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La Guinée sous le choc après l’explosion d’un dépôt d’hydrocarbures en plein cœur de la capitale

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Firemen work to extinguish fire after a blast at an oil terminal in Conakry, Guinea December 18, 2023. REUTERS/Souleymane Camara NO RESALES. NO ARCHIVES

Au moins treize personnes ont été tuées et une centaine grièvement blessée dans l’incendie qui s’est déclenché dans la nuit du 17 au 18 décembre à Conakry.

Des pompiers tentent d’éteindre l’incendie qui s’est déclenché dans la nuit du 17 au 18 décembre à Conakry, la capitale guinéenne. STRINGER / REUTERS
Après la confusion et le choc, les autorités guinéennes tentent d’établir le bilan des victimes de l’incendie spectaculaire survenu dans la nuit de dimanche 17 à lundi 18 décembre. Les deux principaux hôpitaux de Conakry, le CHU Ignace Deen et l’hôpital Donka, sont débordés par des patients souffrant de « cas de brûlures, des coupures, des blessures, intoxications », indique le docteur Mamadouba Sylla, chirurgien à l’hôpital de Donka. « Les habitants du centre de Conakry ont eu très peur, les blessés sont arrivés par dizaines à la morgue de l’hôpital Ignace Deen », raconte Alpha Ibrahima Baldé, journaliste de la radio FIM FM, qui a passé une partie de la journée de lundi devant l’hôpital de la capitale.

Au moins treize personnes ont été tuées et une centaine grièvement blessée, d’après le dernier décompte du ministre de la santé, lundi soir, dans l’incendie qui a touché le principal dépôt de carburant du pays, situé sur la presqu’île de Kaloum. « Les jours qui vont suivre vont être très compliqués pour le transport et la vie quotidienne. C’est le seul dépôt d’hydrocarbures du pays », s’inquiète Elhadj Gassim Sylla, le maire de Kaloum qui constate déjà une forte hausse du prix du litre de pétrole sur le marché noir.

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Pour les habitants évacués sur l’esplanade du Palais du peuple et de la grande mosquée Fayçal de Conakry, des chaînes de solidarité ont vu le jour, relayées via WhatsApp et X. Une campagne de dons de sang a également été organisée sur l’esplanade de la mosquée. « Le gouvernement fait son maximum de son côté, mais nous attendons de l’aide et les besoins sont immenses pour ceux qui ont tout perdu », s’alarme le maire de Kaloum.

Plan d’urgence sanitaire
L’explosion du dépôt d’hydrocarbures de la Société nationale des pétroles de Guinée (SNP), une entreprise publique située en plein centre du quartier administratif et des affaires, a surpris les habitants dans leur sommeil. Une immense colonne de flammes et de fumée a dominé la capitale une bonne partie de la journée, et ce n’est qu’en début d’après-midi que les secours sont parvenus à l’amoindrir. Les nombreuses vidéos et images qui circulent sur les réseaux sociaux montrent des façades d’immeubles ravagées par le souffle de l’explosion et des maisons effondrées.

« Je tiens à présenter mes condoléances attristées aux familles des victimes ainsi qu’au peuple de Guinée, je souhaite prompt rétablissement aux blessés qui sont immédiatement et entièrement pris en charge par l’Etat », a indiqué le chef de la junte, le colonel Mamadi Doumbouya, au pouvoir depuis septembre 2021, dans un communiqué sur sa page Facebook. En attendant les enquêtes diligentées par le gouvernement pour connaître les causes exactes de l’incendie, le chef de l’Etat a lancé un appel à la solidarité à l’intention de ses compatriotes.

Une cellule de crise a été mise en place par l’exécutif et un « plan d’urgence sanitaire dans le grand Conakry » a été activé pour la prise en charge des blessés, a indiqué le porte-parole du gouvernement. L’Union européenne et les Etats-Unis ont exprimé leur solidarité.

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Déjà, les critiques commencent à se faire entendre, alors que la dangerosité de ce dépôt, en plein cœur de la capitale, était connue. D’après le maire de Kaloum, le gouvernement de transition aurait envisagé de poursuivre le projet de délocalisation du dépôt d’hydrocarbures, initié en janvier 2021 sous la présidence d’Alpha Condé, vers des réservoirs de grandes capacités à Moribaya, à environ 80 kilomètres de Conakry. Ce site présente l’avantage d’être à proximité d’un port sec et dans une zone moins dense que la capitale.

Olorin Maquindus (avec AFP)