
Le scénario est désormais presque rodé.
La vie de la fourmi Camponotus
La succession des affaires de présomption de corruption et de détournement de fonds dans les principales régies financières du pays montre, s’il en était encore besoin, que les condamnations ne suffisent visiblement pas à décourager les candidats à l’enrichissement illicite.
Le scénario est désormais presque rodé.
Un responsable est arrêté. Pendant qu’il séjourne en détention préventive, son successeur est nommé. On pourrait raisonnablement s’attendre à ce que le nouveau promu tire les leçons des mésaventures de son prédécesseur.
Mais non ! Contre toute attente, il semble plutôt décidé à marcher dans ses pas. Comme si l’expérience de celui qui vient de tomber constituait moins un avertissement qu’un mode d’emploi.
C’est ici que prend tout son sens la portée symbolique de l’histoire de la fourmi Camponotus, également appelée fourmi charpentière. Celle-ci serait tellement friande de miel qu’elle préférerait mourir dans un pot de miel plutôt que de vivre longtemps privée de ce précieux nectar.
Visiblement, chez certains de nos promus, l’équation est la même : mieux vaut une courte vie dans l’opulence qu’une longue existence à se contenter de son salaire. Et tant pis si le festin se termine derrière les barreaux ! Après eux, le déluge !
En pular, cela s’appelle « Ngurndan kumu dyondyo ». Autrement dit, la vie de notre fameuse fourmi Camponotus : profiter du miel tant qu’il y en a, quitte à y laisser sa peau.
Habib Yimbéring








