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Scandale à Matam : Badra Koné aurait détourné 240 milliards FG en deux ans ? (Par Tidiane Soumah)

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La commune de Matam est au cœur d’une affaire explosive : le dossier Badra Koné. Nommé le 15 avril 2024 pour remplacer Ismaël Condé, ce responsable est soupçonné d’avoir détourné 240 milliards de francs guinéens (environ 27 millions de dollars) en à peine deux ans. Une somme colossale qui interpelle l’opinion publique et soulève des questions légitimes sur la gestion des finances locales.

Une plausibilité budgétaire douteuse
Comment une commune aux ressources limitées, soumise à des contrôles budgétaires stricts, pourrait-elle générer un tel volume ? Cela équivaudrait à 328 millions FG par jour de gouvernance – un record invraisemblable pour Matam, en transition. Les circuits publics impliquent ordonnancement, validation par le Trésor et audits multiples. Détourner de telles sommes supposerait une faille systémique et une logistique de dissimulation hors norme : où stocker cet argent ? Dans quelles banques, sous quelle forme ? Les institutions financières, vigilantes contre le blanchiment, alerteraient forcément sur des flux aussi massifs.

Le timing politique et les risques médiatiques
L’affaire surgit à quelques semaines des élections de mai, alimentant les soupçons d’instrumentalisation. Coïncidence ou stratégie ? La médiatisation intense – images, accusations relayées sans relâche – menace la présomption d’innocence, pilier de tout État de droit. Badra Koné, non encore condamné, mérite-t-il un procès équitable dans ce climat ? Une communication transparente sur les faits précis (flagrant délit ou non) aurait évité les spéculations et préservé la confiance institutionnelle.

Appel à la transparence pour le Procureur Charles
Cher Procureur Alphonse Charles, votre reprise suscite l’espoir. Mais à ce stade, où est le flagrant délit ? Pour l’argent du contribuable guinéen, des preuves irréfutables s’imposent. Rappelons le cas récent de Dr. Kassory Fofana : choisissons la vérité, sauvons les innocents, punissons les coupables avec des faits solides. 240 milliards en deux ans (avril 2024-avril 2026) défient l’entendement – Matam surpasserait-elle certains ministères ?

Au-delà du cas Badra Koné, cette affaire expose les failles : transparence financière, rigueur judiciaire, éthique médiatique. La confiance des citoyens en dépend. Cherchons la vérité, pour un Guinée juste.

Par Tidiane Soumah, depuis Montréal (Canada)