
La fête du nouvel an musulman ( Djoudhe djombente ) en Poular a été célébrée hier dimanche 6 juillet dans la joie, la ferveur. Cette fête, il faut le rappeler, qui nous plonge dans le passé avec de très beaux souvenirs d’enfance de nos valeurs culturelles, a, de nos jours, tendance à disparaître pour de bon. La preuve, nombreux parmi nous ignoraient complètement l’existence même de la fête à l’intérieur du pays à plus forte raison Conakry.
La fête du nouvel an musulman suscitait chez les enfants que nous avons été la joie de fêter la nuit, de faire le porte à porte avec des petits tambourins en chantant. En le faisant, les petits tout joyeux gagnaient de l’argent et de la nourriture. Car, dans la conscience collective, quiconque ne mangerait pas cette nuit festive, restera affamé pour toujours. Ce n’est pas tout. Au petit matin, rendez-vous pris au marigot pour la baignade à la lueur de pneus brûlés. L’Aube annonçait le nouvel an, il fallait se purifier. C’était un rituel pour perpétrer une tradition séculaire.
Seulement voilà, des changements intervenus ces dernières années ont tout chamboulé dans une impuissance totale de ceux que nous pouvons appeler » gardiens de la tradition » au Foutah. Tout a commencé lorsque des personnes qui sont allées apprendre ailleurs sont revenues et ont débuté leur prêche dans certaines mosquées. Confondant sans doute Culte et Culture, ces personnes ont tout remis en cause. Dans une société presqu’en perte de repère, les prêches souvent très dures contre la tradition ont eu échos favorables auprès d’une partie non négligeable de la population. Devenues maîtres de l’art de la manipulation spirituelle, ces personnes qui se focalisent beaucoup sur l’arabisation, prospèrent au su et au vu de tout le monde. Et pourtant, à se que je sache, chaque peuple au monde a sa culture et ses croyances religieuses. Par conséquent, toute pratique qui n’est pas contraire à la religion ( islam), n’est pas à bannir. Nous ne pouvons progresser en détruisant nos valeurs traditionnelles qui font de nous ce que nous sommes.
Bah Mamadou, depuis Pita pour focusguinee








