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La Guinée face à ses référendums : entre pouvoir et peuple ( Par Alpha Oumar Baldé)

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La Guinée face à ses référendums : entre pouvoir et peuple

Depuis son indépendance en 1958, la Guinée a connu quatre référendums constitutionnels. Chacun d’eux a marqué un tournant politique majeur, mais aussi révélé les tensions persistantes entre volonté populaire et ambitions du pouvoir.

1990 : un vent d’ouverture… contrarié
La première grande réforme constitutionnelle a lieu en 1990 sous le Général Lansana Conté. Objectif affiché : ouvrir la Guinée au multipartisme après des années de régime autoritaire. Sur le papier, un pas vers la démocratie. Mais dans les faits, l’opposition est muselée, et l’État reste centralisé.

2001 : la Constitution sur-mesure
Onze ans plus tard, un nouveau référendum prolonge le mandat présidentiel à 7 ans et supprime les limites de mandats. Résultat : le Général Conté reste au pouvoir jusqu’à sa mort en 2008. La Constitution devient un instrument de pouvoir, et non un contrat social.

2020 : le référendum de la discorde
Sous le Pr. Alpha Condé, la réforme constitutionnelle permet un 3e mandat. Le référendum est boycotté par l’opposition, entaché de violences, de pillages, de vandalismes et divise profondément la nation. Malgré tout, le Pr. Alpha Condé se présente… et gagne. Quelques mois plus tard, il est renversé par un coup d’État militaire.

2025 : le prochain rendez-vous
Les autorités de la transition ont annoncé un nouveau référendum pour le 21 septembre 2025, pour clore la transition. Une nouvelle constitution est promise ´´qui nous rassemble et nous ressemble’´

La Constitution, reste toujours un enjeu majeur du pouvoir

En Guinée, la Constitution n’a jamais été une boussole stable dans les temps antérieurs. Elle est trop souvent modifiée pour servir les intérêts d’un homme ou d’un régime, plutôt que ceux du peuple. Le référendum, outil démocratique par essence, devient un instrument de légitimation politique.
Pourtant, la demande citoyenne est claire : des institutions fortes, un pouvoir équilibré, et une démocratie qui respecte la voix de tous.

2025 sera-t-il enfin le moment du sursaut démocratique?
Cela dépendra de la transparence du processus, de l’inclusivité des débats et du courage politique de rompre avec les pratiques du passé comme l’a toujours prôné le pouvoir transitoire.

Alpha Oumar Baldé
Analyste Politique