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« Le repos dominical est une tradition chrétienne héritée de la colonisation », Habib Yimbéring

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Le dimanche a troqué son pyjama du repos contre son costume de fête.
Le repos dominical est une tradition chrétienne héritée de la colonisation. Après les indépendances, cette tradition est restée. Même dans les pays à majorité musulmane comme la Guinée. Paradoxalement, au nom de la sacro-sainte laïcité, les Etats africains gardent encore cette tradition.

Mais pourquoi les chrétiens ont-ils adopté le dimanche ?
Les premiers chrétiens étaient en majorité des Juifs et continuaient d’observer la tradition juive, qui consacre le sabbat, jour du repos qui commence le vendredi au coucher du soleil et s’achève le samedi au coucher du soleil. Cependant, ils commencèrent aussi à se réunir le dimanche, parce qu’ils croyaient que Jésus-Christ était ressuscité ce jour-là. Au fil des siècles, cette journée prit une importance grandissante dans le culte chrétien.

Progressivement, surtout après la séparation entre le judaïsme et le christianisme, le dimanche remplaça le sabbat comme principal jour de rassemblement et de repos pour les chrétiens.

Le véritable tournant intervient en 321 apr. J.-C., lorsque l’empereur romain Constantin Ier promulgue une loi faisant du dimanche un jour officiel de repos dans tout l’Empire romain.

Cette décision avait à la fois une portée religieuse et politique. Elle favorisait la pratique du christianisme, tout en restant acceptable pour les adeptes du culte du Soleil.

Au cours du Moyen Âge, l’Église renforça l’obligation de sanctifier le dimanche. Plus tard, avec la révolution industrielle, de nombreux pays intégrèrent le repos dominical dans leur législation sociale afin de garantir aux travailleurs un temps de repos hebdomadaire.

Le premier dirigeant du continent qui osera changer cet héritage colonial provoquera une levée de boucliers. Surtout s’il s’agit d’un pays à majorité musulmane. La mesure suscitera un tollé si le jour de repos choisi est un vendredi. Les défenseurs de la laïcité colleront tous les ISME au dirigeant de ce pays : Terrorisme, intégrisme, fanatisme, islamisme, wahhabisme, salafisme.

Peu à peu donc le dimanche, autrefois jour de repos, notamment pour les fonctionnaires et autres salariés, est devenu le théâtre social de la semaine. Sur un aspect particulier, ceux qui ne juraient que par le respect de la voie suivie par leurs parents ont dérogé à cette règle. Désormais, les mariages, les cérémonies de présentation de condoléances, les réunions de famille et d’associations de tout acabit se font le dimanche.

Curieusement, et c’est là où le bât blesse, les gens s’arrangent pour faire même les baptêmes le dimanche. Alors que le décès et le mariage sont les seules cérémonies imprévisibles.

Or, pour les musulmans, la Sunna est claire : le nouve
au-né doit avoir son nom au septième jour de sa naissance. S’il y a un empêchement à cette date, le baptême se fait le quatorzième jour. Et au pire des cas au vingt-unième jour. Quelle que soit la pauvreté d’un père, il s’arrangeait toujours à trouver le bélier pour baptiser son enfant à cette date. Parce que, justement, les enfants dont les pères retardent le baptême, sont étiquetés. L’incapacité du père pouvait suivre le fils à vie. Devenu grand et même riche, un homme pouvait apprendre que son père n’avait même pas pu le baptiser. Et ça c’est le comble.

Aujourd’hui ce n’est pas pour des raisons économiques qu’un enfant n’est pas baptisé à la date prévue. Pour permettre à tout le monde d’assister à un baptême, une famille peut décider de décaler un baptême. C’est la raison pour laquelle désormais beaucoup de cérémonies sont organisées le dimanche.
Habib Yimbéring