
Après l’effondrement tragique d’un immeuble R+5 à Hafia, l’émotion reste vive et la mobilisation des autorités se poursuit. Plusieurs membres du gouvernement dirigé par le Premier ministre Bah Oury se sont rendus dans la matinée de ce jeudi auprès des familles durement éprouvées afin de leur présenter les condoléances et de témoigner de la solidarité de l’État dans cette douloureuse épreuve.
Parmi les responsables mobilisés figurent le Général Ahmed Mohamed Oury Diallo, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Djénabou Touré Camara, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, ministre délégué chargé de la Défense, Lancéï Touré, directeur général de l’Agence nationale de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires (ANGUCH), ainsi que Mohamed Lamine Sy Savané, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire.
Le bilan communiqué par les proches des victimes fait état de cinq décès. Les personnes identifiées sont Mariama Cissé, 70 ans, Fatoumata Camara, 8 ans, Moustapha Diakhaby, 15 ans, Amara Fadiga, 17 ans, et Fodé Kaba Cissé, 20 ans. Alors que les secours et les équipes mobilisées poursuivent les opérations de recherche et de déblaiement, l’inquiétude demeure quant à la présence éventuelle d’autres personnes sous les décombres.
Au-delà des condoléances, cette présence gouvernementale traduit la volonté des autorités de suivre de près la situation et de coordonner la réponse des services compétents face à cette catastrophe.
Dans les familles touchées, la douleur est immense. La disparition d’une enfant de seulement huit ans, aux côtés de plusieurs adolescents et jeunes adultes, donne à ce drame une dimension particulièrement poignante.
Deux effondrements en pleine saison des pluies : l’alerte est lancée
Ce nouvel effondrement intervient dans un contexte où Conakry connaît ses premières fortes pluies. Il constitue, selon les informations disponibles, le deuxième effondrement d’immeuble signalé dans la capitale depuis le début de cette saison pluvieuse.
Cette répétition des accidents soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité des bâtiments, la qualité des ouvrages et le respect des normes techniques et urbanistiques.
La saison des pluies ne saurait toutefois, à elle seule, expliquer l’effondrement d’un immeuble de plusieurs niveaux. La solidité d’un bâtiment dépend d’un ensemble de facteurs : qualité des matériaux, respect des plans, études techniques, nature du sol, fondations, suivi du chantier et conformité des travaux aux normes en vigueur.
Dès lors, la question des contrôles apparaît incontournable.
Construire oui, mais construire en toute sécurité
Lorsqu’un bâtiment s’effondre et que des vies humaines sont perdues, les interrogations deviennent légitimes. Les études techniques ont-elles été réalisées ? Les plans ont-ils été respectés ? Les matériaux utilisés répondaient-ils aux normes requises ? Le chantier a-t-il fait l’objet des contrôles nécessaires ? Les responsabilités ont-elles été clairement établies ?
Autant de questions auxquelles une enquête sérieuse devra répondre.
Il ne s’agit pas de désigner prématurément des responsables, mais de comprendre ce qui s’est réellement passé afin d’en tirer toutes les conséquences. La sécurité des populations ne peut être reléguée au second plan au nom de la rapidité des constructions ou d’intérêts économiques.
Chaque immeuble construit dans une zone densément peuplée représente une responsabilité majeure. Une erreur de conception, un défaut d’exécution, l’utilisation de matériaux inadéquats ou un contrôle insuffisant peuvent transformer un chantier en véritable piège pour les occupants.
Des réponses attendues après le drame
L’effondrement de Hafia 1 remet ainsi sur la table la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle des constructions à Conakry, particulièrement dans les zones où l’urbanisation connaît une croissance rapide.
Les autorités compétentes devront notamment déterminer les circonstances exactes de l’effondrement, identifier les éventuels manquements et, si des responsabilités sont établies, prendre les mesures qui s’imposent.
Mais l’enjeu dépasse désormais le seul cas de Hafia 1. Il concerne l’ensemble de la politique de construction et d’urbanisation dans la capitale.
À Conakry, construire ne doit plus seulement signifier ériger des bâtiments. Il faut surtout garantir qu’ils puissent résister au temps, aux intempéries et aux exigences de sécurité auxquelles leurs occupants sont en droit de s’attendre.
Condoléances aux familles endeuillées
En ces moments particulièrement douloureux, nos pensées vont aux familles des cinq victimes, à leurs proches et à l’ensemble des habitants de Hafia 1.
La mort de Mariama Cissé, Fatoumata Camara, Moustapha Diakhaby, Amara Fadiga et Fodé Kaba Cissé laisse derrière elle des familles meurtries et une communauté sous le choc.
Que les victimes reposent en paix.
Mais au-delà du deuil et de l’émotion, une exigence demeure : faire toute la lumière sur ce drame.
Car derrière les tonnes de béton et les gravats se trouvent des vies brisées, des familles endeuillées et une question essentielle qui ne peut rester sans réponse : comment un immeuble R+5 a-t-il pu s’effondrer en pleine ville, faisant cinq morts ?
La réponse à cette question sera déterminante pour que le drame de Hafia 1 ne soit pas oublié comme un simple fait divers et pour que d’autres familles ne soient pas, demain, confrontées à la même tragédie.








