
Ce dimanche 28 décembre, la Guinée a organisé une nouvelle élection présidentielle censée marquer une étape décisive dans son processus démocratique.
Pourtant, ce rendez-vous politique majeur s’est déroulé dans un climat de méfiance, d’indifférence et de désillusion généralisée, se traduisant par un taux de participation historiquement bas.
Là où l’on s’attendait à une mobilisation citoyenne forte pour choisir le futur chef de l’État, c’est plutôt l’abstention qui s’est imposée comme la véritable gagnante du scrutin. Un contexte politique difficile.
Depuis plusieurs années, la Guinée traverse une période d’instabilité politique et institutionnelle.
Les promesses de réformes et de transparence faites lors des précédentes élections n’ont pas toujours été tenues, ce qui a profondément entamé la confiance des citoyens envers la classe politique. Beaucoup d’électeurs ont exprimé leur sentiment que « rien ne change », quel que soit le candidat élu.
Les mois précédant le scrutin ont été marqués par des tensions entre les partis d’opposition et la majorité, des accusations de manque d’indépendance de la commission électorale nationale indépendante (CENI) et des débats houleux sur la validité des listes électorales.
Ces éléments ont nourri un climat de scepticisme et de lassitude, poussant une partie importante de la population à se détourner des urnes.La journée du vote : calme, mais videDans la capitale, Conakry, comme dans plusieurs grandes villes du pays, les bureaux de vote sont restés clairsemés tout au long de la journée.
Selon plusieurs observateurs nationaux et internationaux, la participation n’a guère dépassé la moitié du corps électoral en début d’après-midi, et dans certaines zones rurales, elle aurait même chuté en dessous des 30%.Les raisons de cette abstention sont multiples.
Beaucoup de citoyens ont estimé que leur vote n’aurait aucun impact concret sur leur vie quotidienne, notamment dans un contexte de pauvreté persistante et de chômage élevé.
Le faible taux de participation traduit une crise de confiance profonde entre les citoyens guinéens et leurs institutions. La démocratie, pour exister réellement, suppose une participation active des citoyens dans la vie publique. Or, en Guinée, de nombreux habitants estiment que leur rôle se limite à voter, sans que leur voix ne soit véritablement prise en compte dans les décisions politiques.
Ce désintérêt pour la chose publique trouve ses racines dans une série de déceptions accumulées : promesses électorales non tenues, corruption persistante, manque de développement local, sentiment d’exclusion des jeunes et des femmes dans la vie politique.
Pour une majorité d’électeurs, s’abstenir devient une forme silencieuse de protestation. Certains y voient un moyen de signifier leur colère face à un système jugé opaque.
Selon un observateur, pour la Guinée, l’avenir démocratique dépendra désormais de sa capacité à écouter sa population, à rétablir la confiance, et à faire de la politique un espace d’espoir, non de désillusion.
A.Foulah Diallo







