Home A LA UNE Empêcher les opposants de sortir du pays, la nouvelle recette d’Alpha Condé

Empêcher les opposants de sortir du pays, la nouvelle recette d’Alpha Condé

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Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo a été ce mercredi 30 décembre empêché de sortir du pays alors qu’il devrait prendre part à Bamako aux obsèques de son frère et ami Soumaila Cissé décédé la semaine dernière en France.

Depuis l’entame de ce troisième mandat contesté par l’ensemble des Guinéens et la communauté internationale, Alpha Condé n’y va pas d’une main morte. Le président de l’UFDG, principal chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo vient de payer les frais.

Il a été empêché de sortir du pays alors qu’il se rendait dans la capitale malienne, Bamako pour assister aux obsèques de son ami Soumaila Cissé, chef de l’opposition malienne décédé des suites du Covid en France.

« Je suis peiné de voir mes droits violés », a-t-il dit à la presse. Et de poursuivre : « Je n’ai reçu aucune notification légale disant que je suis interdit de quitter le territoire ». Selon ses propos, les agents de l’aéroport ne l’ont même pas laissé faire les formalités. « Ils ont reçu des instructions du Commissaire. Depuis 17 h, on cherche le commissaire, on dit qu’il n’est pas là. On n’arrive pas à le voir », a-t-il dit en substance.

Il faut dire que depuis la présidentielle du 18 octobre 2020, les leaders de l’opposition et leurs proches sont empêchés de sortir du pays. Il y a quelques mois de cela, c’est l’épouse de Cellou Dalein, Hadja Halimatou Dalein Diallo qui s’est vu refouler à l’Aéroport de Conakry alors qu’elle se rendait à Dakar. Quelques jours, après elle, c’est l’ancien ministre de l’élevage Mohamed Tall, un des bras du président de l’UFR Sidya Touré, qui s’est vu aussi empêché de voyager.

Bien avant eux, ce sont les présidents de l’Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré et de la Nouvelle Génération pour la République (NGR), Abé Sylla qui ont été empêché de sortir du pays et ont vu leurs passeports confisqués.

La Guinée traverse un moment difficile de son histoire depuis le passage en force du président Alpha Condé de briquer un troisième mandat alors que la Constitution lui interdisait. Malgré les protestations de la majorité des Guinéens regroupés au sein du FNDC qui ont causé la mort de plusieurs manifestants, le régime « dictatorial » a quand même organisé un référendum pour modifier la Constitution et de se faire réélire à la tête du pays. Son principal challenger Cellou Dalein Diallo conteste les résultats de l’élection et se déclare lui aussi vainqueur de la présidentielle avec 53 % des suffrages exprimés.

Depuis cette élection controversée, Alpha Condé dirige le pays d’une main de fer. Plusieurs opposants issus du parti de l’UFDG sont emprisonnés à la maison centrale de Conakry. Il s’agit entre autres du doyen, vice-président du parti Ibrahima Chérif Bah, des anciens députés Ousmane Gaoul Diallo et de Cellou Baldé, de l’ancien maire de Kindia Abdoulaye Bah et Ismail Condé. Sans oublier, Etienne Soropogui, un des alliés de Cellou Dalein Diallo qui croupit lui aussi en prison.

Plusieurs autres activistes et blogueurs Souleymane Condé et Mamadi Condé, connu sous le nom Madic 100 frontières sont également enfermés à la Maison centrale de Conakry. Ils sont inculpés pour « injures, menaces, atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, xénophobie, incitation à la révolte ».

Des détenus sont morts en prison sans être jugés. C’est le cas de Roger Bamba, militant de l’UFDG, décédé des suites de maladie dans la nuit du 17 décembre dernier. Sa mort avait été condamnée par la communauté internationale dont la France, les Etats-Unis, l’Union européenne ainsi que plusieurs organisations des droits de l’homme.

M. Sarifou Barry