
Selon les témoignages recueillis, un groupe d’hommes armés et cagoulés a fait irruption au domicile de l’avocat aux environs de 2 h du matin, dans une violence qualifiée d’inqualifiable par la corporation. Les assaillants auraient fait usage de la force pour l’extraire de chez lui, sous les yeux de sa famille, avant de l’embarquer à bord d’un véhicule 4×4.
Maître Traoré venait tout juste de rentrer d’un voyage religieux. Il a été retrouvé quelques heures plus tard dans la préfecture de Coyah, dans un état très préoccupant. Pris en charge à temps, il a pu être transféré vers un lieu sécurisé afin d’y recevoir les soins nécessaires.
Une attaque contre la profession Pour le Barreau, cet acte revêt une gravité extrême. Il constitue non seulement une agression contre un avocat, mais aussi une atteinte frontale à l’indépendance de la justice et aux libertés fondamentales. La structure évoque des traitements inhumains et dégradants, et affirme que cette opération ciblée ne saurait être considérée comme un simple fait divers.
La violence de l’acte, la logistique utilisée, ainsi que certains éléments vestimentaires observés chez les assaillants ont amené les membres du Barreau à écarter l’hypothèse d’un acte de banditisme ordinaire. Les avocats soupçonnent une opération coordonnée, avec de potentielles complicités – y compris au sein des forces de sécurité – les auteurs ayant franchi plusieurs points de contrôle sans encombre.
Appel à la mobilisation
Le Barreau exige l’ouverture immédiate d’enquêtes judiciaires indépendantes et impartiales pour identifier les auteurs et les éventuels commanditaires. Une Assemblée Générale Extraordinaire sera convoquée dans les prochains jours pour décider des actions collectives à entreprendre.
Il appelle également la communauté nationale et internationale, les ordres d’avocats, les ONG et les défenseurs des droits humains à rester vigilants et à manifester leur solidarité. Selon les avocats, il en va non seulement de la sécurité de leurs membres, mais aussi de la survie même de l’État de droit en Guinée.
«Quand les avocats se lèvent pour défendre le droit, aucune tyrannie ne peut prévaloir », conclut le communiqué.








