Home A LA UNE Généraux au garde-à-vous diplomatique (Alpha Abdoulaye Diallo)

Généraux au garde-à-vous diplomatique (Alpha Abdoulaye Diallo)

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Généraux au garde-à-vous diplomatique

La vaste restructuration des cadres au sommet de l’État vient de livrer ses arbitrages, confirmant de manière indéniable une réorientation stratégique éminemment géopolitique.

Par la nomination du général à la retraite Aboubacar Sidiki Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire, à la direction de l’ambassade de Guinée en France, l’administration Doumbouya opère un réajustement technique de son commandement militaire, preuve s’il en est que c’est là qu’on sépare les gars des gars de l’ouvrage pour ainsi déployer une diplomatie offensive afin de mieux redessiner ses axes d’influence à l’international.

Idi Amin est l’illustration vivante d’une trajectoire singulière où l’érudition académique croise le commandement militaire. Figure de proue du régime, il vient tout juste de tourner une page majeure de sa carrière ministérielle.

Faut dire que, depuis le 2 mai 2026, celui qui assumait la charge de ministre de la Défense nationale, ce qui met ainsi fin d’un coup de balai à des fonctions qu’il occupait depuis le renversement du régime Alpha Condé, a été élevé au rang d’ambassadeur à Paris.

Cette valse diplomatique ne s’arrête pas à sa seule personne et l’on se rend compte, de par chez nous, qu’elle vient tricoter, par un heureux parallélisme des destins, le retour en grâce d’un autre poids lourd.

Son compagnon de route, le général à la retraite Bachir Diallo, n’a pas chômé longtemps après son départ du ministère de la Sécurité. Un décret présidentiel l’envoie désormais sur le tarmac d’Abidjan, comme ambassadeur auprès de la République de Côte d’Ivoire.

C’est un retour sur les tapis rouges qui promet d’enrichir le solide réseau de relations qu’il entretient depuis des décennies dans ce milieu.

Attachons bien notre tuque et demandons-nous plutôt ce qu’il faut lire entre les lignes de ces décrets. Car, si Bachir Diallo prend ses quartiers sur le continent pour arrondir les angles avec un voisin ivoirien parfois frileux, le détachement d’Idi Amin à Paris sonne comme une évidence absolue.

Ce diplomate chevronné retrouve un pays dont il a longuement arpenté les hauts lieux du savoir.

Avant de veiller sur les secrets de la défense, cet intellectuel en uniforme a forgé ses armes comme professeur de maths, avant de passer par l’Institut de Faranah, la Sorbonne et Panthéon, le tout adossé à dix-huit années d’études militaires.

Déjà rompu aux usages diplomatiques à Cuba, le général Idi Amin s’apprête à mettre sa double culture, stratégique et académique, au service du dialogue entre Conakry et Paris.

Fait que cet axe Conakry-Paris-Abidjan aux mains des généraux révèle une doctrine de souveraineté pure et dure, saluée par maints analystes géostratèges. C’est pour ça qu’à l’heure des choix, la Guinée mise sur des diplomates militaires pour sécuriser les alliances de Simandou 2040, une initiative d’ailleurs fort louable.

Par Alpha Abdoulaye Diallo  in Le Populaire du 8 juin 2026