Depuis l’indépendance, la Guinée a montré que les femmes bien formées et nommées à des postes par décret font souvent preuve d’une gestion rigoureuse des deniers publics.
En près de sept décennies, les affaires de détournement impliquant des femmes restent rares, selon des statistiques nationales citées par plusieurs observateurs.
Pourtant, ces dirigeantes rencontrent fréquemment de la résistance.
Le refus de se conformer à des pratiques anciennes et opaques leur vaut parfois d’être mal perçues.
Le changement exige du temps : il faut laisser aux femmes le temps de prendre le contrôle, d’installer des mécanismes de transparence et d’adapter leurs méthodes, souvent issues d’un environnement professionnel distinct de l’administration publique.
Certains analystes vont jusqu’à proposer une mesure radicale : confier systématiquement les postes sensibles, notamment ceux liés à la gestion des finances publiques à des femmes compétentes.
Selon leurs promoteurs, cette approche reposerait sur des données empiriques et sur l’expérience accumulée depuis 1958.
Qu’il s’agisse d’une recommandation politique ou d’un appel à reconnaître la compétence féminine, le débat souligne une réalité : valoriser la place des femmes à des postes de responsabilité pourrait contribuer à réduire la corruption et à renforcer la gouvernance en Guinée.
Tribune de Tidiane Soumah
