Votons bien. Votons utile, surtout.
Ce dimanche 31 mai 2026, l’histoire nous assigne un rendez-vous pour construire les piliers de la maison de la démocratie. Nous sommes appelés aux urnes pour les scrutins communal et législatif. C’est un moment de vérité. Or, nous savons pertinemment d’où nous venons. Nous connaissons le prix de nos illusions.
Le bilan de notre passé démocratique est lourd. Nos transitions politiques se succèdent. Elles s’embourbent d’échec en échec. Notre gestion publique ressemble trop souvent à une pétaudière. Une anarchie stérile.
Trop d’élus se convertissent en prédateurs des deniers publics. Pire encore, nous contemplons notre propre impuissance. Nous sommes restés incapables d’arrêter ce cirque tragique depuis des décennies.
Ce dimanche, l’heure est venue de faire notre mea culpa. C’est un impératif moral.
Brisons la fatalité de la déception à répétition. Faisons en sorte que, dans sept ans, la fierté remplace le regret.
Nous sommes debout depuis trop longtemps, certes. Notre peuple exige enfin une démocratie stable. Il faut clore l’ère des coups d’État perpétuels. Il faut achever le règne des corrompus aussi.
Trop de décrets nocturnes au journal télévisé ne font que promouvoir de nouveaux pilleurs de nos ressources communes.
Alors, votons. Sortons de la torpeur.
Certains ont pris la fâcheuse coutume de fêter la Tabaski loin de leurs obligations civiques. Il faut rebrousser chemin. Il faut impérativement rejoindre les bureaux de vote.
Ne laissons pas notre recensement électoral devenir vain. C’est l’essence même du citoyen responsable. L’action juste au bon moment.
En réalité, on ne vote jamais pour un candidat. On vote pour soi-même à travers le programme défendu par le prétendant.
La sagesse pastorale des profondeurs de notre terroir nous enseigne deux vérités fondamentales. La première est ce dicton que les bouviers aiment à répéter que « la vache ne donne du lait qu’à celui qui prend soin de l’étable ».
N’oublions surtout pas cette leçon ! Notre communauté nationale ne prospérera que par notre implication directe.
La seconde vérité procède de la même Lucidité. Elle nous rappelle la vigilance du berger qui sait pertinemment que s’il confie son troupeau à l’hyène pour un simple bol de bouillon, il pleurera son cheptel dès le lendemain. Votons donc et restons vigilants.
Notre responsabilité ne s’arrête pas au bulletin déposé. Sauvegardons notre choix par une exigence de chaque instant.
Refusons catégoriquement que le bénéficiaire de notre confiance renie sa parole. Le parfum et le luxe feutré du Parlement ne doivent pas corrompre les engagements pris devant le peuple. Le changement commence dans l’urne. Il se prolonge dans la vigilance.
J’ai dit.
Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 25 mai 2026
Diallo Alpha Abdoulaye
