Home Actualités Moi aussi, je suis sénégalais (Par Alpha Abdoulaye Diallo)

Moi aussi, je suis sénégalais (Par Alpha Abdoulaye Diallo)

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Face aux apprentis sorciers de la division, la réplique la plus cinglante tient d’abord dans la loi suprême sénégalaise, qui stipule clairement que « La République du Sénégal assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. De plus, toute propagande injurieuse à caractère racial ou régionaliste, ainsi que tout acte de discrimination raciale ou xénophobe sont punis par la loi. »

Voilà un rappel ferme et salutaire pour tout citoyen avisé.

Car en réalité, ici, à la Teranga, seuls les prophètes de la haine, en panne sèche d’idées, d’ambition et de solutions aux maux du quotidien, inventent de nouveaux coupables.

Faute de programme, ces marchands d’illusion n’ont plus à offrir que le venin de leurs discours. Leurs tirades désignent sans surprise le bouc émissaire parfait, à savoir l’étranger.

Pourtant, cet « intrus » que l’on accuse si commodément de voler les emplois est précisément celui qui, la sueur au front, épluche les oranges à la Rue 25 de la Médina à Dakar, grimpe aux cocotiers, cultive nos terres ou coule le béton de nos chantiers pour gagner dignement son pain.

Loin des intrigues et des manœuvres politiques, il ne poursuit qu’une seule ambition sous le soleil de la Teranga, qui est simplement de vivre libre.

Ces politiciens en quête de voix et ces figures de la société civile oublient une leçon essentielle inscrite au cœur même de notre pacte républicain et de notre mémoire collective.

Comme le rappelle l’adage tiré des aventures de Leuk le lièvre, « payer courte queue par courte queue » conduit inévitablement à une impasse.

Car si les voisins appliquaient cette même logique de réciprocité, ce serait l’engrenage tragique de l’« œil pour œil, dent pour dent ». Une folie furieuse capable de brûler la case du vivre-ensemble.

Alors, attention ! Touche pas à mon compatriote, car moi aussi, je suis sénégalais.

Je vis en Guinée, en France ou en Afrique du Sud, mais je suis sénégalais. Je peine à payer mon loyer à Kaolack, je viens de Matam, je cherche des suffrages à Kébémer, ou je suis issu d’une immigration de cinq générations enracinée à Fatick, car je suis sénégalais rekk.

Que je n’aie pas voté pour Faye ou que j’aie apporté mon soutien à Sall, je suis sénégalais.

Mes aïeux ont quitté Bessire en Casamance pour Koyin. Je ne parle ni diola ni wolof, mais parle poular, et je suis sénégalais.

Mon grand-père est de Goumel, et bien que djiboutien, je suis fier d’être sénégalais.

Face à cette diversité qui fait notre force, les xénophobes et les marchands de misère sont les véritables intrus.

Ici, au pays de la Teranga et du vivre-ensemble, ces prédicateurs de la division ont la rapacité de Bouki et portent la vraie honte.

Ici, loin de leurs discours, le citoyen paisible ne cherche que ce que nos propres émigrés poursuivent ailleurs, à savoir la dignité, la réussite et l’ascenseur social. J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 17 août 2026