
Selon le philosophe grec Zénon d’Élée (490-430 av. J.-C.) disait: « La nature nous a donné deux oreilles et une langue afin de pouvoir écouter davantage et parler moins. »
Une sagesse africaine, elle aussi, nous met en garde contre le bavardage impénitent : « On ne vous demandera jamais de répéter votre silence. En revanche, on vous demandera de répéter ce que vous avez dit. »
Le premier responsable de l’Éducation nationale aurait sans doute gagné à méditer ces deux sagesses avant de prendre la parole.
Malheureusement, dans une interview qu’il a accordée à des journalistes en langue nationale soussou à propos des enfants arrêtés pour fraude aux examens, il affirmait : « Nous les mettrons à la disposition de la gendarmerie. Laquelle les mettra à la disposition de la justice. La justice les condamnera. Et s’ils doivent aller en prison ils iront ».
Le ministre ne le savait peut-être pas encore, mais il venait de rendre un jugement avant même que la justice ne soit saisie. Une déclaration prémonitoire ? Ou un simple lapsus révélateur ?
Dans un pays où la séparation des pouvoirs demeure encore un vœu pieux, l’exécutif devrait pourtant se garder de certaines déclarations susceptibles d’influencer le pouvoir judiciaire. Car, dans un tel contexte, il faut une témérité presque suicidaire à un juge pour rendre une décision contraire à la volonté de l’exécutif.
Habib Yimbéring








