Au Mexique, le cartel de Jalisco sème le chaos après l’élimination de son chef, « El Mencho », dans une opération de l’armée.
Les Mexicains connaissent bien cette marque mafieuse, et le nom de son leader : Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho » (diminutif de Nemesio). Le destin de celui dont la tête était mise à prix 10 millions de dollars par les Etats-Unis. ** El Mencho » était le dernier grand parrain mexicain. Fondateur du redoutable Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), Nemesio Oseguera a été tué dimanche 22 février lors d’une opération de l’armée. Âgé de 59 ans, il avait gravi tous les échelons du narcotrafic, lui qui cultivait un usage débridé de la violence au point de défier ouvertement le gouvernement.
Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan, il immigre jeune aux États-Unis, où il est condamné dans les années 1980 pour trafic d’héroïne. Il est expulsé du Mexique après avoir purgé sa peine. De retour au pays, il rejoint le cartel del Milenio, dont il est éjecté à la suite de luttes internes. « El Mencho » quitte alors son État natal pour le Jalisco voisin, où il fonde en 2009 les « Mata Zetas », bientôt rebaptisés Cartel Jalisco Nueva Generacion. En 2011, le gang signe un de ses massacres les plus symboliques : 35 cadavres sont abandonnés près du lieu d’une réunion de procureurs dans le Veracruz.
Aucun autre baron de la drogue ne peut se targuer d’une ascension criminelle aussi rapide, pas même son ex-employeur, le célèbre Joaquin « El Chapo » Guzman, l’ancien boss du cartel de Sinaloa. En une décennie, « El Mencho » a créé une des deux plus puissantes organisations criminelles du pays.
Sitôt l’annonce de son décès, les hommes de son cartel, Jalisco Nouvelle Génération, ont immédiatement riposté. Dans une dizaines d’états du Mexique au total, des véhicules sont incendiés. La vie est à l’arrêt.
À l’heure actuelle, l’armée mexicaine est déployée dans toutes les zones en proie aux violences.
