
Des salles de classe surpeuplées, des équipements vétustes, des manuels insuffisants : le système éducatif guinéen traverse une crise structurelle qui compromet l’avenir de toute une génération.
Ls mobilisation de plus de 150 millions d’euros par l’ANAFE tout récemment répond â ce défit majeut pour construire 400 écoles et près de 3 000 salles de classe. Et malgré ces efforts de l’ANAFE, les besoins restent toujours immenses.
Car, dans de nombreuses localités, les élèves entassés dans des bâtiments délabrés, des hangars classes, les élèves apprennent dans des conditions précaires, sans électricité ni accès à internet, ce qui freine toute ambition de numérique éducatif.
La Fondation Orange Guinée a également investi plus de 1,4 milliard de francs guinéens pour rénover et construire des écoles, signe que le secteur privé tente de combler les lacunes de l’État.
Au-delà des murs, c’est toute la chaîne pédagogique qui souffre. Les programmes sont jugés obsolètes, les manuels scolaires font défaut et les supports didactiques sont insuffisants pour lier théorie et pratique.
La formation des enseignants reste inégale, tandis que leurs conditions de travail précaires pèsent sur la motivation et, in fine, sur la qualité des apprentissages.
Les disparités entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre filles et garçons, continuent de creuser les inégalités. Si l’instruction est officiellement gratuite et obligatoire, des frais informels persistent, alourdissant le coût réel de la scolarité pour les familles. Le prix des fournitures scolaires peut atteindre 1 million de francs guinéens pour un lycéen, un obstacle majeur pour les ménages modestes.
Face à ce constat, des voix s’élèvent pour une refonte systémique du système éducatif, incluant une gouvernance renforcée, un financement stable et une meilleure adéquation entre formations et besoins du marché. Sans un sursaut collectif, l’école guinéenne risque de rester un privilège plutôt qu’un levier de développement.
A.Foulah Diallo








