
Conakry, 22 février 2026 – ‘’Si vous avez des proches ou des membres de votre famille en Allemagne et que vous n’arrivez plus à les joindre par téléphone ou sur les réseaux sociaux, il est temps de multiplier les efforts pour les contacter. Selon des informations circulant dans les communautés guinéennes de la diaspora, de nombreux compatriotes seraient actuellement en détention dans ce pays européen, tandis que d’autres risquent un rapatriement imminent vers la Guinée’’, cet appel alarmant, relayé par des réseaux associatifs et des familles inquiètes, met en lumière une situation humanitaire préoccupante qui interpelle l’ensemble de la nation.
La nouvelle a rapidement fait le buzz sur les plateformes comme WhatsApp et Facebook, où des messages viraux alertent sur le sort de dizaines, voire de centaines de Guinéens installés en Allemagne.
« Beaucoup d’entre eux sont en détention et d’autres sur le point d’être rapatriés vers la Guinée », martèle un texte qui circule depuis plusieurs jours. Originaires pour la plupart de Conakry, Kindia ou Labé, ces migrants souvent jeunes et en quête d’un avenir meilleur auraient été interpellés lors de contrôles routiers, de raids policiers ou dans le cadre de procédures administratives liées à leur statut de séjour.
Pourquoi une telle vague d’arrestations ? Les autorités allemandes, sous pression migratoire accrue en Europe, ont intensifié leurs opérations ces derniers mois. Selon des rapports officiels du ministère allemand de l’Intérieur, plus de 15 000 expulsions ont été prononcées en 2025, dont une part significative concernait des ressortissants d’Afrique de l’Ouest.
La Guinée figure parmi les pays prioritaires pour les accords de réadmission signés avec l’Union européenne. « L’Allemagne applique une politique de tolérance zéro vis-à-vis des irréguliers », explique un expert en migration basé à Berlin, contacté par nos soins. « Les contrôles se multiplient dans les grandes villes comme Berlin, Francfort et Munich, où les communautés guinéennes sont bien implantées. »
Pour les familles à Conakry ou dans l’intérieur du pays, l’inquiétude est palpable. Aminata Diallo, une mère de famille originaire de Dubréka, n’a plus de nouvelles de son fils aîné, parti il y a trois ans pour l’Allemagne. « Il m’appelait tous les dimanches. Depuis deux semaines, son téléphone est éteint. J’ai vu les messages sur Facebook et mon cœur s’est serré », confie-t-elle au téléphone. Comme elle, des centaines de Guinéens scrutent les listes de détenus publiées par les consulats ou contactent des associations comme l’Organisation guinéenne des migrants en Europe (OGME).
L’ambassade de Guinée à Berlin joue un rôle crucial dans cette crise. Nos sources indiquent que le diplomate en chef, El Hadj Mamadouba Sylla, a déjà reçu plus de 200 appels en provenance de Guinée ces dernières 48 heures. « Nous vérifions chaque cas individuellement », déclare-t-il dans un communiqué.
« Certains de nos compatriotes sont effectivement placés en centres de rétention en attendant des décisions judiciaires. D’autres font face à des ordres d’expulsion pour séjour irrégulier ou infraction mineure. » L’ambassade conseille de fournir nom, prénom, date de naissance et dernière adresse connue pour accélérer les recherches.
Mais au-delà des chiffres, c’est une tragédie humaine qui se dessine. Ces jeunes Guinéens, souvent partis avec l’espoir d’un emploi stable ou d’études supérieures, se retrouvent piégés dans un engrenage administratif impitoyable. Les centres de détention comme ceux de Büchen ou Manching sont surpeuplés, avec des conditions de vie précaires : cellules exiguës, accès limité aux soins et à la communication. « Mon frère m’a écrit une dernière fois : ‘Ils nous traitent comme des criminels' », témoigne Fatoumata Camara, sœur d’un détenu à Hambourg.
Face à cette urgence, l’appel est clair : redoublez d’efforts pour les contacter. Utilisez tous les canaux disponibles – numéros d’urgence consulaires (+49 30 219 88 80), e-mails (ambaguiberlin@outlook.com), ou même les services de recherche de la Croix-Rouge internationale. Des groupes Facebook comme « Guinéens en Allemagne – Solidarité » recensent déjà des listes de disparus et organisent des veillées de prières à Conakry. À l’Association des Guinéens de Guinée (AGG), on mobilise : « Chaque famille doit agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard », insiste le président, Sékouba Konaté.
Cette situation n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de tensions migratoires post-Brexit et avec l’essor des partis anti-immigration en Europe. En Guinée, le gouvernement de transition, via le ministère des Affaires étrangères, a promis une vigilance accrue. Une délégation diplomatique pourrait se rendre en Allemagne dès la semaine prochaine pour négocier des libérations conditionnelles. Par ailleurs, des ONG comme Amnesty International appellent à respecter les droits humains des migrants, rappelant que les expulsions forcées sans recours violent souvent les conventions internationales.
Que faire concrètement ? Voici un guide pratique pour les familles :
· Vérifiez les réseaux sociaux et apps de messagerie : Activez les notifications et demandez à des amis sur place de poster des appels.
· Contactez l’ambassade immédiatement : Fournissez tous les détails pour une fiche de recherche.
· Impliquez les associations : Rejoignez les groupes dédiés ou contactez la Plateforme des migrants guinéens (PMG).
· Préparez le rapatriement si nécessaire : Anticipez les frais et l’accueil à l’aéroport de Conakry.
Cette alerte n’est pas seulement un cri de détresse ; c’est un rappel brutal des risques de la migration clandestine. Des milliers de Guinéens rêvent encore de l’Europe, attirés par les promesses d’un eldorado. Mais les réalités du terrain – précarité, xénophobie et bureaucratie – rattrapent vite les plus vulnérables. Le ministère guinéen de la Jeunesse exhorte les départs légaux via des programmes comme « Guinée Diaspora » pour éviter ces drames.
En attendant des nouvelles officielles, une chose est sûre : la solidarité guinéenne doit primer. Si vous avez un proche en Allemagne, agissez aujourd’hui. La Guinée entière retient son souffle pour ses enfants perdus dans la lointaine Europe.
Sources et vérifications : Cet article s’appuie sur des messages viraux circulant en Guinée, des déclarations consulaires et des rapports publics du BAMF (Office fédéral allemand des migrations).








