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L’onction de la légalité ( Alpha Abdoulaye Diallo)

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L’onction de la légalité est désormais une réalité tangible. La messe est dite, le droit parle. La Cour suprême grave dans le marbre les résultats définitifs du double scrutin du 31 mai dernier. Par cet acte, elle ne valide pas seulement des chiffres puisqu’elle acte un véritable séisme politique. Pour la Guinée, l’installation officielle de cette 10ème législature forte de ses 147 députés marque un tournant historique. C’est l’heure du grand ménage, mais surtout celle d’un plaidoyer absolu pour le retour définitif à l’ordre constitutionnel.

Le message des urnes est d’une clarté limpide, presque brutale, qui prouve que le peuple exige du sang neuf. Le naufrage des légistes du Conseil national de la transition (CNT) en est la preuve éclatante. Sur les 81 conseillers sortants qui s’étaient habitués aux lambris dorés du pouvoir transitoire, seuls 13 sauvent leur siège. Si des figures majeures comme le Dr Dansa Kourouma rempilent par la proportionnelle, 68 de leurs collègues retournent à leurs chères études. Ce désaveu massif est une chance historique. Il balaye la légitimité par décret pour imposer la seule qui vaille, à savoir celle du suffrage universel.

L’hémicycle qui s’ouvre offre un visage pluriel. D’un côté, les 49 élus de la liste nationale forment une véritable constellation de All-Stars politiques. Cette liste associe la fougue d’Hadja Idrissa Bah aux calculs des vieux briscards comme les docteurs Ousmane Kaba, Faya L. Millimono ou Makalé Traoré, et ces élus assument désormais la lourde tâche d’animer le débat d’idées face à une vague territoriale massive.

D’un autre côté, la remarquable percée de techniciens de l’administration parlementaire, à l’image d’Amadou Diakité ou d’Abdoulaye Baldé, garantit une maîtrise technique immédiate des dossiers.

De Conakry à la diaspora de France, jusqu’au bureau de vote de Bagnolet, les citoyens jouent leur partition.

Désormais, la balle réside dans le camp de ces 147 élus. Ils ne bénéficient d’aucun état de grâce. Et c’est tant mieux ! Face aux chantiers colossaux des réformes institutionnelles et du développement économique, chaque député mesure le poids de son écharpe.

Il ne s’agit plus de cautionner mais plutôt de contrôler, tout comme il n’est plus question de prolonger une parenthèse, mais de bâtir l’avenir.

La publication de cette liste officielle ferme définitivement le chapitre des contestations. La transition s’efface, la République reprend ses droits.

Que les nouveaux honorables s’en souviennent, car le peuple les regarde, et l’Histoire les juge sur leur capacité à défendre, envers et contre tout, la démocratie par la voie des urnes.

J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo, in Le Populaire du 22 juin 2026