
Alors que les sachets plastiques étouffent depuis des années rues, caniveaux et marchés de Conakry et de l’intérieur du pays, la Guinée s’apprête à franchir une étape décisive. À compter du 20 septembre 2026, un décret gouvernemental interdit la fabrication, l’importation, la détention en vue de la commercialisation et l’utilisation des emballages et objets en plastique à usage unique sur tout le territoire.
Cette mesure, prise dans le cadre du décret D/2024/0172/PRG/CNRD/SGG du 21 septembre 2024, vise à protéger la santé publique, les écosystèmes, les ressources en eau et les sols, lourdement impactés par la pollution plastique. Les sachets d’eau, les sacs de marché, les gobelets et ustensiles jetables sont au cœur du dispositif, avec des contrôles renforcés aux frontières et dans les circuits de distribution.
Pour les commerçantes, les ménages et les petits restaurateurs, le changement est de taille. Ces sachets, devenus des « paniers modernes », servent à transporter nourriture, habits, médicaments et marchandises diverses. Leur disparition impose d’adopter des alternatives réutilisables : cabas en tissu, paniers traditionnels, contenants rigides ou emballages biodégradables.
Le ministère de l’Environnement et du Développement durable, dirigé par Djami Diallo, appelle au « patriotisme écologique » et au retour aux valeurs de consommation responsable. Des campagnes de sensibilisation sont annoncées, ainsi que des mécanismes de saisie des stocks illégaux de sachets d’eau et d’emballages interdits.
Des exceptions sont prévues pour les secteurs médical, agricole, militaire et pour les sacs-poubelle, tandis que les bouteilles d’eau ne sont pas concernées par l’interdiction. Reste à voir si la rigueur des contrôles, l’accompagnement des acteurs économiques et l’adhésion citoyenne permettront à la Guinée de réussir ce virage environnemental attendu depuis longtemps.
Mamadou Aliou Diallo








