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« Quand l’assurance emprunteur fait défaut : le drame d’une dame et les leçons à tirer », Safayiou DIALLO

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Nous avons tous été touchés en voyant cette vidéo sur la page Facebook de Guineematin, où une dame en pleurs explique qu’elle a contracté un prêt de 500 millions de GNF auprès d’une banque, avec un remboursement mensuel de 25 millions de GNF.

Certains pensent que l’État devrait lui venir en aide, tandis que d’autres lui conseillent de s’en remettre à la volonté divine. J’ai aussi lu une publication intéressante de KUMPITAL, un économiste avisé, qui insiste sur l’importance d’assurer les prêts.

Après avoir discuté avec des professionnels du secteur et fouillé un peu sur internet, je vous partage ici les conclusions de mon enquête.

Il faut d’abord savoir qu’en Guinée, aucune loi bancaire ou règle dans le code des assurances ne rend obligatoire la souscription à une assurance emprunteur. L’article 6 de la loi bancaire (L/2013) ne fait que permettre aux banques de proposer des assurances de personnes et des assurances-crédit, sans les imposer aux clients.

Pour se protéger quand même, les banques souscrivent souvent à des assurances couvrant le décès, l’invalidité totale ou partielle, et parfois la perte d’emploi de l’emprunteur. Elles peuvent aussi assurer les biens financés, comme les marchandises ou les équipements.

Dans le cas de cette dame, elle a raison d’être bouleversée si son assurance ne protégeait pas sa marchandise, surtout si c’est sa principale source de revenus. Sans ça, elle ne peut plus rembourser son prêt, et se retrouve en grande difficulté.

Pour économiser votre temps, je crois qu’il est essentiel de mieux informer les entrepreneurs comme elle sur les risques liés aux prêts et sur l’importance de bien assurer les biens financés. Cela éviterait bien des cas dramatiques.

D’ailleurs, il serait temps que l’État guinéen mette en place une réglementation qui impose cette assurance pour les prêts importants. De leur côté, les compagnies d’assurance devraient développer des produits accessibles et adaptés à la réalité des emprunteurs.

Enfin, comme beaucoup l’ont souligné dans les commentaires, un fonds de solidarité, même partiel, pourrait vraiment venir en aide aux emprunteurs qui traversent des difficultés, afin d’éviter que le non-remboursement ne mène à la ruine.

Safayiou DIALLO, économiste.