Conakry, 1er août 2026. À cette période de l’année, les habitants de la capitale guinéenne s’attendent généralement à des pluies abondantes. Cette fois pourtant, c’est un soleil de plomb qui règne du matin au soir. La chaleur est si intense que la sueur perle sur tous les fronts.
Dans les rues, les véhicules soulèvent d’épais nuages de poussière sur des chaussées cabossées. Ici, des passants s’éventent avec tout ce qu’ils trouvent à portée de main ; là, des marchands ambulants cherchent désespérément un coin d’ombre pour échapper à la canicule. Des scènes inhabituelles pour un début du mois d’août à Conakry, traditionnellement marqué par des pluies abondantes.
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La journée du 2 août a présenté un visage presque identique. Durant toute la matinée, le ciel est resté désespérément avare en pluie. Ce n’est qu’au cours de l’après-midi qu’une fine bruine est venue rafraîchir, par endroits seulement, l’atmosphère de la capitale.
Pour de nombreux spécialistes, cette évolution s’inscrit dans la dynamique du changement climatique qui s’accentue d’année en année. Il y a encore trois décennies, les mois de juillet et d’août étaient synonymes de pluies quasi ininterrompues. Il n’était pas rare qu’il pleuve plusieurs jours d’affilée, parfois une semaine entière. Aujourd’hui, ces longues séquences pluvieuses cèdent progressivement la place à plusieurs journées consécutives sans la moindre goutte de pluie.
Cette évolution est d’autant plus préoccupante qu’elle semble s’aggraver au fil des années. Certes, la diminution de la pluviométrie était déjà perceptible ces dernières saisons. Mais jamais, dans les souvenirs de nombreux habitants, le mois d’août n’avait offert une chaleur aussi persistante. Plus inquiétant encore, si le phénomène mobilise les décideurs à l’échelle mondiale, les réponses concrètes demeurent insuffisantes au niveau local.
Des initiatives existent pourtant. Chaque saison des pluies, des campagnes de reboisement sont annoncées en Guinée avec enthousiasme. Malheureusement, les intentions affichées ne sont pas toujours suivies d’effets durables. Si chaque promesse de plantation d’arbres avait été tenue, le pays serait aujourd’hui recouvert d’un vaste manteau forestier. Force est de constater que la réalité est tout autre : la déforestation, la sécheresse et la désertification continuent de gagner du terrain.
Face à cette menace, le réchauffement climatique devrait être l’un des rares sujets capables de fédérer les États au-delà de leurs divergences politiques, économiques ou culturelles. Le climat, lui, ne s’arrête ni aux frontières ni aux idéologies. Les émissions de gaz à effet de serre produites dans un pays finissent par affecter l’ensemble de la planète.
C’est pourquoi la lutte contre le changement climatique ne peut être efficace que si elle est menée de manière concertée. Les efforts de la Sierra Leone, aussi importants soient-ils, ne produiront qu’un impact limité si la Guinée demeure inactive. L’inverse est tout aussi vrai. Chaque pays doit assumer sa part de responsabilité, tout en s’inscrivant dans une dynamique collective. La réponse doit être à la fois nationale, régionale, continentale et mondiale. Car face au dérèglement climatique, aucune nation ne peut prétendre se sauver seule.
Le climat nous envoie des signaux de plus en plus alarmants. La véritable question n’est plus de savoir si le changement climatique est une réalité, mais de déterminer si nous agirons avant qu’il ne soit trop tard. Comme le rappelle un vieil adage : « Nous n’avons pas hérité la Terre de nos ancêtres ; nous l’avons empruntée à nos enfants. »
Habib Yembering Diallo
