Home A LA UNE Comprendre Almamy Bokar Biro, c’est apprendre des erreurs du passé!!!

Comprendre Almamy Bokar Biro, c’est apprendre des erreurs du passé!!!

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Comprendre Almamy Bokar Biro, c’est apprendre des erreurs du passé!!!

Le Fouta-Djalon était régi par un système d’alternance du pouvoir entre les deux grandes lignées dirigeantes : les Soriya, descendants d’Ibrahima Sori, et les Alfaya, descendants de Karamoko Alfa. En principe, chaque Almamy exerçait le pouvoir pendant une période de deux ans avant de le transmettre à la lignée opposée.
Almamy Bokar Biro Barry et Sori Yilili appartenaient tous deux à la lignée des Soriya. Bien qu’issus de la même famille politique, leurs visions de la gouvernance du Fouta-Djalon divergeaient profondément.
En 1896, alors que son mandat arrivait à son terme, Bokar Biro refusa de céder le pouvoir. Il justifiait cette décision par la menace imminente de la conquête française, estimant qu’un changement de dirigeant en pleine crise affaiblirait le Fouta-Djalon et compromettrait sa capacité à résister à l’expansion coloniale. Son objectif était de renforcer le pouvoir central afin d’unifier le pays face à l’ennemi extérieur.
Cette décision fut vivement contestée par plusieurs chefs influents, dont Sori Yilili, qui estimait être dans son droit de revendiquer l’alternance prévue par les institutions du Fouta. Les divisions internes s’accentuèrent et une coalition d’opposants finit par solliciter l’appui des forces françaises pour renverser Bokar Biro.
La confrontation culmina lors de la bataille de Porédaka, en novembre 1896. Bokar Biro y fut vaincu et trouva la mort, un événement qui marqua la fin de l’indépendance du Fouta-Djalon et ouvrit la voie à la domination coloniale française. C’est de cette alliance entre certains adversaires de Bokar Biro et les forces françaises qu’est née l’idée de la « trahison », un sujet qui continue d’alimenter les débats historiques jusqu’à aujourd’hui.
Avec le recul, on peut penser que si les deux camps avaient accepté de s’asseoir autour d’une même table pour rechercher un compromis, la France n’aurait peut-être pas trouvé un terrain aussi favorable à son intervention. Comme dans de nombreux contextes coloniaux, elle a su exploiter les divisions internes pour affaiblir ses adversaires et consolider son emprise.
Bokar Biro était convaincu qu’il était le mieux placé pour organiser la résistance contre l’expansion française. Les archives montrent d’ailleurs que les autorités coloniales considéraient le Fouta-Djalon comme un obstacle majeur à leur avancée. En revanche, là où sa stratégie semble avoir montré ses limites, c’est dans sa capacité à rallier durablement les autres chefs autour d’un projet commun.
De son côté, Sori Yilili pouvait légitimement considérer que l’alternance du pouvoir devait être respectée. Toutefois, il semble ne pas avoir pleinement mesuré les conséquences qu’aurait une alliance avec les forces françaises. Une fois Bokar Biro éliminé, le principal obstacle à la conquête avait disparu. La France consolida rapidement son autorité et mit progressivement fin au pouvoir théocratique du Fouta-Djalon.
Au final, cette rivalité ne fit qu’un seul véritable vainqueur : la puissance coloniale. Le Fouta-Djalon perdit son indépendance, et la Guinée entra dans une nouvelle ère de domination étrangère.
Cette page de notre histoire nous rappelle une leçon intemporelle : lorsqu’un peuple se divise face à une menace extérieure, c’est souvent l’adversaire qui en tire le plus grand bénéfice. Comprendre Almamy Bokar Biro, ce n’est pas seulement revisiter le passé ; c’est aussi réfléchir à notre présent et à notre avenir. Les désaccords sont inévitables, mais lorsqu’ils prennent le pas sur l’intérêt supérieur de la nation, ils peuvent avoir des conséquences qui dépassent plusieurs générations.
L’histoire ne doit pas être un instrument de division, mais une source d’enseignements. Apprenons de nos erreurs afin de ne pas les répéter.

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