Home A LA UNE « Pour la première fois dans l’histoire d’élections tumultueuses guinéennes, il y a...

« Pour la première fois dans l’histoire d’élections tumultueuses guinéennes, il y a un candidat en détention pendant le déroulement de la campagne électorale », Habib Yimbéring

0

Pour la première fois dans l’histoire d’élections tumultueuses guinéennes, il y a un candidat en détention pendant le déroulement de la campagne électorale.

L’avocat et défenseur des droits de l’Homme, maître Mohamed Traoré – qui est une des voix les plus autorisées en matière de droit en Guinée – a campé la différence entre convocation, inculpation et condamnation. Expliquant que la première ne veut pas dire la deuxième encore moins la troisième.

Malgré cette précision, qui bat en brèche les idées reçues et les amalgames, la détention d’un candidat ne demeure pas moins une situation abracadabrante.

Que des candidats aux élections communales défilent devant le très redouté Alphonse Charles Wright, ce spectacle est inédit. Qu’un autre candidat, écroué à la Maison centrale, batte campagne depuis sa cellule, c’est aussi un baroud d’honneur. Dans un Etat de droit, que nous appelons de tous nos vœux, la présomption d’innocence doit être un principe sacro-saint.

Malgré tout, les présumés coupables ou innocents devraient renoncer volontairement à leur candidature en attendant d’être blanchis ou condamnés par un juge.

Il est vrai que dans certains pays, il y a eu des candidats en prison. Mais le plus souvent ce sont des prisonniers politiques. Pour un homme qui aspire à diriger son pays ou une partie de son pays, il est de loin plus préférable d’être accusé de sédition que de détournement de fonds.

Si Abdoulaye Wade, Laurent Gbagbo ou Alpha Condé, tous emprisonnés pour des raisons politiques, étaient accusés de détournement de derniers publics, il est fort à parier qu’ils n’auraient pas accédé triomphalement au palais présidentiel.

Il en est de même pour les deux Ousmane : Sonko et Gaoual Diallo. Les deux ont quitté la prison pour devenir respectivement Premier ministre et ministre porte-parole du gouvernement.

Si, demain, Aliou Bah sort de prison, il ne baissera pas la tête dans les rues de Conakry. Ce qui n’est pas le cas des anciens ministres reconnus coupables et condamnés pour détournement.

S’il n’est pas souhaitable d’avoir des ennuis judiciaires, il est évident qu’entre l’accusation de crime politique et celle de délit économique, beaucoup préféreraient le premier.

Les masses populaires sont de loin plus favorables à un prisonnier politique qu’à un délinquant économique.
Habib Yimbéring