La préfecture de Coyah est confrontée à un grave désordre foncier qui alerte citoyens et acteurs locaux. Multiples ventes d’une même parcelle, litiges récurrents et pratiques opaques remettent en cause la sécurité des transactions immobilières et fragilisent le développement local.
Selon plusieurs témoignages, des conflits domaniaux opposent coutumiers, lotisseurs privés et intermédiaires financiers, au point que des acquéreurs se retrouvent propriétaires « sur le papier » d’un terrain déjà cédé à d’autres. Ces ventes multiples entraînent des procédures judiciaires longues, des pertes financières importantes pour les familles et un climat de défiance à l’égard des institutions chargées de l’aménagement du territoire.
Les usagers dénoncent aussi le coût élevé et peu transparent des formalités administratives. D’après des déclarations recueillies sur le terrain, l’établissement d’un plan de masse se négocierait autour de 3 millions de francs guinéens, un acte de donation coûterait environ 500 000 GNF et les permis de construire seraient facturés entre 1 500 000 et 2 500 000 GNF. Ces montants, souvent payés en dehors d’un circuit clairement identifiable, alimentent les suspicions sur l’usage effectif de ces recettes.
Face à ces pratiques, de nombreux citoyens se disent abandonnés et estiment être la proie de réseaux de prédation économique. Ils interpellent les autorités : les sommes perçues par ces opérations intègrent-elles réellement les recettes publiques ? Pourquoi les tarifs officiels ne sont-ils pas affichés et accessibles devant les services de l’habitat pour garantir la transparence et protéger les usagers ?
Pour restaurer la confiance et sécuriser le foncier à Coyah, des mesures s’imposent : publication visible des tarifs administratifs, traçabilité stricte des paiements, renforcement du contrôle des acteurs privés et coutumiers, et simplification des procédures de délivrance des titres fonciers. Les autorités locales et nationales devront aussi engager des campagnes d’information pour sensibiliser les populations à leurs droits et aux démarches légales.
Sans actions rapides et coordonnées, le désordre foncier continuera d’entraver l’investissement, de provoquer des tensions sociales et de freiner le développement harmonieux de la préfecture. Les habitants de Coyah attendent désormais des réponses claires et des actions concrètes pour mettre un terme à ces pratiques et garantir la sécurité de leurs biens.
Mamadou Saliou Diallo
