
Depuis le 20 septembre 2026, la Guinée a officiellement interdit la fabrication, l’importation et l’utilisation des plastiques à usage unique, une décision saluée pour ses bénéfices environnementaux, mais qui soulève de vives inquiétudes sur le plan socio-économique.
Des alternatives coûteuses pour les ménages
Si l’interdiction vise à réduire la pollution et les inondations causées par les sachets plastiques, elle entraîne une hausse significative du coût des alternatives. Par exemple, le prix d’une bouteille d’eau est passé à 5 000 francs guinéens, un montant inaccessible pour de nombreux citoyens aux revenus modestes. Cette augmentation pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà fragilisés par un contexte économique difficile.
Un risque pour l’emploi et les petites entreprises
L’interdiction menace également près de 15 000 emplois directs dans le secteur de la production et de la distribution de plastiques, sans compter les activités connexes. De nombreux commerçants et distributeurs se retrouvent avec d’importants stocks invendables, craignant des pertes financières considérables. Les producteurs d’eau en sachet, regroupés au sein de l’UPEMGUI, ont exprimé leurs inquiétudes quant aux modalités d’application, appelant à une transition plus progressive.
Malgré des initiatives prometteuses, comme la promotion d’emballages biodégradables, les alternatives restent insuffisamment développées pour remplacer massivement le plastique. L’Union pour la défense des consommateurs de Guinée (UDCG) réclame un moratoire d’un an, estimant que les solutions de remplacement ne sont pas encore accessibles à tous.
En somme, si l’interdiction du plastique est une avancée écologique majeure, elle nécessite un accompagnement renforcé pour éviter d’alourdir le fardeau des populations vulnérables.
Mamadou Aliou Diallo








