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Point de presse numérique avec le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, et le sergent-major Garric Banfield, sous-officier supérieur de commandement de l’AFRICOM, sur les priorités de l’AFRICOM sur le continent africain

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Department of State United States of America
Traduction fournie par le département d’État des États-Unis à titre gracieux

Point de presse numérique avec le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, et le sergent-major Garric Banfield, sous-officier supérieur de commandement de l’AFRICOM, sur les priorités de l’AFRICOM sur le continent africain

Département d’État des États-Unis
Centre régional des médias pour l’Afrique
Général Dagvin R.M. Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM)
Sergent-major Garric M. Banfield, sous-officier supérieur de commandement de l’AFRICOM
Le 3 février 2026
Point de presse numérique

MODÉRATEUR : Bonjour à tous. Je m’appelle Phillip Assis et je suis le directeur du Centre régional des médias pour l’Afrique, du département d’État des États-Unis. J’ai le plaisir d’accueillir des journalistes de toute l’Afrique et d’ailleurs au point de presse d’aujourd’hui, le premier de l’année 2026. Nous avons la chance d’accueillir aujourd’hui le général Dagvin Anderson, septième commandant de l’US Africa Command, également connu sous le nom d’AFRICOM. Le général Anderson est commandant de l’AFRICOM depuis août 2025, et il se joint à nous aujourd’hui depuis le quartier général de l’AFRICOM.

Le général Anderson est également accompagné aujourd’hui par le sergent-major Garric Banfield, qui est sous-officier supérieur de commandement de l’AFRICOM. Le sergent-major Banfield prononcera également une allocution.

Le point de presse d’aujourd’hui est officiel et vous pouvez utiliser des citations de nos invités en mentionnant leur nom et leur titre. Nous allons commencer le point de presse par l’allocution liminaire du général Anderson, suivie de celle du sergent-major Banfield, puis nous passerons à vos questions. Nous avons reçu de nombreuses questions à l’avance et nous n’aurons malheureusement pas la possibilité de répondre à toutes.

Sur ce, j’ai le plaisir de céder la parole au général Anderson.

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Merci, Phillip, c’est un plaisir. Le sergent-major Garric Banfield et moi-même avons le plaisir d’être ici aujourd’hui pour parler avec des personnes issues de tout le continent de questions relatives à l’Afrique et à nos intérêts communs en matière de sécurité.

Tout d’abord, je tiens à dire que je suis heureux d’être de retour en Afrique. Je suis le nouveau commandant ici, à l’AFRICOM. Je suis là depuis environ cinq mois, mais l’Afrique n’est pas nouvelle pour moi ni le travail sur ce continent, ayant été commandant des opérations spéciales pour l’Afrique il y a quelques années, juste en bas de la colline, ici, à Kelley Barracks. Je suis donc très heureux de collaborer de nouveau avec nos partenaires et de pouvoir entendre des points de vue différents.

Une des choses que je tenais à ajouter rapidement : j’ai eu l’occasion… Nous venons tout juste… Le sergent-major et moi venons de rentrer d’un déplacement en Afrique de l’Est. Nous nous sommes rendus en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti avec le sous-secrétaire d’État Christopher Landau. Cela a été une occasion excellente de faire une visite conjointe en compagnie de responsables de notre département d’État, mais aussi de rencontrer nos partenaires dans la région et de discuter de domaines où nos intérêts convergent. L’une des choses… Nous avons eu une très belle opportunité ; c’était un très bon déplacement. J’ai pu aller au salon aéronautique Black Lion Air Show en Éthiopie, qui célébrait le 90e anniversaire de cette armée de l’air, qui est plus ancienne que notre armée de l’air aux États-Unis. Cela a été une excellente occasion de discuter de notre collaboration de longue date, du colonel John Robinson qui s’est rendu en Éthiopie en 1935 pour aider les Éthiopiens à créer leur armée de l’air, en période de crise, puis qui est resté après la guerre pour contribuer au développement d’Ethiopian Airlines, devenue évidemment un symbole important de l’Éthiopie, mais aussi du continent africain.

Et ce que je trouve intéressant, c’est la façon dont cela s’inscrit dans la suite – et c’est la raison pour laquelle je voyageais avec le sous-secrétaire d’État : essayer de voir où les investissements économiques et le développement coïncident avec la sécurité et la stabilité. J’ai pensé qu’il s’agissait, d’un point de vue historique, d’un excellent exemple d’une mobilisation des États-Unis en faveur de la sécurité qui s’est ensuite transformée en un investissement dans la sécurité économique et le développement pour l’avenir de l’Éthiopie. Ce n’est donc pas une nouveauté pour nous, mais c’est quelque chose que nous commençons à explorer davantage. Et après cela, cette convergence entre l’économie et la sécurité.

Ensuite, après cela, nous nous sommes rendus au Kenya, où j’ai eu la chance d’accompagner le sous-secrétaire d’État à Manda Bay pour une cérémonie d’inauguration du chantier de la nouvelle piste d’atterrissage dans laquelle les États-Unis et le Kenya investissent. Encore une fois, cela fait partie de l’investissement dans la sécurité, dans le comté de Lamu, qui est également à la tête, ou au point de départ, d’un corridor économique. Encore une fois, on peut voir la convergence entre l’économie et la sécurité, et le point où elles se rejoignent.

J’ai ensuite eu l’occasion de me rendre à l’Union africaine, où nous avons abordé ces mêmes questions. Cela a été très bien accueilli par le président de l’Union africaine ainsi que par le Conseil économique, qui ont examiné les points de convergence. Mais surtout, le sergent-major et moi-même avons eu l’occasion de déposer une gerbe devant le mur commémoratif à l’Union africaine, et cela a été un rappel particulièrement fort des sacrifices que nous avons tous consentis pour maintenir la paix et la stabilité dans le monde au cours de ces missions, en particulier sur le continent africain, et de l’importance d’agir ensemble, parce qu’il ne s’agit pas d’un pays ou d’un effort isolé, mais d’un effort combiné pour faire face aux graves menaces auxquelles nous sommes tous confrontés.

Je vais m’arrêter là et laisser le sergent-major dire quelques mots.

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Bonjour, je suis le sergent-major Garric Banfield. Je viens de rejoindre l’équipe de l’AFRICOM. Je suis ici depuis environ deux mois et demi, mais j’ai déjà une expérience en Afrique, ayant précédemment travaillé, tout comme le général Anderson, au Commandement des opérations spéciales en Afrique. Je suis ravi et honoré de rejoindre à nouveau l’équipe ici.

Je suis en quelque sorte dans une phase d’apprentissage à un nouveau niveau. Lors de ma dernière affectation, nous nous sommes concentrés sur les opérations spéciales, et à ce poste, nous nous concentrons sur l’ensemble de l’appareil sécuritaire avec tous les services et les pays partenaires. Je suis ravi de collaborer avec les sous-officiers de commandement de nos partenaires, tels que le sergent-major Omari Haji du Kenya, et j’apprends beaucoup à ses côtés. Je suis heureux de voir ce que les forces américaines peuvent faire, de voir la manière dont nous pouvons nous associer aux pays africains et identifier les problèmes de sécurité et les aider à les résoudre, et je suis également très intéressé par ce que nos partenaires africains peuvent nous apprendre.

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Et, Phillip, j’ai beaucoup parlé de notre dernier déplacement, mais j’aimerais ajouter rapidement quelques points. Il était très clair, étant de retour sur ce théâtre d’opérations, au vu de la menace terroriste qui grandit sur le continent, ayant aussi beaucoup travaillé à l’Ouest, que nous cherchons non seulement des solutions à ces problèmes communs, mais aussi des opportunités. Et donc, à mesure que la menace terroriste posée par Daech et Al-Qaïda continue de croître, nous nous employons également à trouver des manières de collaborer avec nos partenaires clés afin de faire face à la nature changeante de la guerre. Je me suis donc déjà rendu deux fois au Maroc et en Tunisie, et je collabore avec eux sur des opportunités de développer leurs centres d’excellence, parce qu’ils veulent contribuer à la formation de partenaires venant de tout le continent et devenir un multiplicateur de force dans cet effort de lutte contre le terrorisme.

Je suis aussi allé en Afrique de l’Ouest et j’ai discuté avec des gens le long de la côte, dans le golfe de Guinée, à la fois de la sécurité maritime et des possibilités de coopération, mais aussi de la manière dont ils envisagent la menace croissante du terrorisme.

Donc je me suis rendu dans plusieurs pays, dans 11 pays jusqu’à présent. J’y suis retourné à plusieurs reprises et j’ai eu l’occasion de dialoguer avec nos partenaires et d’écouter ce qu’ils avaient à dire, et d’identifier les domaines où notre coopération serait la plus efficace pour répondre à cette menace commune. Et, très clairement, quand on se penche sur ce sujet, compte tenu de l’évolution de la nature de la guerre, sur la façon d’apporter de l’innovation sur le continent, la manière d’utiliser les technologies émergentes pour faire face à ces menaces – je pense que c’est un domaine où les États-Unis excellent et qu’ils peuvent aider à développer.

Comme nous l’avons mentionné, j’ai aussi abordé la convergence entre l’économie et la sécurité, et ce que nous pouvons apporter au développement économique. Nous examinons les opportunités commerciales qui ont une incidence sur la sécurité ou des implications en matière de sécurité, mais aussi les manières de partager des informations et des connaissances et faire face ensemble à ces menaces. Parce que la sécurité conduit à la stabilité ; cette stabilité crée des possibilités d’investissement ; et cet investissement crée la prospérité tant pour les partenaires africains que pour les États-Unis.

Et donc, en prenant la question dans sa globalité et en tenant compte de notre rôle de rassembleur, de socle de la sécurité pour les États-Unis et certains de nos partenaires africains, comment pouvons-nous réunir tous ces aspects et être plus efficaces ?

Sur ce, Phillip, je vais m’arrêter là.

MODÉRATEUR : Parfait, merci. C’est vraiment un aperçu très intéressant, et je ne connaissais pas certains de ces éléments historiques. Passons maintenant aux questions, dont certaines, je pense, toucheront certains des thèmes que vous venez d’évoquer.

La première question vient de M. Geoffrey York, du Globe and Mail, en Afrique du Sud, qui demande : « Pourriez-vous faire le point sur l’état actuel de vos exercices pour 2026 ? »

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Bien sûr, je serais ravi d’en parler. Nous en avons plusieurs. Encore une fois, comme ils visent à lutter contre les menaces transnationales ou régionales, tous nos exercices sont axés sur le multilatéralisme et rassemblent plusieurs pays, non seulement d’Afrique, mais aussi d’Europe, d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et même de certains pays de la zone indopacifique, parce que nous avons un intérêt commun à lutter contre ces menaces, en particulier la menace terroriste, mais aussi la menace croissante liée au trafic de stupéfiants et à la contrebande.

Dans cette optique, notre plus grand exercice se déroule au Maroc et s’appelle African Lion. Il est prévu pour le mois de mai. Nous sommes ravis qu’à l’approche du 250e anniversaire des États-Unis, le Maroc nous ait accompagnés à chaque étape en tant que premier pays ayant reconnu officiellement notre nation. Je pense donc qu’il est important de pouvoir organiser cet exercice ici et de continuer d’y apporter nos innovations.

L’exercice African Lion réunit 19 pays africains, six pays européens et quelques pays d’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Il se déroule en trois volets. Nous avons un volet en Tunisie, un autre au Ghana et un autre au Sénégal. Encore une fois, nous nous intéressons à la composante régionale, et pas seulement à un seul pays.

Nous avons aussi la série d’exercices Cutlass Express, qui se déroule au Mozambique, avec 14 pays, cinq pays européens, deux pays de la région indopacifique, et qui rassemble huit centres d’opérations maritimes d’Afrique de l’Est. Mon commandant adjoint se trouve actuellement à Maurice dans le cadre de la série Cutlass Express, où il participe à l’exercice.

Nous avons également l’exercice Justified Accord qui a lieu, cette année, au Kenya. Cinq pays africains et trois pays européens y participent, avec des pôles opérationnels en Tanzanie et à Djibouti. Je vais laisser le sergent-major vous parler brièvement de Flintlock et de certaines des initiatives que nous menons dans ce cadre.

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Oui, Flintlock est l’exercice des forces spéciales qui sera basé, cette année, en Côte d’Ivoire, avec une antenne en Libye. L’exercice réunira 26 pays africains, 15 partenaires européens, deux partenaires de la zone indopacifique et un partenaire sud-américain. Il s’agira d’un exercice multinational axé sur la lutte contre le terrorisme. Une particularité de cette année est le pôle situé en Libye, qui sera dirigé par des mentors italiens ; nous réunirons sur le terrain les Libyens de l’Est et de l’Ouest. L’un des éléments les plus précieux que nous tirons de ces opérations multinationales est l’apprentissage mutuel. Les opérations multinationales sont extrêmement complexes, comme nous l’avons constaté au cours des 20 dernières années. Nous devons nous y exercer régulièrement afin de renforcer l’interopérabilité entre les partenaires.

MODÉRATEUR : Parfait, merci pour cette réponse. La question suivante vient de M. Kanishkh Kanodia, du magazine britannique The Economist : « Quelles mesures et quels efforts l’AFRICOM a-t-il entrepris en matière de lutte contre le terrorisme avec les pays partenaires africains ? »

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Oui, merci pour cette question. Je tiens à souligner que le sergent-major et moi-même venons de nous rendre en Afrique de l’Est, où nous avons discuté avec les responsables éthiopiens, kényans et djiboutiens des manières de lutter contre les Chabab en particulier, mais aussi contre Daech et contre l’influence croissante des Houthis dans cette région.

Et pour y faire face, tout le monde s’est accordé pour dire que cela devait se faire ensemble. Donc, nous cherchons des moyens de collaborer avec nos partenaires dans toute la région afin d’accroître les possibilités de faire pression sur ces groupes terroristes qui perturbent la région, et même tout le continent. Comment collaborer pour concentrer nos efforts ? C’était la question centrale des discussions que j’ai eues avec le Premier ministre Abiy, le président Ruto et le président Guelleh à Djibouti. Tout le monde est très intéressé par la recherche d’opportunités de contrer ensemble ces menaces terroristes.

De plus, nous envisageons de travailler dans l’Ouest. Je pense que notre partenariat avec le Nigeria en est un excellent exemple. J’ai eu l’occasion de participer au processus d’Aqaba, à Rome, à la fin de l’année dernière, organisé par le Premier ministre italien et le roi de Jordanie, qui portait spécifiquement sur la menace terroriste en Afrique de l’Ouest. Et durant cette réunion, j’ai pu rencontrer le président Tinubu. Nous avons pu échanger nos points de vue et sommes convenus de la nécessité de collaborer pour trouver une solution dans la région. Cela a conduit à une collaboration accrue entre nos deux pays, notamment la participation d’une petite équipe américaine qui apporte des compétences uniques des États-Unis afin de renforcer les efforts déployés par le Nigeria depuis plusieurs années. Nous avons réalisé des progrès très positifs dans ce domaine. Mon adjoint s’est rendu là-bas très récemment avec une délégation de haut niveau du département d’État, dirigée par Allison Hooker, afin d’examiner les possibilités de continuer à avancer ensemble.

Et puis, comme je l’ai mentionné précédemment, le Maroc et la Tunisie ont été de très bons partenaires. Nous avons fait beaucoup de progrès là-bas. Les deux pays envisagent de créer des centres d’excellence afin de poursuivre leurs efforts de lutte contre le terrorisme et fournir – devenir un multiplicateur de force dans notre lutte commune contre cette menace. Ainsi, à mesure que nous investissons dans ces centres d’excellence, ils peuvent continuer à aider à former les pays partenaires.

MODÉRATEUR : Parfait, merci pour cette réponse. Nous avons une troisième question de M. Euphraim Kubwimana, du journal Shikiriza au Burundi, qui demande : « Qu’a accompli l’AFRICOM au cours des six derniers mois ? » Autrement dit, depuis que vous êtes en poste, général Anderson, qu’a accompli l’AFRICOM ?

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Je vais répondre en premier. Ici le sergent-major Banfield. Une chose qui m’a beaucoup impressionné depuis mon retour au sein de l’équipe de l’AFRICOM, c’est ce que j’ai pu observer en matière d’innovation. Il s’agit à la fois de présenter des technologies existantes à nos partenaires africains et déterminer où ils pourraient les utiliser pour améliorer leur situation sécuritaire, mais aussi de tirer des enseignements de leur expérience et de la manière dont ces technologies sont appliquées. Il s’agit d’une relation bilatérale qui consiste à leur présenter les technologies, puis à voir comment, selon eux, elles peuvent être mises en œuvre dans le contexte sécuritaire du continent africain.

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Oui, en tant que général Anderson, l’une des meilleures choses qui me soient arrivées au cours des premiers mois a été de voyager, d’aller à la rencontre de nos partenaires, d’écouter leurs préoccupations et de comprendre leur perception des menaces, des problèmes et des possibilités pour l’avenir. J’ai beaucoup appris. Je pense que cela m’a été très utile pour comprendre la nature de ces menaces, pour mettre en avant ces préoccupations et éclairer les enjeux, tant avec nos partenaires qu’avec mes interlocuteurs européens et américains, afin de créer une compréhension commune non seulement des menaces, mais aussi des opportunités qui existent en Afrique.

Donc, pour moi, le plus gros accomplissement, probablement, a été de pouvoir aller sur le terrain et écouter nos partenaires africains. Mais je voudrais aussi ajouter que nous cherchons à approfondir nos relations, à partager des informations et à coopérer dans cette compréhension. Récemment, ainsi que le mois dernier, à Washington, j’ai participé à une conférence interagence aux États-Unis où nous avons discuté avec les dirigeants du département d’État, du département du Commerce et du département de la Guerre des manières de mieux intégrer ces efforts afin de fournir des options et des opportunités à nos partenaires en Afrique.

Comment pouvons-nous concrètement réunir les leviers économiques, informationnels et militaires pour être plus efficaces, pour répondre aux besoins de nos partenaires et comprendre ce qu’ils recherchent, et comment créer cette indépendance opérationnelle pour nos partenaires ? Parce qu’au final, l’objectif est de contribuer à réduire la menace et d’offrir des opportunités de développement qui nous permettent à tous de prospérer ensemble.

MODÉRATEUR : Excellent, merci pour cette réponse. Notre prochaine question vient d’Abdirahman Jeylani, d’Arlaadi Media Network en Somalie, et concerne la Somalie : « Les frappes aériennes américaines en Somalie ont augmenté l’année dernière. Pourriez-vous expliquer pourquoi et comment ces frappes ont aidé vos partenaires somaliens ? »

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Absolument. Nous considérons ces frappes comme un soutien essentiel à nos partenaires. Je vais vous donner un exemple rapide de ce que nous avons observé. Au Pount, nous avons aidé nos forces partenaires dans une offensive contre Daech dans les monts Golis. Cette opération a été couronnée de succès. Elle a permis de réduire la zone dans laquelle l’État islamique peut opérer. Je suis retourné au Pount en novembre, où nos partenaires et nous avons discuté de l’importance des capacités uniques que les États-Unis peuvent apporter : la formation en matière de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), du ravitaillement et ces frappes ciblées. Ce qu’ils m’ont dit était très clair. Je tiens à être clair. C’est ce que nos partenaires nous ont dit : ces frappes leur ont permis de rester mobilisés, de réduire le territoire contrôlé par Daech, mais surtout de rester dans les monts Golis et de maintenir une pression constante sur Daech, les contraignant, eux et leurs dirigeants, à rester dans la clandestinité.

Et c’est ce que nous cherchons. Quelles capacités uniques les États-Unis peuvent-ils apporter pour permettre à nos partenaires de réussir ? C’est dans ce domaine que nous enregistrons les plus grandes réussites. C’est là que ces frappes ont été très utiles, et c’est ce que nous disent nos partenaires en Somalie.

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Oui, un autre aspect qui nous intéresse beaucoup, au-delà des frappes aériennes, est la surveillance des domaines marins. Nous recherchons des opportunités techniques, des solutions techniques, qui nous aideront à améliorer la surveillance maritime le long de la frontière, le long des côtes du continent africain. Cela nous permettra de lutter contre les menaces terroristes, mais aussi contre les activités illicites, telles que la pêche illégale et non autorisée ainsi que la piraterie. L’objectif est de les aider à renforcer leurs capacités de sécurité afin de protéger leurs côtes et leurs frontières.

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Oui, et je pense que c’est un point important, parce que cela va au-delà des frappes. C’est généralement ce qui fait l’actualité, mais face à la menace des Houthis – Face à la menace houthie — notamment le trafic d’armes vers la Somalie, le soutien apporté aux Chabab et le renforcement de la coopération dans cette région — nous examinons les moyens d’accroître la connaissance du domaine maritime de nos partenaires, l’objectif étant de leur permettre de protéger leurs frontières, de sécuriser les voies de navigation et de réduire la menace qui pèse sur le golfe d’Aden et la mer Rouge. Les frappes sont importantes et ont, à mon avis, largement contribué au succès de nos partenaires, mais nous regardons au-delà de ces frappes et cherchons à savoir comment faire face à la menace plus importante, d’autant plus que nous constatons une coopération accrue entre certaines de ces organisations dans la région.

MODÉRATEUR : Très bien. Merci. Je crains que nous n’ayons le temps que pour une dernière question, qui est posée par M. Mamadou Diallo, de FIM FM en Guinée : « Quel est le niveau de menace d’insécurité et d’instabilité générale dans la sous-région de l’Afrique de l’Ouest selon l’AFRICOM ? »

LE GÉNÉRAL ANDERSON : C’est une excellente question. Nous considérons clairement la menace croissante, tant de Daech que d’Al-Qaïda, comme un problème. Et le JNIM est clairement affilié à Al-Qaïda au Sahel. Nous les voyons exercer de plus en plus de pression dans ces régions, en particulier dans le Sahel, qui fait peser un danger sur les capitales de la région, jusqu’à certains autres pays. Et encore une fois, après avoir voyagé dans plusieurs pays le long du golfe de Guinée, je comprends les préoccupations qu’ils partagent face à cette menace qui continue de s’étendre. Je dirais que cela souligne l’importance de la conférence d’Aqaba, qui s’est tenue à Rome il y a quelques mois, où le Premier ministre italien et le roi de Jordanie ont attiré l’attention sur cette question et souligné l’importance de lutter contre cette menace. Nous continuerons de collaborer avec les partenaires qui le souhaitent pour lutter contre cette menace commune dans toute la région.

Mais j’insiste une fois de plus… Notre partenariat avec le Nigeria est l’exemple parfait d’un partenaire volontaire et compétent, ayant sollicité les capacités uniques que seuls les États-Unis peuvent offrir — notamment en matière d’ISR et de fusion du renseignement — afin de les mettre en œuvre de manière conjointe. Et lorsque nous agissons comme cela, nous sommes beaucoup plus efficaces face à ces menaces. Notre capacité à contrer ces menaces ensemble a été et reste essentielle pour notre avenir. Ainsi, bien que de nombreux pays soient préoccupés par cette situation, c’est en trouvant un partenaire compétent et volontaire, et en fusionnant les capacités uniques apportées par les États-Unis, que nous parvenons à contrer ces menaces avec succès.

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Oui, ici le sergent-major Banfield. Je tiens à souligner que nous sommes prêts et disposés à travailler avec des partenaires volontaires pour répondre à des préoccupations communes en matière de sécurité. Pour ce qui est de l’instabilité, de la menace d’instabilité, l’instabilité dans les zones stables constitue un environnement propice aux organisations extrémistes violentes et aux organisations terroristes. Je suis fermement convaincu que la sécurité – un environnement sûr – conduit à un environnement stable, et c’est là que l’on passe d’une région favorable aux terroristes et aux organisations extrémistes violentes à une région qui favorise les investissements et la prospérité tant pour les pays africains que pour les États-Unis.

MODÉRATEUR : Excellent. Avant de conclure, général Anderson et sergent-major Banfield, avez-vous un dernier mot à ajouter ou d’autres points que vous teniez à aborder aujourd’hui ?

LE SERGENT-MAJOR BANFIELD : Non, je voudrais simplement répéter que c’est un honneur et un privilège pour moi d’être de retour ici avec l’équipe de l’AFRICOM, et j’attends avec intérêt de travailler avec nos partenaires africains au cours des prochaines années de ma mission.

LE GÉNÉRAL ANDERSON : Oui, et juste deux ou trois choses. Je rejoins le sentiment du sergent-major Banfield : c’est formidable d’être de retour à l’AFRICOM et de revenir sur le continent pour travailler avec nos partenaires. En tant que commandant du Commandement des opérations spéciales en Afrique, j’ai été confronté à certaines de ces questions. En tant que commandant de l’AFRICOM, je suis exposé à un éventail plus large de questions, non seulement aux défis, aux défis importants qui nous attendent, mais aussi aux opportunités. C’est un aspect sur lequel l’administration actuelle et moi travaillons, l’objectif étant de trouver des moyens d’exploiter certaines opportunités économiques et des investissements qui mènent et contribuent directement à la sécurité.

C’est un aspect que nous n’avons pas, par le passé – du point de vue du Pentagone – examiné de près, et c’est donc un aspect que nous continuons d’explorer, mais je vois de grandes opportunités sur tout le continent. Certains aspects que nous examinons ne concernent pas seulement l’investissement dans un seul élément ou une seule chose, mais des investissements dans des domaines tels que le corridor de Lobito, où il ne s’agit pas seulement d’un port, mais aussi du chemin de fer, de l’exploitation minière, des infrastructures qui vont avec, qui contribuent tous à la sécurité et au développement économique. Ce que nous examinons, c’est un moyen de travailler ensemble et de progresser petit à petit. Je pense qu’il y a des possibilités énormes aux quatre coins du continent, et nous attendons avec intérêt de les explorer.

En outre, je continue d’être très impressionné par nos partenaires. J’apprécie toujours d’entendre leurs points de vue et de discuter des opportunités d’œuvrer ensemble. Ces cinq derniers mois ont été très instructifs pour moi, parce qu’ils m’ont permis de mettre en relief un grand nombre d’opportunités et d’essayer de déterminer où ces opportunités nous permettraient d’avoir le plus d’impact, parce qu’elles sont innombrables. Où pouvons-nous obtenir les meilleurs résultats et, de mon point de vue, le plus gros impact en matière de sécurité ? Et puis, comme je l’ai dit, nous avons actuellement des conversations au sein de notre gouvernement aux États-Unis, à Washington, pour déterminer – et c’est l’un des éléments du calcul – où nous pouvons concentrer une partie de cet investissement, où nous pouvons concentrer nos efforts en matière de sécurité pour obtenir le meilleur résultat.

Il existe de véritables opportunités pour certains de ces investissements. Nous n’avons pas eu l’occasion d’en discuter. Nous avons brièvement évoqué le corridor de Lobito, l’Angola, le Mozambique, la Libye et d’autres endroits qui présentent un grand potentiel pour allier sécurité et économie, parce qu’encore une fois, la sécurité conduit à la stabilité, la stabilité crée des possibilités d’investissement, et ces investissements conduisent à la prospérité pour nous tous. Et cela fait partie de ce que nous recherchons. C’est une nouvelle façon d’envisager les choses pour nous, ici, à l’AFRICOM et nous sommes ravis de discuter avec nos partenaires africains pour savoir où ces opportunités se trouvent, selon eux.

Phillip, c’est tout ce que j’avais à dire, mais je vous remercie pour cette opportunité de discuter. C’était un plaisir.

MODÉRATEUR : Merci. Nous avons également apprécié cette expérience. Nous remercions le général Anderson et le sergent-major Banfield de s’être joints à nous aujourd’hui. Cela a été un grand plaisir. Nous remercions également les journalistes de toute l’Afrique d’avoir participé au point de presse d’aujourd’hui. Nous sommes désolés de ne pas avoir pu répondre à toutes les questions soumises.

Nous vous enverrons une transcription et un enregistrement audio du point de presse d’aujourd’hui. Nous les enverrons à tous ceux qui se sont inscrits peu après cet appel. Si vous avez des questions concernant le point de presse, veuillez nous contacter à l’adresse AFMediaHub@state.gov. De plus, si vous publiez des articles ou diffusez des émissions basées sur le point de presse d’aujourd’hui, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous en envoyer une copie à la même adresse électronique.

Enfin, je vous invite à nous suivre sur X. Notre pseudo est @AfricaMediaHub. Pour nos participants francophones, nous vous invitons à suivre également @USAenFrancais. Merci à tous et bonne journée.

Voir le contenu d’origine : https://www.state.gov/digital-press-briefing-with-general-dagvin-r-m-anderson-commander-u-s-africa-command-and-sergeant-major-garric-m-banfield-command-senior-enlisted-leader-u-s-africa-command-on-africom-priorities/
Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

 

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