
Conakry, 13 janvier 2026 – Le corps du Colonel Claude Pivi, figure controversée de l’histoire militaire guinéenne, sera remis ce mardi à sa famille à la morgue de l’hôpital Ignace Deen. Selon les informations confirmées par son avocat, Me Abdourahamane Dabo, cette restitution interviendra dans les prochaines heures avant un transfert vers la morgue de l’hôpital Sino-Guinée.
C’est là que des honneurs militaires lui seront rendus, prélude à son inhumation définitive.
Cette étape marque la fin de plusieurs semaines de spéculations autour du sort de l’ancien officier, dont la disparition en décembre 2025 avait ravivé les débats sur son héritage politique et militaire. Pour la famille, il s’agit avant tout de clore ce chapitre dans la dignité et le respect des procédures.
Un parcours militaire ascendant et tumultueux
Né en 1964 à N’Zérékoré, Claude Pivi s’est imposé rapidement dans les rangs de l’armée guinéenne. Sa stature imposante et son charisme lui valent le surnom de « Grand Co ». Il devient aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara lors du coup d’État de décembre 2008, avant d’être nommé ministre d’État à la Défense et chef des unités spéciales.
Pivi incarne alors la poigne ferme du régime de transition. Mais son nom reste indissociable du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, où plus de 150 manifestants pro-démocratie furent tués et des dizaines de femmes victimes de violences sexuelles. Accusé d’avoir dirigé les assauts, il est inculpé en 2010 pour « meurtres, assassinats et actes de barbarie ». Extradé depuis la Côte d’Ivoire, il est condamné en 2021 à 20 ans de prison ferme par le Tribunal de Dixinn.
Malgré ses condamnations, Claude Pivi conserve une aura auprès de certains loyalistes de Dadis Camara, qui le considèrent comme un défenseur de la nation. Son avocat, Me Abdourahamane Dabo, multiplie les recours et plaide pour une relecture de son rôle, invoquant la « légitime défense nationale ».
La mort de Pivi, survenue en décembre 2025 à l’hôpital de sécurité militaire de Conakry des suites d’une longue maladie, relance les débats sur son héritage. Pour ses partisans, il reste une légende militaire ; pour ses détracteurs, il demeure l’un des symboles des heures sombres de la transition guinéenne.
La restitution de son corps et les honneurs militaires qui lui seront rendus traduisent la complexité de son parcours : entre reconnaissance institutionnelle et mémoire douloureuse, Claude Pivi laisse derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire récente de la Guinée.








