
La récente décision des autorités guinéennes d’interdire la diffusion de France 24 sur le territoire national a également entraîné le retrait de l’accréditation de M. Malick Diakité, correspondant local de la chaîne en Guinée.
Cette mesure fait suite à un commentaire diffusé sur l’antenne de France 24 à l’occasion de la visite d’État du Président de la République de Guinée, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, en République de Côte d’Ivoire. Cette visite, qui s’est déroulée du 11 au 14 septembre 2026, a constitué un moment important du renforcement des relations entre les deux pays.
Le commentaire à l’origine de la sanction a été prononcé par le présentateur de France 24, Julien Fanciulli, lors d’un sujet consacré à cette visite. Les autorités guinéennes ont estimé que les propos tenus portaient atteinte à l’image du Chef de l’État et des institutions de la République, ce qui a conduit à la suspension de la chaîne ainsi qu’aux mesures administratives qui en ont découlé.
Toutefois, il importe de rappeler que les faits à l’origine de cette décision ne se sont pas produits en Guinée et ne concernent pas directement M. Malick Diakité. Correspondant local de France 24 en Guinée, il n’était ni le présentateur de l’émission ni l’auteur des propos incriminés. Son accréditation a été retirée en conséquence de la suspension de la chaîne, alors même qu’il n’était pas impliqué dans l’incident ayant motivé cette sanction.
Cette situation soulève une question d’équité. M. Malick Diakité ne devrait pas subir les conséquences professionnelles et financières d’un événement survenu en dehors de son champ d’action. Depuis plusieurs années, il exerce sa mission avec sérieux, professionnalisme et dans un esprit de collaboration apprécié par les différents acteurs avec lesquels il travaille. Son parcours témoigne d’un engagement constant au service de l’information et du rayonnement médiatique de la Guinée.
C’est pourquoi j’adresse respectueusement un appel à la direction de France 24 afin qu’elle maintienne son contrat de travail et sa rémunération aussi longtemps que durera cette mesure administrative. France 24 ne devrait ni cesser de rémunérer son correspondant en Guinée ni mettre fin à son contrat dans un contexte où il se retrouve privé d’accréditation pour des raisons indépendantes de sa volonté.
Par ailleurs, la chaîne a déjà présenté ses excuses aux autorités guinéennes à la suite de cet incident. Il apparaît souhaitable qu’elle poursuive ses efforts de dialogue, attende les suites qui seront réservées à cette démarche et continue à œuvrer, par les voies appropriées, pour la levée de la sanction qui la frappe actuellement.
Dans le même esprit, j’adresse un appel respectueux à la Haute Autorité de la Communication (HAC) afin qu’elle puisse, dans la mesure de ses prérogatives, apporter un soutien administratif et moral à M. Malick Diakité auprès de sa rédaction. Une telle démarche contribuerait à faire comprendre que la mesure prise contre France 24 ne remet nullement en cause les compétences professionnelles de son correspondant en Guinée.
Les différends entre médias internationaux et autorités publiques trouvent généralement leur issue dans le dialogue, le respect mutuel et la recherche de solutions équilibrées. En attendant, il serait juste que la situation actuelle ne compromette ni l’avenir professionnel ni les moyens de subsistance d’un journaliste qui a toujours accompli sa mission avec rigueur et dévouement.
Je formule donc le vœu que cette situation soit rapidement résolue dans un climat d’apaisement, tout en préservant les droits professionnels et la dignité de M. Malick Diakité. Préserver son emploi constituerait un signal fort en faveur de l’équité, de la responsabilité et du respect du travail journalistique.
Aboubacar SAKHO
Expert en Communication








