Cette semaine, allons en Gambie, où l’alternance s’avance comme l’unique gage de stabilité. Sur cet étroit territoire bordant son fleuve et peuplé de 2,8 millions d’habitants, le scrutin capital du 5 décembre 2026 approche. Seule une élection transparente rassurera citoyens, voisins et partenaires. À Banjul, chacun le sait, la légitimité viendra des urnes, non des armes.
Dans les salons et les jardins de Banjul, la candidature d’Ada-ma Barrow divise. Le président sortant a confirmé sa décision de briguer un nouveau mandat sous la bannière de son parti, le Parti national du peuple (NPP). Pourtant, quand on est arrivé au pouvoir au nom de la démocratie et de la vérité des urnes, on ne joue pas les prolongations. On tient la maison et l’on prépare la venue du futur locataire désigné par le peuple. Mais Adama Barrow est-il seulement prêt à l’entendre ? That is the question.
Adama Barrow a pris le pouvoir en janvier 2017. La communauté internationale avait alors dû imposer le respect strict du vote populaire. Réélu en décembre 2021, il a engagé son second mandat en janvier 2022. Deux exercices du pouvoir s’achèvent désormais. La question de la transmission pacifique du pouvoir devient une urgence. Cette jeune démocratie doit prouver sa maturité en ancrant le principe de l’alternance au cœur des institutions, et non dans la volonté d’hommes qui se croient providentiels ou investis d’une mission messianique.
Depuis le départ de Yahya Jammeh en 2017, la protection du chef de l’État repose sur l’ECO-MIG. Cette force de la CEDEAO est passée de 7 000 à 500 soldats. À la demande expresse de Banjul, son mandat a été prolongé jusqu’à la mi-2027. S’ajoute l’accord bilatéral de défense signé avec le Sénégal en mars 2017. En juin 2026, Banjul et Dakar ont signé douze nouveaux accords, complétés en juillet 2026 par un pacte frontalier. Des soldats sénégalais protègent toujours directement le président.
Ce parapluie sécuritaire a stabilisé les institutions post-transition. Mais pour rassurer les citoyens, inspirer confiance aux investisseurs et garantir la stabilité régionale, Banjul doit impérativement réussir l’échéance du 5 décembre 2026. Seul un scrutin irréprochable permettra d’offrir l’autonomie républicaine et les garanties démocratiques attendues par l’ensemble des partenaires de la Gambie de l’après-Jammeh
Après tant d’épreuves, ce pays mérite enfin d’humer l’air de l’alternance dans un climat de démocratie ouverte à tous, seul véritable gage de paix.
Ce territoire touristique, promis à un bel avenir infrastructurel, a plus que jamais besoin de stabilité institutionnelle. Pour cela, la Gambie doit s’inspirer de ses voisins anglophones de la CEDEAO, à l’image notamment du Nigeria, du Ghana, du Liberia et de la Sierra Leone. Ces nations ont fait un choix clair. Celui de placer la souveraineté populaire au-dessus des appétits personnels et du dogme des mandats illimités.
Par Alpha Abdoulaye Diallo in Le Populaire du 7 septembre 2026
