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Un Extrait de l’ouvrage intitulé : Le «Coup d’état contre Alpha Condé» de Tibou kamara parut aujourd’hui aux éditions « Yigui ». Un vrai régal !

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Un Extrait de l’ouvrage intitulé : Le «Coup d’état contre Alpha Condé» de Tibou kamara parut aujourd’hui aux éditions « Yigui ». Un vrai régal !

Sous le régime de Lansana Conté dejà, Ousmane kaba a été tiré d’ennuis par Kassory Fofana, au cœur du système et dans l’intimité du Chef de l’État pour des faits graves : le ministre qu’il venait de remercier de son gouvernement avait emporté avec lui des climatiseurs et du mobilier appartenant au ministère du Plan et de la Coopération dont il avait la charge. Cet équipement serait le premier lot de matériels ayant servi à l’aménagement de l’université Kofi Annan, fondée par le déhu. Lorsque le Président fut informé de l’acte indélicat de son ministre, il s’emporta et ordonna de procéder à son interpellation immédiate.

« Monsieur le Président, même si votre réaction est juste, je vous prie de revenir sur l’instruction d’interpeller Ousmane Kaba. On m’accuse déjà d’être responsable du limogeage d’Ousmane kaba par vous afin de disposer avec des cordons de la bonne bourse comme nous l’entendons. Il n’est pas souhaitable d’ajouter à tous ces soupçons d’autres tensions. L’interprétation tendancieuse, voire communautaire qui pourrait être faite de la situation ne sert ni nos intérêts, ni l’image du pouvoir. » Le général Lansana Conté, bien que peu convaincu par les arguments de son fidèle serviteur, accéda à sa requête par affection et sympathie pour lui.

Dr Ousmane Kaba avait échappé également de peu à la prison sous le régime du professeur Alpha Condé. L’audit du fichier des étudiants boursiers de l’État dans les universités privées, réalisé par le ministre Yéro Baldé avait révélé des malversations grossières dans l’écosystème financier et éducatif. Si des agents publics étaient auteurs et complices, les bénéficiares étaient les partenaires des universités privées, principalement Ousmane kaba, qui recevait le plus grand nombre d’étudiants boursiers de l’État.

Fâché avec lui, le professeur Alpha Condé voyait dans cet audit une occasion qu’il ne fallait pas manquer pour rabattre le caquet à son ancien collaborateur qui, dans l’opinion, se fait passer pour un homme aux mains propres. Des poursuites auraient dû être engagées contre l’ancien ministre reconverti en entrepreneur privé, mais le Premier Ministre Kassory Fofana, s’y était opposé, estimant que ce n’était pas politiquement opportun pour le Président d’inquiéter un des siens au moment des élections, au risque de créer un émoi dans ses fiefs traditionnels «L’argument» n’avait pas convaincu le président, qui avait affirmé ne pas vouloir d’un « Parent voleur » . Il avait protesté auprès du Premier ministre contre cette entrave à son action.

Le Président avait poursuivi son désaccord avec son second sur la suite ousmane kaba. Si le professeur Alpha Condé avait eu un peu plus de temps au pouvoir, il aurait saisi la justice contre le «fondateur» de l’université Kofi Annan afin de répondre de faits reprochés dans le rapport d’audit. Dr Ousmane Kaba le savait-il ? Depuis la perte du pouvoir par Alpha Condé, il s’acharne contre lui comme personne, comme s’il ne pouvait vivre tranquille que si le professeur Alpha Condé, disposant de dossiers contre lui et occupant le champ politique qu’il prétend investir, disparaissait

(Chapitre VI, pp 193, 194, )

Tibou kamara, un témoin privilégié des derniers instants de la Présidence Alpha Condé mais aussi un acteur singulier de l’histoire récente du pays.