariens avaient déjà été retrouvés morts dans la même zone de Ras Asfour près de la ville d’Oujda, au nord-est du Maroc. Quelques jours plus tard, le 21 décembre, le cadavre d’un jeune homme âgé de 20 à 25 ans était découvert au même endroit, rapporte l’agence de presse espagnole EFE.

Un « fossé de la mort » côté algérien
Selon Hassan Ammari de l’AMSV, la présence d’un fossé côté algérien est aussi responsable de décès dans la zone. Profond de 4,5 mètres de large sur 4 mètres de profondeur, il jouxte un haut grillage côté marocain. Le fossé se remplit d’eau quand les rivières proches débordent par temps de pluie.

« Les migrants [tombent dans ce fossé parce qu’ils] se déplacent la nuit dans l’obscurité totale [pour essayer de franchir la frontière], ils ne peuvent même pas allumer les lampes de leur téléphones portables pour ne pas être repérés par les militaires », explique à son tour Omar Naji de l’AMDH.

« C’est un fossé de la mort », destiné notamment à « empêcher tout passage », explique Hassan Ammari, les personnes se noient en raison de la boue qui empêche toute remontée. En 2021, Driss Elaoula, membre de l’ONG Alarm Phone basée à Oujda, avait fait une macabre découverte : au fond d’un de ces fossés gisait le corps d’une jeune Camerounaise, « congelée ».

Depuis 2017, plus de 76 décès ont été recensés dans cette zone, selon l’AMSV, parmi lesquels des migrants aussi originaires du Tchad et du Soudan.

Hassan Ammari a alerté « les autorités marocaines et algériennes sur la dangerosité de ce fossé » depuis 2018, appelant au respect du « droit à la vie ».

InfoMigrants