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« L’UPJ-SUD veut être un catalyseur d’échanges médiatiques entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine », Adama BAKAYOKO, Président de l’UPJ-SUD (Interview)

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« L’UPJ-SUD veut être un catalyseur d’échanges médiatiques entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine », Adama BAKAYOKO, Président de l’UPJ-SUD

Entrepreneur ivoirien dans le domaine de la Communication et de l’évènementiel, Expert en gestion d’Entreprise, Ecrivain, Journaliste et Fondateur du Groupe WOROBA.net. Adama BAKAYOKO a été Vice-Président de l’Union des Professionnels de la Communication de Côte d’Ivoire (UPMCI) et occupe le poste de Secrétaire Général Adjoint chargé des Projets du Réseau des Professionnels de la Presse en ligne de Côte d’Ivoire (REPPRELCI). Amoureux de la coopération Sud-Sud, il occupe encore le poste de Président de l’Union Panafricaine des Journalistes pour la Coopération Sud-Sud (UPJ-SUD), qui a pour mission de renforcer la voix des médias africains en favorisant la coopération, la solidarité et la circulation des savoirs entre professionnels de l’information et de la communication.

Dans cette interview accordée au média en ligne www.afriqueeconomie.net , il nous présente la vision de cette Union, la feuille de route qu’il aura à exécuter avec le bureau exécutif de l’UPJ-SUD.

A.E : Pouvez-vous nous donner votre vision pour l’Union Panafricaine des Journalistes pour la Coopération Sud-Sud, en tant que Président ?

Je voudrais d’abord saisir votre média pour réitérer ma profonde gratitude à tous les confrères et consœurs pour leur marque de confiance en m’élisant Président de l’Union Panafricaine des Journalistes pour la Coopération Sud-Sud (UPJ-SUD). Je mesure pleinement les attentes, mais j’ose espérer qu’ensemble, dans la synergie et une perception de responsabilité partagée, nous réaliserons de grandes choses pour dynamiser le secteur. Notre vision est de faire de l’UPJ-SUD une Plateforme panafricaine dynamique où les Journalistes deviennent des acteurs centraux de la coopération entre les peuples du Sud. Nous voulons bâtir un réseau solidaire, crédible et influent, capable de transformer l’information en un véritable levier de développement, d’unité et de rayonnement du continent africain.

A.E : Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels les Journalistes panafricains sont confrontés aujourd’hui ?

Les défis sont nombreux et variés. Mais je dirais que l’un des enjeux majeurs demeure l’indépendance éditoriale, souvent mise à l’épreuve par des pressions politiques ou économiques. Vient ensuite la question des ressources limitées, qui freine parfois le professionnalisme et l’innovation, notamment à l’ère du numérique. Enfin, la fragmentation des voix africaines sur la scène internationale reste préoccupante : trop souvent, notre narration est dominée par des perspectives extérieures.

A.E : En tant que leader, quelle est votre priorité immédiate pour renforcer l’Union ?

L’un des grands atouts de l’Union réside dans la qualité de ses membres, particulièrement les fondateurs qui ont nourri ce projet depuis 2019, lors de son lancement au Maroc, à l’occasion de l’inauguration du Port Tanger Med. En m’appuyant sur leur expertise, leur abnégation et leur engagement, notre priorité immédiate est de renforcer la cohésion interne et l’attractivité de l’Union : créer un sentiment d’appartenance fort, structurer nos actions autour de projets concrets, et surtout, offrir à la grande famille des médias africains les moyens de se former, collaborer et rayonner à l’international.

A.E : Comment l’Union entend-elle contribuer concrètement à la promotion de la coopération Sud-Sud à travers les médias ?

Vous en conviendrez, l’information est un pont qui brise les barrières. L’UPJ-SUD veut être un catalyseur d’échanges médiatiques entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine. Nous encouragerons la coproduction de contenus, le partage de plateformes numériques, et la mise en réseau des journalistes pour offrir une voix commune et audible aux pays du Sud. De plus, l’Union initiera des Projets structurants afin de donner aux Professionnels des médias les moyens d’être des acteurs clés de la nouvelle Afrique, celle qui bouge, innove et s’engage pour un développement durable.

A.E : Quels partenariats stratégiques envisagez-vous pour donner plus de poids à l’action des journalistes africains sur la scène internationale ?

Dans notre approche, aucune partie prenante ne doit être laissée pour compte. Tous les maillons de l’écosystème contribuent à la vitalité de la coopération Sud-Sud et du Sud global. Nous visons donc des partenariats avec des organisations sous-régionales et internationales, des acteurs économiques, la société civile, mais aussi avec des universités, think tanks et entreprises technologiques. Ces alliances renforceront nos capacités, notre visibilité et permettront de positionner l’Afrique comme un pôle incontournable du concert médiatique mondial.

A.E : Selon vous, quel rôle peut jouer la presse dans l’amélioration des relations entre les pays du Sud ?

La presse est avant tout une passerelle. Elle peut déconstruire les stéréotypes, valoriser les complémentarités et raconter les réussites partagées. Elle joue donc un rôle diplomatique majeur, en favorisant la compréhension mutuelle, en rapprochant les peuples et en ouvrant des espaces de dialogue que la politique ou l’économie seules ne parviennent pas toujours à créer.

A.E : Quels sont les Projets phares que l’Union mettra en œuvre dans les prochains mois ?

Forte de son potentiel, l’UPJ-SUD est porteuse de plusieurs Projets innovants pour le paysage médiatique africain. Dans les prochains mois, nous lancerons des Programmes de formation, un Awards continental, des Forums thématiques et diverses initiatives de coopération. Parmi ces Projets phares, le Prix Médias CAN (Maroc 2025) occupe une place centrale. Cette initiative inédite vise à valoriser la créativité journalistique africaine autour du plus grand événement sportif du continent. Nous prévoyons également une série de conférences et de formations pour renforcer les capacités des Journalistes et des Professionnels des médias, tout en consolidant notre présence sur la scène panafricaine.

A.E : Comment les jeunes journalistes peuvent-ils s’impliquer et trouver leur place au sein de l’Union ?

Pas seulement les jeunes journalistes, car l’UPJ-SUD n’est pas une structure fermée. Elle est ouverte à tous les Professionnels des médias, sans distinction, qui souhaitent porter une vision africaine engagée, solidaire et tournée vers la coopération Sud-Sud. Cependant, la jeunesse demeure au cœur de notre vision, car elle incarne la relève et l’avenir du journalisme africain. Les jeunes peuvent s’impliquer à travers des concours, des ateliers, des stages, des formations et des projets collaboratifs. Nous voulons leur offrir une véritable plateforme d’expression, où leur créativité digitale, leur esprit critique et leur dynamisme trouvent toute leur place.

A.E : L’Union prévoit-elle des formations ou des programmes de renforcement de capacités pour ses membres ?

Absolument. L’UPJ-SUD mettra en place des ateliers Flash, des webinaires et des master-class animés par des Experts panafricains et internationaux, portant sur des thèmes stratégiques tels que le Journalisme d’investigation, le Digital, l’éthique, la narration africaine et la couverture des grands événements internationaux. Ces Programmes visent à renforcer la compétence, la polyvalence et l’excellence professionnelle de nos membres, afin de positionner l’Union comme un espace d’apprentissage continu et de montée en expertise.

A.E : Quels sont vos objectifs à moyen et long terme pour l’Union ?

À moyen terme, notre objectif est de bâtir un réseau solide, structuré et reconnu sur tout le continent, avec une représentation active dans chaque pays. À long terme, nous aspirons à ce que l’UPJ-SUD devienne une référence mondiale, un acteur clé dans les grandes instances internationales de médias, et un pilier d’une nouvelle diplomatie médiatique africaine, capable d’influencer positivement les grands débats globaux.

A.E : Quel message souhaitez-vous adresser aux Journalistes panafricains et aux partenaires internationaux ?

Aux Journalistes panafricains, je dis : unissons nos plumes, nos caméras et nos voix pour écrire ensemble une histoire africaine forte, crédible et respectée. Et aux partenaires internationaux, j’adresse ce message : investissez dans cette voix africaine émergente, car elle porte les valeurs d’un monde plus équilibré, plus juste et véritablement multipolaire.

A.E : Enfin, comment les membres de l’Union peuvent-ils contribuer activement à la réussite de cette organisation ?

En étant une force de proposition, en participant activement aux Projets, en partageant leurs expériences et en s’engageant dans une dynamique de solidarité et d’innovation. L’UPJ-SUD n’est pas une tour d’ivoire : c’est une maison commune, ouverte, vivante et collaborative. Sa réussite dépend de l’implication, de la passion et de la contribution de chacun. Ensemble, nous ferons de cette Union un levier d’unité, de créativité et de rayonnement pour l’Afrique, au service d’un avenir prometteur et durable.

Interview réalisée par Nadège Koffi