
Après 41 ans d’oubli, la culture guinéenne retrouve sa dignité .
Depuis la proximité que nous avons entretenue avec les quatre dernières Républiques, nous sommes mieux placés pour porter un jugement éclairé sur l’évolution de la place des artistes dans notre société.
Cette proximité n’est pas un simple témoignage, mais une expérience vécue, une observation continue, qui permet de comprendre pourquoi l’enthousiasme actuel des artistes guinéens mérite d’être compris, accepté, et même encouragé par les 14 millions de Guinéens.
Car en quarante et un ans, jamais ils n’ont connu une considération aussi réelle, aussi profonde, que celle dont ils ont bénéficié durant le premier régime.
J’en suis témoin, et j’assume pleinement mon avis.
Il est important de rappeler que, pendant des décennies, les artistes guinéens ont été utilisés à des fins politiques, sollicités surtout lors des campagnes électorales, puis abandonnés une fois les échéances passées.
Ils étaient sollicités pour porter des messages, pour soutenir des dirigeants, pour faire vibrer les foules, mais leur rôle n’a jamais été considéré comme une valeur durable, une contribution essentielle à l’identité nationale.
Aujourd’hui, cette situation est en train de changer, et c’est une transformation profonde qui s’opère, non pas par hasard, mais parce que la nation commence à comprendre que la culture n’est pas un simple divertissement, mais un pilier de cohésion sociale, un vecteur d’unité, une expression de la grandeur d’un peuple.
Les 14 millions de Guinéens doivent donc comprendre que l’enthousiasme actuel des artistes n’est pas une mode passagère.
C’est une réponse à des années d’oubli, une réaction à une longue période de marginalisation.
Pendant longtemps, les artistes n’ont pas bénéficié de la reconnaissance qu’ils méritent.
Ils n’ont pas eu accès à des conditions de vie dignes, à une protection sociale, à des soins de santé adaptés, à un cadre de travail qui respecte leur statut.
Pourtant, ils sont exposés au même degré que les dignitaires, les dirigeants, les personnalités riches du pays.
Ils sont sous les projecteurs, soumis à l’opinion publique, parfois même à la critique et à la stigmatisation.
Et malgré cela, ils continuent de porter la culture guinéenne, de la défendre, de la promouvoir, d’en faire une fierté nationale.
Aujourd’hui, il est donc juste que les artistes aient droit au bien-être, à la santé, et à des considérations dignes.
Ce ne sont pas des privilèges, mais des droits.
Car un artiste n’est pas seulement une voix ou une silhouette sur scène, c’est une personne humaine, avec des besoins, une famille, des responsabilités.
Il est temps que la nation reconnaisse cette réalité, et qu’elle offre aux artistes les moyens de vivre dignement, comme tout autre citoyen.
Cela ne devrait pas être une faveur, mais un devoir d’État.
Cependant, il est également nécessaire de souligner que cette nouvelle considération ne doit pas conduire les artistes à s’impliquer activement dans la politique partisane.
S’engager en tant que militant peut nuire à leur carrière à long terme, et risquer de les faire perdre leur indépendance.
L’artiste doit rester un citoyen libre, capable de s’exprimer, mais sans se transformer en instrument politique.
Cela dit, défendre ceux qui soutiennent leur existence minimale n’est pas de la politique.
C’est simplement la défense de leur droit à vivre dignement.
Lorsqu’un artiste soutient une cause qui améliore ses conditions de vie, il ne fait pas de politique, mais il défend son existence, et c’est une démarche légitime.
Il est difficile de nier qu’à part les besoins des campagnes électorales dans le passé, les artistes guinéens ne représentaient aucune autre valeur pour un dirigeant guinéen.
Ils étaient utilisés, parfois méprisés, souvent oubliés.
Ce constat est dur, mais il est nécessaire.
Car c’est en reconnaissant les erreurs du passé que l’on peut construire un avenir plus juste.
Et c’est précisément ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui : une nouvelle ère de respect, de dignité, et de reconnaissance.
Une ère où les artistes sont reconnus non seulement pour leur talent, mais aussi pour leur contribution à la nation.
Pour ma part, par ma proximité avec les réalités des quatre dernières Républiques, je suis mieux placé pour dire que cette évolution est réelle, et qu’elle mérite d’être saluée.
Je reste ouvert à tout démenti contraire de cet avis, car le débat est sain, et il est essentiel pour avancer.
Mais ce qui est certain, c’est que les artistes guinéens méritent d’être félicités.
Ils soutiennent la Guinée en tant que nation, et non en tant que simple instrument politique.
Ils participent à la construction d’une identité nationale forte, à la promotion de la culture guinéenne, et à l’unité du pays.
Félicitations à tous les artistes guinéens qui soutiennent la Guinée en tant que Nation.
Belles prestations et bonnes participations.
Tidiane Soumah
Fondateur et PDG des Productions Tidiane World Music.
tidianeworldmusic@gmail.com
Washap: +224628878098.
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