Conakry, 18 mars 2026 – Face à une pénurie aiguë de liquidités qui paralyse l’économie guinéenne, le président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a ordonné en urgence l’impression de nouveaux billets de banque.
Cette mesure, annoncée hier soir lors d’un conseil extraordinaire des ministres, vise à injecter rapidement des fonds frais dans la circulation monétaire et à apaiser les tensions sur les marchés.
La crise de liquidités, qui sévit depuis plusieurs mois, a des répercussions dramatiques sur la vie quotidienne des Guinéens. Les files d’attente devant les guichets des banques s’allongent, les commerçants peinent à encaisser les ventes, et les transferts informels via les opérateurs de mobile money saturent les réseaux. Selon des sources proches de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), la masse monétaire en circulation a chuté de près de 20% en un an, en partie à cause de la hausse des importations d’essentiels comme le riz et le carburant, couplée à une collecte fiscale insuffisante.
« Nous ne pouvons plus tolérer que nos citoyens souffrent de cette rareté artificielle », a déclaré le chef de l’État, soulignant que l’impression portera sur des coupures de 10 000, 20 000 et 50 000 GNF, pour un volume initial de 5 000 milliards de francs guinéens. Les nouvelles devises, sécurisées par des technologies anti-falsification avancées, seront distribuées dès la semaine prochaine via les réseaux bancaires et postaux.
Cette décision intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections inclusives promises. Les économistes saluent l’initiative comme un pansement nécessaire, mais alertent sur les risques d’inflation galopante si elle n’est pas accompagnée de réformes structurelles : contrôle des changes, lutte contre la fuite des capitaux et relance de la production locale. L’opposition, de son côté, y voit une manœuvre électoraliste, accusant le régime de masquer ses échecs en matière de gouvernance économique.
Les regards se tournent désormais vers la BCRG, qui devra veiller à une distribution équitable pour éviter les spéculations. Reste à savoir si cette injection monétaire suffira à relancer la machine économique guinéenne, asphyxiée par des années de transition incertaine.








