
La pomme de terre gagne peu à peu du terrain en Guinée comme culture à fort potentiel économique et alimentaire. Jadis cantonnée à quelques exploitations pilotes, sa production attire aujourd’hui l’attention des petits producteurs, des institutions agricoles et des jeunes agripreneurs cherchant des alternatives rentables face aux filières traditionnelles.
Cette tubercule présente des atouts majeurs : cycle de production court, rendement élevé sur des parcelles réduites et forte valeur nutritionnelle. Dans les régions de la Moyenne et Haute Guinée, des initiatives locales ont démontré qu’avec des semences certifiées, une bonne préparation du sol et l’irrigation contrôlée pendant la saison sèche, les rendements peuvent dépasser les attentes. De plus, la pomme de terre s’intègre bien dans les rotations culturales, contribuant à la santé des sols et à la lutte contre certaines maladies des plantes.
Cependant, la filière reste freinée par plusieurs défis. L’accès limité aux semences de qualité, le manque d’intrants abordables, l’insuffisance des chaînes de stockage et de conservation entraînent des pertes post-récolte importantes. Les marchés locaux sont parfois désorganisés, et l’export demeure marginal faute d’infrastructures et de standards sanitaires respectés.
Pour transformer ce potentiel en opportunité durable, il faut investir dans la formation des producteurs, le développement de banques de semences locales, l’amélioration des routes rurales et la création d’unités de stockage et de transformation. Les partenariats public-privé et les projets d’appui technique peuvent aussi favoriser l’émergence de coopératives robustes capables d’accéder aux marchés urbains et régionaux.
En misant sur la structuration de la filière et des pratiques agricoles adaptées, la pomme de terre peut devenir un levier de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de diversification des revenus pour de nombreuses familles guinéennes.
A.Foulah Diallo








